3 ans après les faits, des images choc !

« Dans ta gueule fils de p*te !… Merde, ça filme… »

Sainte-Soline.

25 mars 2023.

A Sainte-Soline a lieu une manifestation écologique de grande envergure. Elle s’inscrit dans le contexte de mouvements de protestations contre l’essor des « méga-bassine ».
Ces réservoirs d’eau sont destinés à l’agriculture intensive, notamment de variétés végétales très couteuses en eau. Dans le contexte du réchauffement climatique, ce sont des dispositifs hautement réprouvés par les mouvements et partis écologistes. Coûteux en énergie et nocifs pour les écosystèmes, ils accentuent la pression sur les ressources en eau, alors même que les nappes phréatiques peinent à se reconstituer.
C’est contre le plus grand projet de cet ordre en Nouvelle-Aquitaine, avec un réservoir de plus de 600 000 mètres cubes d’eau prévu, que s’organisent les manifestations. A Sainte-Soline se retrouvent toutes sortes de profils : jeunes, personnes âgées, syndicalistes, militants engagés, locaux ou d’à travers la France…
En octobre 2022, des manifestants avaient milité durant deux jours, et saboté l’une des pompes de la méga-bassine encore en travaux. 
Quelques mois plus tard se prépare de nouveau une manifestation : celle qui aura abouti aux évènements qui reviennent sur la scène médiatique en 2025.
Largement désapprouvées par les personnalités politiques du gouvernement et interdites de manifestation par la préfecture, 30 000 personnes se retrouvent tout de même à Sainte-Soline en mars 2023.
Conscientes de l’illégalité de leur rassemblement, « peu » de manifestants auraient pourtant pu imaginer l’intensité des violences policières opposées au cortège ce jour-là.
Plus de 5 000 munitions ont été tirées par la gendarmerie en moins de quatre heures ce jour-là, contre des pierres et cocktails Molotov provenant de certains manifestants agressifs. Sainte-Soline a connu une grenade toute les deux secondes durant cet affrontement, du jamais vu dans l’histoire du maintient de l’ordre.

Bilan de l’affrontement : plus de 200 blessés du côté des manifestants, dont 40 dans un état grave et 2 dans le coma. 47 blessés ont été officiellement recensés parmi les représentants des forces de l’ordre, la plupart en raison d’acouphènes, 1 brûlé par un cocktail Molotov.
Les journalistes ont révélé par la suite que les autorités avaient volontairement entravé l’arrivée des secours sur place.

Récemment encore les plaintes de quatre manifestants ont été classées sans suite, et aucune mesure judiciaire n’a été prise à ce jour à l’encontre des escouades de répression présentes ce jour-là.

Deux ans après les évènements, donc, Sainte-Soline fait son retour sous les feux des projecteurs.

Trigger Warning : vidéos dures, relatées dans leur globalité ci-dessous.  

Libération, 9 nov. 2025

« La manifestation de Sainte-Soline vue par les gendarmes (vidéo complète) »

Mediapart, 9 nov. 2025

Le 9 novembre 2025, «Libération» et «Mediapart» révèlent sur base de vidéos incontestables une généralisation par les forces de l’ordre des tirs tendus de grenades, explosives comme lacrymogènes.
 
Le tir tendu, c’est une utilisation interdite de l’arsenal des représentants de l’Etat qui consiste à délivrer les projectiles non pas en cloche mais de front. En somme, les victimes ciblées sont frappées de plein fouet par des armes qui pour éviter les blessures graves subies par des dizaines de personnes à Sainte-Soline doivent être soumises à un usage strictement réglementé.
Archivées par les caméras-piétons des gendarmes, qui semblent avoir été oubliées par les acteurs des enregistrements, ce sont donc des consignes explicitement contrindiquées et illégales qui ont été données par la hiérarchie de 9 escadrons sur 15, au détriment conscient de la sécurité des manifestants.
 
Ajouté à cela, les images rapportent des propos injurieux, variant du commun mais répréhensible « Sale fils de p*te » à des propos d’extrême violence, relatant un vocabulaire guerrier et une troublante satisfaction de blesser « l’adversaire » :
« Je compte plus les mecs qu’on a éborgnés », affirme un gendarme, le même qui ajoute « Un vrai kiffe ! »
« Faut qu’on les tue », lâche un de ses collègues à un autre moment, en résonance avec une des nombreuses autres formulations alarmantes : « T’en crèves 2 ou 3, ça calme les autres. »
 
L’inspection générale de la gendarmerie nationale a eu, dans le cadre d’une enquête préliminaire suivant les plaintes de 4 manifestants, accès aux 84 heures de vidéos visionnées par Médiapart et recyclées dans le documentaire. Pourtant, les faits illégaux commis par les institutions étatiques mises en cause très clairement par ces enregistrements n’ont pas été mentionnés dans les procès verbaux, ou très minimisés.
 
Divers représentants, du procureur de Rennes, en charge de l’affaire, à Gérard Darmanin, ministre de l’intérieur en fonction à l’époque des évènements, en passant par la direction de la gendarmerie, affirmaient lors de la révélation des archives au grand public n’avoir jamais eu connaissance de leur contenu.
 
 
Elmn