Avoir un bon parcoursup = Oui, Devoir sacrifier ses passions = NON !!!! (Pire erreur) [Interview: Maxime Lim]

Chers camarades du lycée Calmette, Bonne rentrée à toutes et à tous !

On espère que vous avez bien profité de vos vacances, parce que comme chaque année, celle-ci sera RUDE ! Que vous ayez des examens cette année, ou que vous soyez un nouveau 2010 qui s’apprête à découvrir les joies du 8h-18h, ET les délicieux cookies de la cafet’ entre deux cours ; le club de journalisme vous souhaite un bon retour parmi nous et une année que vous allez gérer à coup sûr!!! 😀

Pour cette édition « spéciale rentrée » nous allons aborder la question suivante:

Peut-on réussir son année et prendre sa revanche sur Parcoursup, sans devoir sacrifier ses passions/ activités extrascolaires?

En effet, face aux emplois du temps chargés des lycées, des milliers d’élèves se trouvent contraint d’abandonner leur hobbies et autres loisirs.

MAIS N’AYEZ CRAINTE ! VOUS POUVEZ ÉVITER CELA ! Et il le faut !

Pour répondre à nos questions, nous avons eu l’honneur d’interviewer notre GOAT de la réussite scolaire sur les réseaux : Maxime Lim

Étudiant à la prestigieuse université Paris Dauphine, Maxime Lim nous donne tous les conseils pour réussir notre année tout en progressant dans nos passions, sur les réseaux ! Que ce soit des méthodes de révisions ou d’organisation, il nous aide à optimiser et économiser notre temps, tout en réussissant dans nos études, dans l’espoir, tout comme lui, d’atteindre l’université de nos rêves ! De plus, il a ouvert cet été un stage de mathématiques : Stage 20 en Maths, afin d’aider les plus déterre’ d’entre nous à se réconcilier avec les chiffres !

-Maxime, tout d’abord, pouvez-vous nous préciser en quoi abandonner ses activités extrascolaire est une perte pour les élèves et non pas un gain?

-« Abandonner ses activités extrascolaires, c’est en partie abandonner ce qui fait notre individualité. »

Il marque une pause avant d’ajouter:

– « Abandonner ce que que l’on aime, c’est abandonner la construction de son patrimoine personnel. Que ce soit en terme de connaissances, de passions ou de compétences. C’est justement ces chose qui te différencieront des autres sur le long terme, de ton cercle sociale. Être uniquement différencié par rapport à tes notes ou tes études, c’est perdre une certaine reconnaissance et/ou ta simple différenciation des autres ! De plus, ça rend la vie étudiante plus plaisante. »

[Info! :] En effet, aujourd’hui, la plupart des universités cherches justement cette différentiation chez les élèves par rapport à autrui, et pas seulement de par leurs notes ! C’est d’ailleurs un système de recrutement très récurant au USA [pour nos bilingues/AMC qui veulent y faire leur études! ;)], notamment chez les Ivy League, qui mettent tout aussi bien la personnalité et l’identité du candidat en avant, que ses notes et/ou son parcours scolaire. Car de bons élèves, il y en a des tas ! En revanche de bon élèves dotés d’une vie, de passions et d’une histoire à raconter, ça, il y en a moins. Et c’est justement ce qui peut convaincre une Université de vous choisir vous parmi tant d’autres!

[Retour à l’interview]

-Comment pouvons-nous réussir notre année sans devoir lâcher ce que l’on aime?

-« Pour moi, il n’est pas juste question d’organisation. C’est surtout l’efficacité qui compte. Pendant et à l’extérieur des cours. Il existe plusieurs méthodes de révisions actives, de concentration et d’organisation qui vous permettent d’apprendre mieux et plus vite. Mais le plus important c’est d’optimiser à 100% son temps d’étude à l’école. De plus, ça peut aussi vous permettre d’identifier les attentes de votre prof au contrôle, avant même de commencer à réviser. Tout en ciblant vos révisions uniquement sur le contrôle, c’est le moyen le plus rapide d’avoir une bonne note. Beaucoup de gens pensent que les révisions c’est après les cours, mais en réalité, il faut prendre chaque minutes de cour comme une révision, et utiliser chaque trou dans son emploi du temps pour avancer dans ses devoirs ou dans ses révisions. Une fois cet état d’esprit bien acquis, tu te rendras vite compte que tu n’auras que très peu de choses à réviser, car tu auras été tellement sérieux(se) pendant ton cours que ça t’auras déjà servi de révision. C’est pour ça qu’il est important d’être actif en cour, comme participer ou ce mettre au premier rang. Chaque secondes de travail au lycée est du travail en moins à la maison. C’est une notion cruciale, et c’est justement ce qui m’a permis à moi, et à mon ami Mikael Wu [un autre youtubeur spécialisé dans le business et aussi dans la réussite personnel, ayant étudié dans le même lycée/ Université que Maxime Lim.] De réussir nos années de première et Terminale. »

 

-En parlant d’expérience, vous avez commencé le piano, la muscu, le chinois et votre chaine youtube au lycée, tout en gardant des notes excellentes. Comment avez-vous fait? Parlez nous un peu de votre « parcours ».

-« C’est pas facile de commencer plusieurs passions en même temps, et encore moins de progresser vite, mais ce qui me fais tenir… c’est la routine. Je ne peux pas passer toute une journée sur une ou plusieurs de mes passions, car j’ai certaines priorités comme actuellement mon stage de mathématiques, mes études et ma chaine youtube. Du coup, je bloque des créneaux horaires, dans mon emploi du temps, réservés à chacune de mes passions, dans la journée. Et faire cela est déjà un minimum pour moi afin de créer un effet « boule de neige » surle long terme, et de progresser quoi qu’il arrive. Le plus important c’est d’aller dans le bon sens quand vous avez énormément de passions. Par exemple, je fais 30 minutes de piano et 30 minutes de chinois par jours. Car ce sont des passions « secondaires » et je passe plus de temps sur mes études et sur mes passions principales. »

-Mais j’imagine que cela devais être dur au début. C’est pas facile de s’imposer une routine du jour au lendemain.

-« Ouais, c’était dur. Evidemment, tout ce qui est nouveau l’est. Mais ça l’est moins quand on a une vrai raison de commencer, et un environnement adéquat avec le moins de distraction possible. Physique comme sociale. Le simple fait d’être entouré de mecs déterr’ avec les même objectifs que moi, faisait que mon monde tourné autour de mes passions et de mes vrais objectifs. Ça m’a beaucoup aidé. Parce qu’il me paraissait plus évident de passer du temps à bosser avec eux, plutôt que de jouer à un jeu par exemple. Car c’était comme si le jeux n’existait pas. On est la somme des 5 personnes que l’on fréquente le plus! Et on est le produit de notre propre environnement. »

-Et enfin, un conseil général pour nos élèves, afin qu’ils affrontent cette année avec brio?

-« Rappelez-vous que le temps passé à réviser ne vous garantie pas une bonne note. Les programmes du lycée sont très riches et denses (surtout en terminale), et on ne peut pas s’attendre à avoir de bonnes notes uniquement si on y met le temps. Il faut aussi être efficace. Donc des méthodes d’organisation, de concentration ET de réviser uniquement en accord avec le format du contrôle, afin de maximiser ses chances de réussite. Construisez-vous  aussi une routine et des objectifs claires, qui vous permettrons naturellement de devenir plus sérieux et de réussir au lycée, comme dans vos passions. Obsession et efficacité ! Ne surtout pas abandonner, ce qui est une erreur que font trop personnes, surtout chez notre génération qui a grandit dans un monde de distraction. Votre détermination à atteindre vos objectifs fait aussi partie de votre identité. C’est cette « bonne obsession » et cette identité qui vous fait travailler même quand vous n’en avez pas envie. C’est le fait de se dire « je suis cette personne ». Je suis cette personne qui est forte dans ses études, ou je suis la présidente du club de journalisme. Le simple fais de se dire ça vous permet de travailler sans trop d’effort car cela deviendra naturelle, comme lié à vous, à votre identité. Et c’est ça qui fait la différence sur le long terme. S’imposer un niveau de discipline sans avoir à souffrir autant !

Les billets Nazis, ou L’opération de faux-monnayage la plus dangereuse de l’histoire…

27 Janvier 1959, Autriche.

Un plongeur recruté par un journal Ouest-allemand, s’apprête à entrer dans l’eau habituellement calme du beau lac de Toplitz, en Autriche. Sa mission est clair : trouver le « trésor nazis » enfouis dans les profondeurs du lac depuis plus de 14 ans. Tout comme lui, ses coéquipier ne croient pas trop à cette rumeur. Cependant, et à la stupeur de tous, le plongeur revient à la surface avec une nouvelle plus qu’intrigante. Des centaines de boites de métaux suspicieuses sont présentes au fond du lac. Vite, toute l’équipe se bouscule pour remonter les mystérieuses trouvailles, sous les cameras avides de Scotland Yard. Mais à l’intérieur, ni lingots d’or, ni armes secrètes. À la place, se trouvent des millions de faux billets de Livres Sterling intacte et d’un réalismes effroyables. Sans s’en rendre compte, notre cher équipe vient de mettre la main sur l’une des pièce maitresse de l’une des opérations les plus dangereuses mené par les nazis….

C’est en ce jour chaud du 18 septembre 1939, que les plus haut dignitaires nazis se rassemblent dans l’une des immenses salles du ministère des finances de Berlin. Cela fait plus de deux semaines que la France et l’Angleterre ont déclaré la guerre à l’Allemagne. Ainsi, la question à l’ordre du jour est : Comment faire pour renverser l’économie d’une puissance mondial? Arthur Nebe (chef de la police criminelle allemande) propose une réponse audacieuse à cette question qui permettrai de mettre à bas le marché britannique : Crée des tonnes de faux Livres Sterling et les larguer sur le territoire ennemie ! À l’époque, cette monnaie était une référence dans le monde (un peu comme le Dollar américain aujourd’hui, bien que cela risque vite de changer) ainsi la Banque d’Angleterre finançait en majeur partie l’effort de guerre anglais. Si l’idée et plan de Nebe aboutie, alors la valeur de la £ s’effondrera, recréant l’hyperinflation dont fut victime l’Allemagne après la première guerre mondial. Le but étant de ruiner l’effort de guerre britannique, affaiblir le pays et prendre le dessus afin de le soumettre à la cruelle volonté nazis comme ce fut le cas pour la France en 1940.
Malgré le rejet de quelques haut fonctionnaires nazis, il ne suffit que de l’approbation d’Adolf Hitler pour mettre le projet en marche. La fin de l’an 1939, marque la création d’une unité de faussaires, acté par Heydrich (bras droit de Heinrich Himmler) pour qui, d’après ses dires, le projet doit être d’une réussite totale :

« Les billets doivent être une copie tellement parfaite de l’original que même les experts les plus expérimentés en matière de billets de banque ne peuvent faire la différence. »
-Reinhard Heydrich, 1939.

Bien sûr, les britanniques sont rapidement tenu au courant du projet secret de leur ennemie grâce à leur espions, cependant, ils font l’erreur d’ignorer cette menace par orgueil de leur « inimitable » monnaie. Pendant ce temps, les nazis ne se font pas prier pour mettre leur plan à exécution : dés le début de l’année 1940, à Gunewald à l’ouest de Berlin, faussaires, mathématiciens, chimistes et physiciens analyse au microscope chaque recoin et chaque détail de la livre sterling afin d’en percer tous les secrets. L’opération est dirigé par Alfred Naujocks (un SS déjà chargé de la fabrication de faux papier d’identité pour les espions allemands). Une fois les résultats des analyses tombés, les moindres détails sont copiés au millimètre près. Ils vont même jusqu’à modifier la composition chimique de l’eau pour la faire correspondre exactement à celle des cours d’eau britanniques, lors de la fabrication du papier. En parallèle, des artiste et des faussaires s’acharne à reproduire les symboles présents sur les billets anglais à l’identique, tandis que des mathématiciens et cryptanalystes étudie le système de numérotation de la monnaie anglaise. Enfin, au bout de 7 mois, l’unité de faussaire obtient des résultats plus que satisfaisant. Ainsi, c’est plus de 400 000 coupures au total de 5 ou 10 £ qui sortent de l’imprimerie secrète du troisième Reich. Naujocks envois ses nouvelles contrefaçons à une banque suisse pour une expertise des billets, qui -après la confirmation de leur « authenticité » l’envoi à la banque d’Angleterre. Puis, trois jours plus tard, le verdict est sans appel: 90% des billets sont acceptés. Cependant, à la fin de l’an 1940 Heydrich limoge Naujoks, jalousant son succès et voulant rester en lumière au prix de faire ralentir la mission. Il faudra attendre son assassinat en Juin 1942, pour que le projet, légué à Heindrich Himmler re remette en marche. Le numéro 2 du parti nomme Bernhard Krüger, major SS, chef de l’opération. Malheureusement pour eux, le bon sens des employé de la Reich Bank les font se rechigner de s’adonner à ces activités illégales. Krüger se tourne donc vers une autre mains d’œuvres : les prisonniers des camps de concentration. Ceci, marque le lancement de l’opération Bernard.
En septembre de la même année, un convoie de détenu s’installe dans les blocs 18 et 19 du camps de Sachsenhausen (à quelques kilomètres au Nords de Berlin), afin d’être transformé en atelier de contrefaçon. La sécurité y est triplement renforcé afin que personnes ne sache ce qui s’y trame. Artistes, faussaires, imprimeurs ou même comptable sont recrutés parmi les prisonniers juifs du camps qui, en échange, bénéficies d’un traitement moins inhumain. Le mois glaciale de décembre 1942 marque l’achèvement des préparatifs et le redémarrage de l’opération de faux-monnayage. Dans les froids ateliers, plus de mille détenus se relaient jours et nuit afin d’obtenir des résultats plus que parfait, à un tel point que dès le début de l’année 1943, les premières coupures (identique à de vrai Livres) sortent du camp. Elles sont envoyées pour être blanchi au manoir de Tyrol (au Nord de L’Italie) afin de financer l’effort de guerre allemand ou d’acheter des informations comme l’emplacement de la prison secrète qui renferme l’allié italien d’Hitler : Benito Mussolini. Prenant enfin la menace au sérieux, la Banque d’Angleterre décide d’arrêter la production de billet d’une valeur supérieur à 10 Livres, mais en parallèle, l’opération Bernhard prend des proportions industrielle, jusqu’à atteindre son paroxysme en mai 44 où une nouvelle monnaie s’ajoute au plan : le Dollar américain.
Cependant, en mars 1945, la jouissance et les sourires narquois des nazis s’évanouirent aussi vite que l’arrivé de l’armé rouge au portes du camps de Sachsenhausen. (CHEH) La panique est à son comble dans les blocs 18 et 19 du camps. Dans la précipitation, les imprimantes et autres ustensiles sont démonté et caché à la hâte, tandis que les prisonniers juifs sont transférés dans les camps d’Autriche du IIIe Reich. Alors, l’opération Bernhard prend un tout autre tournant : effacer toutes preuves de son existence. La majeure partie des faux-billets sont mit dans des caisses puis balancé dans les eaux glaciales d’un lac de hautes montagne, et l’unité de faussaires prisonniers est envoyé au camps d’Ebensee où ils seront exécuter une fois tous réunis. Cependant, le manque de matériel et de temps dû à la situation de crise les ralentis considérablement et le 5 mars 1945, l’armée américaine libère le camps et sauves les courageux prisonniers des griffes des nazis.

À la fin de la guerre, des centaines de haut-dignitaires nazis (vivant et qui n’ont pas pris la fuite), son jugée partout en Europe pour leur atrocités. Parmi eux se tient Bernhard Krüger. Chemise boutonné et cravate serré, il est près a être jugé pour les crimes qu’il a commis Cependant, le faux-monnayage n’étant pas un crime de guerre, ses accusations ne porterons pas sur son rôle majeur dans l’opération Bernhard. Et à peine libéré de prison en 1947, il y retourne -cette fois en France- après avoir refuser de collaborer avec les autorité françaises, à la création de faux documents. Cependant, lors de son dernier procès, l’ancien nazis est disculpé, et c’est dans une totale ironie, qu’il finira ses jours en temps qu’employé dans la papeterie de Hahnemühle, celle qui -des années au paravent- était sous ses ordres pour la fabrication de faux billets.

Au totale, c’est plus de 9 millions de tonnes de faux billets qui furent retrouvé, à une valeur de plus de 135 millions de Livres sterlings, ce qui représentait pas moins de 15% de l’économie Britannique durant la seconde guerre mondiale. Heureusement, les nazis ne sont pas arrivé à bout de leur plan, mais à cause d’eux, la Banque d’Angleterre à dû refaire l’intégralité de ses billets, nous donnant un début de la Livre que l’on connait aujourd’hui.

Par Flora GUIDI

Sources:

Marc Tiley, The Third Reich’s Bank of England, History Today, 2007 https://www.historytoday.com/arc…​

« Hitler’s plan to wreck Britain’s economie with fake money », vidéo/documentaire publié sur la chaine youtube de Real History.

« Le plan secret des NAZIS pour fabriquer 9 millions de faux billets – HDG#30 » vidéo/documentaire publié sur la chaine youtube de Mamytwink.

Elles ont peut être étudié sur cette chaise…

En 1883 il est le troisième « Lycée de Jeunes Filles », créé en France après Montpellier et Nantes. Mais compte tenu du coût, et des délais de livraison, il n’ouvre ses portes que le 10 octobre 1887. A sa création, il comportait toutes les classes, du jardin d’enfants [crèche] à la terminale. Ainsi, certaines jeunes filles ont fait toute leur scolarité entre ses murs. La suppression des classes primaires s’est effectuée progressivement. À la rentrée de 1969, c’est la mixité. En 1972 c’est au tour des classes de 6ème à la 3ème de disparaître. Désormais, on entrera au Lycée en classe de 2nde. Années après années, théâtre de l’évolution de la société niçoise, qui sont ces Femmes qui ont étudié dans ce lycée ? 

Photo prise a la maison de campagne de la famille en Allemagne avant le départ de la famille pour la France, 1927 — Bibliothèque du congres de Washington

Eva Freud (1924-1934)

Robe tricotée, cheveux courts et assise sur les genoux de son grand père, Sigmund Freud (père de la psychanalyse), Eva Freud n’a que quelques années sur cette photo. Eva et ses parents, de confession Juive, durent fuir le nazisme en 1933. Elle avait 9 ans lorsqu’elle arriva à Paris puis déménagea à Nice. Agée de 10 ans, en 1934, Eva fut scolarisée cette année-là au Collège et lycée de filles de Nice. Naturalisée en 1938, puis dénaturalisée au cours de l’année 1940, sa famille dut faire face a la spoliation de ses biens et notamment  des deux studios photo qui permettaient à Oliver [le père d’Eva] de faire vivre sa famille à Nice, en vertu des lois anti-juives de Vichy. Le 11 novembre 1942, Hitler déclenche l’opération « Attila ». En réponse au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, l’armée allemande franchit la ligne de démarcation qui sépare la France occupée de la France dite « libre » depuis l’armistice de 1940. Pour la famille Freud, il faut fuir à nouveau. Cette fois-ci aux Etats-Unis. En opposition avec la figure parentale, et surtout retenue par un amour de jeunesse, elle refusa de suivre ses parents aux États Unis.

Au collège et Lycée de Nice, des jeunes filles se côtoyèrent pendant la guerre. Certaines étaient juives et, parmi elles, certaines moururent, d’autres survécurent… Eva fit ainsi la rencontre de Nicole Dreyfus [voir ci après], élève elle aussi au lycée de jeunes filles, avec laquelle elle échangea notamment sur les relations conflictuelles avec sa mère.

Toujours au sein du lycée, elle croisa le chemin de Simone Veil, qui avait trois ans de moins qu’elle, cette dernière évoqua Eva dans son autobiographie (Veil, 2007). Elles eurent des destins tragiques qui se firent étrangement résonance. Alors que Simone Veil fut arrêtée à Nice puis subit le traumatisme de la déportation et qu’elle mit plus tard en œuvre la loi sur l’IVG, Eva Freud échappa aux bourreaux, mais mourut des suites d’un avortement clandestin. Eva Freud, née à Berlin en 1924, mourut à 20 ans, à Marseille, au moment de la libération de Nice en 1944, lors d’une intervention chirurgicale sur des abcès au cerveau consécutifs à une septicémie provoquée par un avortement. Mais ses parents, sa famille ne surent jamais les causes réelles du décès. Étrangement, dans la famille Freud, la grippe espagnole réapparaît comme prétexte pour masquer le décès lié à une grossesse non désirée, celle de la tante d’Eva, Sophie, survenu quelques années avant celui d’Eva. Ce motif a également été utilisé pour dissimuler les véritables causes du décès d’Eva à sa famille.

Simone Jacob (au centre) et ses sœurs Denise et Madeleine.

Simone Jacob & Denise Jacob

Simone Jacob, plus connue sous le nom de Simone Veil, fera sa scolarité ainsi que sa sœur Denise, future Denise Vernay, au lycée de jeunes filles de Nice.


À Nice, le 13 juillet 1927, une petite fille voit le jour. Elle s’appelle Simone Jacob. Au moment de sa naissance, la famille a déménagé à Nice. Son père pense, que la Côte d’Azur, qui attirait déjà depuis la fin du XIXe siècle, un certain nombre de gens riches et de puissants, allait devenir un nouvel eldorado.

A partir de 1924 les valises de la famille sont posées à Nice. Le père est architecte et la mère avait abandonné ses études de chimie, qui la passionnaient, pour se consacrer à sa famille. Les affaires du père fonctionnent. Possédant son propre cabinet, le père est installé dans une des pièces de l’appartement bourgeois de la famille, dans le quartier des Musiciens à Nice où les nombreuses habitations, notamment de style Belle Époque, faisant face à la mer, conservent encore le souvenir de la noblesse européenne, de l’aristocratie russe. « Une enfance heureuse, cela vous comble pour la vie », dira Simone Veil en 2007. C’est avec des yeux d’enfants que Simone Veil conserve des souvenirs de cette époque, de cette douceur de vivre sur la Côte d’Azur, alors emplie du confort qui régnait à la fin des années 20. 

Le 24 octobre 1929, c’est le Krach. Le chômage augmente sensiblement à Nice. À la maison, la situation financière se dégrade rapidement. Les commandes se raréfient, il faut vendre la voiture, quitter le bel appartement pour un autre plus petit, vendre les meubles et quitter la vue sur la Promenade des Anglais pour la vue sur la campagne de l’arrière-pays niçois. Aggravé par l’interdiction du père d’exercer sa profession dès septembre 1939. C’est dans cet environnement que grandit la jeune Simone. Elle est très liée avec ses sœurs aînées qui veillent sur elle avec la plus grande attention.

A l’école, Simone passe les classes aisément. Dans la famille Jacob, le désintérêt de la politique – voulu par la figure paternelle – expire avec la multiplication des événements antisémites Nuit de Cristal 38 et l’arrivée des familles juives de toute l’Europe 1933-1939 afin de fuir le nazisme. Les intellectuelles juifs Allemands fuient et, c’est à ce moment là, que la famille Freud se lie d’amitié avec la famille Jacob et Simone avec Eva.
Le , alors qu’elle va, avec un ami, rejoindre les filles de sa classe pour fêter la fin des épreuves du baccalauréat [qu’elle obtiendra], elle est contrôlée par deux Allemands qui détectent la falsification de sa carte d’identité et l’arrêtent. Elle est déportée dans un premier temps au camp de Drancy, puis à Auschwitz-Birkenau et enfin au camp de Bobrek, elle en reviendra vivante.

Désormais marquée d’un tatouage, preuve de la barbarie nazie, elle sera conseillère technique au Garde des Sceaux et première femme à être nommée Secrétaire Générale du Conseil Supérieur de la Magistrature. De 1974 a 1976, elle est nommée ministre de la santé et elle sera porteuse de la Loi sur l’interruption de grossesse volontaire, entrée dans la Constitution Française. Le combat que Simone Veil mena en faveur des femmes est né dans le rapport que Simone, adolescente, entretenait avec la figure maternelle, celle ci avait renoncé à sa vie professionnelle à la demande de son mari. Ce que la jeune fille jugeait injuste. L’injustice est devenue pour elle la cause principale de son combat.
Grande supportrice du projet européen, elle sera Présidente du Parlement Européen de 1979 à 1982. Ce sera aussi elle, qui prendra place dans le fauteuil de Racine, à l’Académie Française en 2008.


Denise Vernay et son cousin, avant son engagement dans la résistance

Denise, figure moins médiatisée ou plutôt oubliée avec le temps, sœur aînée de Simone nait le 24 juin 1924. Passons les détails de l’installation de la famille, déjà expliqués plus haut.

Le 9 septembre 1939, la Gestapo s’installe à Nice. Le nouveau « statut des Juifs » décrété par Vichy prive alors le père du droit d’exercer son métier. La pénurie s’installe. Denise donne déjà des leçons particulières de mathématiques pour aider sa famille. A la rentrée scolaire de 1940, elle entre en classe de première au lycée de jeunes filles. A 17 ans, contrairement à sa sœur [Simone] qui ne se démarquait pas par son engagement politique, au lycée et sous l’Occupation, Denise inscrivait au tableau noir avec une camarade les mots d’ordre et les messages diffusés par Radio Londres [nom donné aux programmes en langue française, dans le studio de la section française de la BBC, à la suite de l’appel du puis diffuse des tracts. C’est son premier acte de résistance. Éclaireuse puis cheftaine à la section neutre de la Fédération française des éclaireuses, branche du scoutisme laïque, elle est totémisée Miarka, (nom d’une héroïne bohémienne). En 1941, elle obtient le baccalauréat de philosophie et de mathématiques.

À l’automne , les rafles d’étrangers juifs s’intensifient, elle rejoint l’Union générale des israélites de France, munie de faux papiers, elle aide à cacher des enfants et parents juifs.
En , alors qu’elle participe à un camp de cheftaines éclaireuses avec sa sœur aînée Madeleine (dites : « Milou »), leur père les avertit de l’intensification des rafles. Elle suit le conseil de son père de ne pas revenir à Nice dans sa famille : Denise entre en contact avec la Résistance : c’est décidé, elle rejoindra une amie cheftaine dans l’Isère qui l’héberge. Mise en contact avec le mouvement Franc-Tireur, elle devient agent de liaison au sein du mouvement lyonnais à 19 ans, en , sous le nom de code de Miarka, hérité des éclaireuses. D’octobre 1943 à mai 1944, elle se charge de glisser du courrier clandestin dans les boites aux lettres du centre-ville de Lyon et de diffuser le journal clandestin ; Franc-Tireur.

Le , elle retourne à Nice où elle retrouve ses parents pour les 21 ans de sa sœur Madeleine. Ce fut sa dernière réunion de famille, car seulement dix jours plus tard, tous seront déportés. Miarka de retour à Lyon se met alors entièrement au service du mouvement « Franc-tireur ». Elle ne reverra jamais son frère Antoine, sa mère et son père.
Au début du mois d’, elle quitte Lyon pour Annecy et devient agent de liaison des Mouvements unis de la Résistance en Haute-Savoie, sous le nom, cette fois ci, de Annie. Elle se porte volontaire pour, dans un premier temps, récupérer en Saône-et-Loire du matériel qui a été parachuté, pour l’acheminer vers le maquis des Glières. Elle effectue alors 240 km à bicyclette jusqu’à Clun   La distance moyenne d’une étape du Tour de France (homme) est de 160 km , où elle récupère les postes émetteurs, et les achemine en taxi jusqu’à Caluire, où elle est hébergée par une cadre de la Fédération française des éclaireuses. Le lendemain, le , alors qu’elle est en route pour déposer le matériel à la gare d’Aix-les-Bains, son taxi est arrêté par une milice de la Gestapo entre Bourgoin et La Tour du Pin. Elle est conduite au siège de la Gestapo de Lyon, place Bellecour, où elle est torturée par les hommes de Klaus Barbie, elle est soumise à la torture par l’eau.

Denise est transférée de prison en prison pour enfin arriver au camp de Ravensbruck en juillet 1944. A la différence des autres membres de sa famille, elle est déportée en tant que résistante. Denise se distingue une nouvelle fois par son héroïsme et son courage : au camp, alors même épuisée par les conditions invivables du camp, elle prend volontairement la place de camarades polonaises épuisées par les expérimentations médicales, pour endurer a leur place les interminables appels, en témoignera son amie Germaine Tilion (autrice de :Une opérette à Ravensbrück, Le Verfügbar aux Enfers). Le camp est libéré le 21 avril 1945.

Sa mère et ses sœurs on été déportées à Auschwitz. Sa mère meurt ; Simone et Madeleine sont libérées en . Quelques années plus tard, Milou meurt le .

Les sœurs Jacob, survivantes de la barbarie du régime nazi, resteront un modèle de courage et d’héroïsme pour l’humanité.


Eva Freud et Nicole Dreyfus dans Le misanthrope de Molière, Lycée Calmette, Nice, 1942 (Droits réservés Bibliothèque Sigmund Freud).

Nicole Dreyfus

À la mort de son père, en 1937, elle s’installa avec sa mère à Nice où elle fut inscrite au lycée de jeunes filles. C’est à cette époque qu’elle fit la connaissance d’Eva qui avait exactement le même âge qu’elle. En 1943, à l’arrivée des Allemands à Nice, Nicole et sa mère obtinrent des faux papiers par un réseau de Résistance et se cachèrent à Monaco. En mars 1944, avec l’aide de cousins qui vivaient en Suisse, elles trouvèrent refuge à Megève jusqu’à la fin de la guerre. À la Libération, elle obtient sa licence en droit et en 1946, à l’âge de 22 ans, la descendante du célèbre Alfred Dreyfus, prête serment et devient avocate.

Militante  du parti communiste, inscrite depuis 1949, elle s’était très vite engagée dans de nombreux procès politiques en plaidant pour les militants algériens du Front de libération nationale (FLN) – organisation pour l’indépendance de l’Algérie, alors colonie de la France -, à la fin des années 1950 et au début des années 1960. En 1957, elle a défendu, à Alger, deux jeunes filles mineures, Baya Hocine et Djaouher Akrour, accusées d’actes de terrorisme. Ce qu’elle considérera plus tard comme l’épreuve la plus difficile. Bien qu’elles aient été condamnées à mort, leur jugement a été annulé par la Cour de cassation. Puis elle sera chargée de la défense de Zohra Drif, dirigeante du FLN pendant la bataille d’Alger. La défense de nombreux militants du FLN lui a valu des menaces de mort à Alger.

Comment être Dreyfusard aujourd’hui ? Nicole essaiera de répondre, « J’ai retrouvé dans la guerre d’Algérie l’exaltation qu’ont dû connaître les dreyfusards, en raison de notre certitude absolue d’être du côté du droit. », dira t’elle. Son combat était motivé par la défense, d’une manière ou d’une autre car les temps ont changé, des intérêts précédemment défendus pour et par les « justes ». « Être Dreyfusard au temps de la guerre d’Algérie, c’était soutenir par tous les moyens le peuple algérien ». Mais Nicole savait aussi, faire la part des choses, car en temps de guerre rien n’est tout blanc ni tout noir. Elle reconnut que « les moyens qu[e] [les militants de l’indépendance Algérienne] employaient, n’étaient pas toujours conformes à la morale, […] mais leur cause était juste, et, pour moi, c’était le principal. » Alors, à chacun de penser ce qui est juste ou non, mais il est important de souligner la fidélité de Nicole, femme avocate dans les années cinquante, à ses convictions morales. « Les moyens engagés contre eux étaient, eux aussi, contraires à la morale : tortures, assassinats, consistant à abattre des prisonniers au prétexte d’une tentative d’évasion, autant de méthodes employées systématiquement par l’armée à l’encontre d’algériens engagés dans ce combat légitime. »


Michèle Cotta, 1993, © Archives de la Ville de Saint-Dié-des-Vosges

Michèle Cotta

Ultime figure, élève au lycée de jeunes filles : Michèle Cotta. Elle est la fille du premier maire de Nice, Jacques Cotta, élu après la Libération. Diplômée de SciencesPo Paris en 1959, elle soutient ensuite sa thèse de doctorat à la Fondation Nationale des Sciences Politiques.

Elle a commencé sa carrière de journaliste politique à Combat où, elle obtient, la première, un entretien avec François Mitterrand – futur président en 1981. Le 5 mai 1981, avant le second tour de l’élection présidentielle, elle anime, avec Jean Boissonnat, le débat électoral entre le président sortant, Valéry Giscard d’Estaing, et le candidat François Mitterrand. En juillet 1981, Michèle Cotta est nommée par le Premier Ministre, Pierre Mauroy, avec l’accord de François Mitterrand, présidente-directrice de Radio France. Son mandat est prévu pour durer initialement trois ans, mais elle assurera, finalement, jusqu’en 1986 la fonction de présidente de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) –aujourd’hui l’ARCOM-.

Michèle Cotta a été directrice de l’information à TF1 entre 1987 et 1992 et directrice générale de France 2 entre 1999 à 2002. Chroniqueuse politique au magazine Le Nouvel Économiste. Journaliste politique, hautement aguerrie, elle est aussi l’auteure de nombreux essais politiques comme Ma Cinquième (2023). Il relate l’instauration de la Ve République, jusqu’à la première alternance -qui n’est advenue qu’en 1981-. De ce petit quart de siècle, il est restitué l’atmosphère politique.

Elle reçoit, le 4 avril 2009, le prix du « livre politique » pour le deuxième tome de ses Cahiers secrets de la Ve République. Tantôt observatrice, tantôt actrice, toujours lucide, elle fait la lumière sur les événements qui ont forgé la France d’aujourd’hui de son regard éclairé de journaliste. Elle donne encore régulièrement des interviews, riches en informations et en détails historiques.


 

« Ce n’est pas sans émotion qu’il m’arrive presque vingt ans plus tard, de penser à ces « années Lycée Calmette » et je souhaite à tous ses futurs élèves de s’y forger de si mémorables souvenirs. »

D. Aubespin

 


Arthur NUTTE PLENT
Sources (Liste non exhaustive) ; Association des Anciennes et Anciens du Lycée Calmette de Nice, Wikipedia (1), (2), (3), (4), (5) RFPSY (Eva Freud), Ouvrage ; Qui a tué Eva Freud ? (2018), Fondation de la Résistance, citation ; AAADLC

Comment garder du pouvoir sur 1,4 milliards de personnes ?

Xi Jinping reforme la constitution afin d'autoriser le cumul de plus de deux mandats, AFP
Xi Jinping reforme la constitution afin d’autoriser le cumul de plus de deux mandats, AFP

 

Internet a été ouvert au peuple chinois en 1995, l’année suivante a été labellisée « l’année de l’internet » mais seule une petite élite était « connectée ». Avec le développement d’un classe moyenne à la fin des années 90, les chinois ont commencé à avoir accès a l’éducation, et l’internet s’est peu a peu démocratisé au début des années 2000. En 2024 on comptait plus de 1,1 milliard d’utilisateurs en Chine soit près de 80% de la population chinoise. Cette ouverture sur le monde permettait au peuple chinois de se forger une opinion, d’analyser les informations, d’en discuter le contenu, et de communiquer d’une manière jusqu’alors inédite dans le pays. Mais, devant le potentiel de diffusion d’idées nouvelles inhérent à ce nouveau mode de communication inédit en Chine, les autorités chinoises ont décidé d’instaurer des mesures visant à en contrôler l’utilisation.


Dès sa nomination à la tête du « Parti-État » en 2013, le président Xi Jinping a mis fin aux quelques années de pluralisme naissant en s’attelant à une purge de l’internet. Ainsi, le régime s’est employé d’abord à discréditer et à jeter en prison les principaux opposants et défenseurs des droits humains oeuvrant sur les réseaux, et, à leur suite, les cabinets d’avocats qui les défendaient, puis les avocats qui défendaient ces avocats… Les moyens adoptés par le gouvernement à cette fin sont divers et nombreux : multiplication des règlements ; fermetures de cybercafés, des moteurs de recherche, de certains sites étrangers et de sites politiquement sensibles … et surtout, la mise en place d’un système de filtrage des recherches sur le web, à partir d’une liste de mots-clés et de termes prohibés. Par exemple, en chine, Netflix n’est pas disponible, WeChat remplace WhatsApp… .

Aucune des applications de gauche n’est accessible en Chine, leur utilisation est seulement possible par l’utilisation d’un VPN (interdit)

Les témoignages  rapportent des scènes de la vie quotidienne en Chine : « Il arrive que l’on constate soudain, pendant un chat, que la discussion perd toute espèce de sens : c’est que certains termes sont effacés automatiquement par WeChat dans les échanges entre l’émetteur et le récepteur sans qu’aucun des deux n’en ait été informé. » Les listes de mots interdits sur les réseaux sociaux sont actualisées chaque jour par les autorités de la censure de Pékin, tel le roman de George Orwell. Par exemple, en 2018, quand la Constitution a été reformée [pour permettre à Xi Jinping de devenir président à vie], la liste des mots interdit allait de « accession au trône » et « louez l’empereur » à « Winnie l’ourson », qui avait été utilisé pour désigner le chef de l’État en contournant la censure.

Qualifiée de « cybercrature » par Emmanuel Lincot, ce dernier met en garde sur l’accélération totale de cette pratique depuis la pandémie de Covid-19. En effet, le coup de massue final a été la pandémie  : « Sous prétexte sanitaire, la population est encore plus contrôlée et les données collectées encore plus importantes », nous affirme-t-il.

En Chine, il n’y a pas une censure mais des censures, en ligne et hors-ligne, sur internet et dans la vie quotidienne. Les 1,4 milliard de Chinois ne sont pas surveillés de la même manière : les voix dissidentes feront bien sûr l’objet d’une attention accrue.

Enfin, il est important de noter que cette censure n’est pas seulement automatique et que derrière se cache des « milliers de petites mains » qui censurent la toile.

Alors, demain la Chine : dictature ou démocratie ? Continuer la lecture de Comment garder du pouvoir sur 1,4 milliards de personnes ?

SOIRÉE DES CHERCHEUR.E.S

Ce vendredi 30 septembre, j’ai participé à la Nuit européenne des chercheur.e.s sur le campus Valrose à Nice.

Les deux objectifs principaux de cette manifestation étaient d’explorer les sciences tout en les décryptant de manière ludique et avoir aussi l’opportunité d’échanger avec des chercheurs sur leurs différents travaux. Pour reprendre également les propos de M. Brisswalter, président de l’Université Côte d’Azur, cette soirée « pourra permettre aux citoyens de mieux appréhender les défis, existants et futurs, de notre époque. »

Comme chaque année, le programme proposé était très dense ce qui m’obligea à opérer des choix pour organiser ma visite et pouvoir vous faire partager mon expérience.

J’ai donc choisi de participer à deux jeux interactifs :

 

– OPÉRATION CORTEX Inserm :

« Nous sommes en 2064. Vous visitez un laboratoire de l’INSERM et découvrez la réplique d’un cerveau, conçue pour la recherche. Mais suite à une coupure de courant, le cerveau se réinitialise… et vous enferme dans le bâtiment ! Vous allez devoir réapprendre ses connaissances au cerveau afin qu’il vous libère. Serez-vous à la hauteur ? »

J’ai donc commencé ma visite par cet escape game élaboré par des doctorants de Sophia Antipolis.

Notre groupe composé aussi d’adultes avait pour mission en 45 minutes maximum d’alimenter un cerveau mécanique en scannant des cartes cachées dans la salle et décrypter des codes composés de chiffres et de lettres afin d’ouvrir trois boîtes cadenassées sinon toutes les informations stockées dans la mémoire du cerveau seraient détruites.

Au-delà de l’aspect ludique de cette expérience, j’ai appris le fonctionnement primordial du cerveau, véritable ordinateur de bord pour chaque être humain. Dès qu’un organe dysfonctionne, le cerveau bugge mais il existe également d’autres raisons :

Tout d’abord, le manque de sang puisque 20% du sang pompé par le cœur lui est directement attribué. Ensuite, la douleur si elle est extrêmement violente, provoque la déconnection du cerveau et enfin une anomalie cardiaque comme la tachycardie pouvant entraîner un arrêt du cœur ce qui a pour conséquence de cesser d’alimenter le cerveau en sang l’empêchant aussi d’assurer ses fonctions.

 

– ViRal, VOYAGE DANS LE CORPS HUMAIN :

Jeu de réalité virtuelle de l’Inserm

« Le joueur pourra parcourir le corps humain en visitant et en détruisant des cellules, virus,etc.Partez à l’exploration et découvrez des organes ! »

Équipé d’un casque et de manettes, je découvre qu’un virus a contaminé la population. Je suis miniaturisé pour être injecté dans un corps infecté afin d’obtenir un échantillon. Je dois ensuite échapper aux macrophages et me déplacer grâce à des enzymes dans le corps humain pour finalement sortir par les narines !

Découvrir le rôle des cellules humaines grâce à ce jeu m’a permis de revoir certaines connaissances sur les macrophages, les enzymes et les virus de manière originale.

 

– Street Science : Application mobile gratuite

Pour terminer, je voulais vous faire découvrir un jeu de piste scientifique grandeur nature en réalité augmentée, projet novateur mêlant art urbain, science et technologies numériques conçu par Pandaroo.

Vous pouvez télécharger gratuitement l’application et choisir les balades nomades ( du plancton à la maison, la symbiose dans tous ses états… ) si vous ne pouvez pas vous déplacer à Marseille ou dans certaines autres villes car elles permettent de pouvoir jouer chez vous ou même ailleurs en imprimant les pictogrammes pour pouvoir ensuite les cacher où vous voulez afin de créer votre propre parcours.

Site : streetscience.fr

A expérimenter à Marseille : la Fresque interactive du street-artiste CIYO que l’on peut retrouver dans le quartier du Panier. Avec notre smartphone, nous pouvons ainsi observer les éléments mouvants qui s’animent au fil du vent et des températures du jour.

 

J’espère que cet article sur les sciences vous a plu et j’espère qu’il vous aura donné envie de participer au festival des Sciences de Nice le week-end du 15 et 16 octobre au Jardin Albert 1er. Beaucoup d’ateliers, d’animations et d’escape game à découvrir aussi sur la biologie, la chimie et les mathématiques.

 

Stanislas Ling–Couderc 210

Chanson douce de Leïla Slimani

Chanson douce est un livre écrit par Leïla Slimani et publié le 18 août 2016. Il obtenait, 3 mois plus tard, le 3 novembre, le prix Goncourt. Soit dit en passant, cette auteure est la deuxième femme, en cent-trois ans, à obtenir ce prix.

Le livre s’ouvre sur la mort d’un petit garçon et de sa sœur tués par une femme. Une analepse reprend alors où l’histoire avait chronologiquement commencé : quand les Massé ont décidé d’embaucher la femme, une nounou. Et ainsi pendant tout le livre nous suivons le quotidien de cette famille dans le Paris de notre époque, Leïla Slimani nous offrant l’occasion de voir tour à tour la psyché de chacun de ses personnages. Dès les premiers chapitres l’on peut voir la différence entre Louise et une nounou ordinaire. Elle raconte des histoires où « les héros meurent à la fin, non sans avoir sauvé le monde », elle peut devenir obsessionnelle avec certaines choses et bien trop véhémente dans certaines situations.

Dans cette œuvre, on connaît déjà le dénouement dès la première ligne. Et ainsi le but n’est pas de savoir ce qui va se passer à la fin, ni comment, mais pourquoi. Pourquoi cela est-il arrivé. Le livre suit la lente descente dans la folie de Louise qui va la pousser à tuer les deux enfants.

Dans ce livre inspiré par l’affaire Yoselin Ortega, Leila Slimani use d’une écriture immersive, où le lecteur a l’impression d’avoir la scène en face. Et malgré cela l’auteure garde une main littéraire dépourvu de jugement, froide, comme un rapport médical ou d’autopsie, et foisonnante de détails. Détails qui deviennent parfois trop, puisque nous savons que le sort des deux enfants est déjà scellé et que l’on nous les présente, nous les décrit, non pas comme des enfants mais comme des personnes à part entière avec leurs sentiments et idées.

Diane A.

L’art se confine.

Une œuvre à l’ère du Covid

En un an, le Covid est devenu l’ennemi à la fois des Hommes et celui de l’Art. La Joconde, la Jeune Fille à la perle et Van Gogh sont en dépression. Sur leurs smartphones, ils voient défiler avec appréhension les tweets du gouvernement : « Info-média ! Tous les lieux culturels et musées seront fermés jusqu’à nouvel ordre afin d’éviter la propagation du coronavirus. » L’annonce tombe, les œuvres littéraire, cinématographique, artistique ou musicale sont au chômage, perdent de leur valeur, tombent dans l’oubli. Que se passerait-il si d’anciennes œuvres avaient créées été au temps du Covid ?

Le Cri de Munch

Au milieu d’un pont, un homme, yeux écarquillés et bouche grande ouverte affiche une expression d’effroi sur le visage. Peut-être avait-il vu venir le monstre du Covid ? Désormais, son cri est étouffé par le masque, plus aucun trait son sur visage n’est apparent. La colère, la tristesse ou la peur n’existe plus dans ce monde de zombies. Cet homme sur son pont n’existe plus, il s’efface dans la foule, fantôme errant n’ayant plus d’individualité, ni personnalité, ni sentiment. Cette œuvre d’une symbolique nouvelle illustre le choc face à la peur existentielle de la  maladie, du virus ou de la mort. Est-ce le Cri de la distanciation sociale ? De l’effondrement de la société ? Des peurs collectives ? Les mains posées sur le visage mettent-elles en évidence l’anxiété et la démesure du lavage des mains, du fait de ne pas se toucher le visage et de l’obligation de porter un masque de protection ? Ecarté de tous, comme respectant les mesures de distanciation sociale, s’éloignant de la respiration humaine, l’individu s’isole des autres, de la société, de la vie en général. Peut-être sur son pont, essaye-t-il de fuir ce monde dangereux et plein de contraintes. Il crie comme nous, Humains, pourrions crier ensemble, pour se sentir moins seuls et dénoncer la souffrance d’une planète mise sous pression et dans l’attente d’un futur meilleur. S’il ouvre la bouche, va-t-il tousser ? Si oui, la défiance pathologique des uns-des-autres causée par l’angoisse moderne face à un virus mortel qui efface petit à petit la magie de la vie. Bloqué dans un monde de peur, le Cri est un appel à l’aide, Cri de dénonciation et de désespoir. Cette œuvre emblématique, désormais utilisée par les nouvelles générations à travers les réseaux sociaux sert de protestation, de sensibilisation et de remise en question de l’anxiété causée par la menace de la pandémie mondiale. Munch a souvent représenté le désespoir et la peur provoqués par des maladies mortelles que la médecine de l’époque ne comprenait pas bien encore comme la tuberculose, la syphilis et la grippe. Son œuvre dure dans le temps puisque le coronavirus semble parfois rester un mystère sans fin.

L’art permet ainsi à l’humanité d’exprimer la beauté de l’imagination et des choses, mais aussi l’enfer parfois vécu sur Terre. Comme un refuge, il reflète les pensées humaines et délivre les peines. Sans l’art, la vie serait fade, sans couleur ni rêverie. Alors, afin de ne plus vivre dans l’aveuglement et délier les esprits, faisons tomber le masque du Covid sur la nécessité de faire vivre l’art.

Mathilde Haÿ

Avortement, le combat continu

Aujourd’hui, nous célébrons les 45 ans de cette grande conquête sociale venue compléter l’accès à la contraception, permettant ainsi aux femmes d’avoir recours aux moyens légaux pour maîtriser leur fécondité, condition indispensable de leur autonomie. Le droit des femmes à vivre leur sexualité sans procréer, à être enceinte ou pas, à poursuivre ou non une grossesse, à avoir un enfant, est la condition première de leur égalité avec les hommes.

Le 2 décembre 2020, le troisième Président de la Ve République Valéry Giscard d’Estaing s’éteignait après une vie entière consacrée au service des Français. Dès son arrivée au pouvoir le 27 mai 1974, un de ses objectifs se porte sur la dépénalisation de l’avortement. Il règne un contexte de tensions entre les opposants à ce projet de loi, dont notamment l’extrême droite, l’Église mais aussi certains médecins, et les partisans d’une conquête de liberté pour les femmes. Le 26 novembre 1974, au Parlement, Simone Veil, alors ministre de la Santé dans le gouvernement Jacques Chirac, défend devant une assemblée composée à 98% d’hommes, la loi dépénalisant le recours à l’irruption volontaire de grossesse (IVG). Elle soutient qu’« aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. […] C’est toujours un drame [et] doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue ». La loi Veil est promulguée le 17 janvier 1975, faisant de Simone Veil la figure immortelle des droits des femmes.

L’auteure française Valentine Goby publie en 2008 son révoltant roman Qui touche à mon corps je le tue. Les chemins de vie de trois personnages s’entremêlent autour d’un même point commun : l’avortement pendant la seconde guerre mondiale. A une époque où les femmes ne sont que reproductrices de futurs soldats, Lucie L. avorte de son enfant, Marie G. fait avorter illégalement des femmes et le bourreau Henri D. fait tomber la lame lourde de la guillotine sur le cou des avorteuses. A travers l’enfance, la vie adulte et le destin de ses trois personnages, la société de l’époque se dessine. La brutalité de ce roman témoigne de l’engagement de l’auteure à ce problème sociétal et fait prendre conscience d’une cause n’ayant, à l’heure actuelle, pas encore de solution partout dans le monde.

 

Rencontre avec Valentine Goby, auteure de Qui touche à mon corps je le tue.

Pourquoi avoir choisi d’écrire sur la question de l’avortement ?

La question du corps féminin […] m’interroge beaucoup. […] Au fond c’est peut-être ça la vraie question du livre Qui touche à mon corps je le tue : à qui appartient le corps en général et en particulier celui des femmes ? Est-ce que c’est la société qui doit décider ? Est-ce que c’est la religion ? Est-ce que c’est l’État et la justice ? Ou est-ce que c’est l’individu ? Il semblerait bien que l’individu soit sacrifié à tous les autres.

Je raconte l’histoire [L’Echappée] de ce personnage de fiction qui vit dans sa chair ce que beaucoup de femmes ont vécu. Et à cette occasion-là, je lisais beaucoup les journaux de l’époque et je suis tombée sur un journal de 1943 avec un entrefilet, du type un peu fait divers, qui disait que le 31 juillet 43, Marie-Louise Giraud, avorteuse, avait été décapitée à la prison de la Petite Roquette. […] Dans le cas de Qui touche à mon corps je le tue, ce n’est pas un châtiment populaire mais ça reste un châtiment collectif puisqu’il s’agit de la Justice, de l’Etat et de la Loi. Et tombant sur cet article, j’avais été très frappée par ce face à face entre la peine de mort et l’avortement. Ça m’avait semblé d’une violence totale. Il y avait vraiment un sentiment d’urgence pour moi d’écrire et d’investir ces personnages. J’ai ainsi créé le personnage de Lucie (en plus du bourreau et de Marie G déjà existant) qui pourrait être n’importe quelle jeune femme de l’époque mais qui me donne la liberté, à moi aussi, d’explorer mes propres raisonnements, mes propres sentiments, mes propres sensations.

 

Pourquoi avoir choisi une manière d’écrire si fiévreuse et crue, à la limite du supportable, comme sans espoir, mettant parfois mal à l’aise, faisant ressentir un grand moment de solitude ?

Pour toutes ces raisons [rires] : pour déranger, pour que ce soit à la limite du supportable. En fait, moi je crois que la littérature doit devenir une expérience. […] J’aime emmener des lecteurs dans des univers et dans des moments de vie qui leur seront inaccessibles autrement. […] C’est une expérience du corps qui est au centre, alors je dois écrire depuis le corps. Le but ce n’est pas de faire joli, c’est de faire réfléchir à ce que c’est qu’un avortement clandestin et pour cela il faut raccrocher de l’expérience. Il ne s’agit pas d’horrifier outre mesure, ni de tirer des larmes. Il s’agit juste de rapporter des faits : ce que c’est qu’un avortement avant la loi Veil. Et si ça fait mal, ma foi tant mieux : oui c’est vrai que ça fait mal. C’est parce que ça fait mal que c’est terrible et c’est parce que l’on peut avoir des hauts le cœur et une terreur de cette expérience qu’on peut faire quelque chose après. […] De toute façon, dès le début le titre donne la couleur. Je n’écris pas pour le confort, je ne suis pas sur le divertissement.

 

Il y a une omniprésence du corps tout au long du livre et pour chacun des personnages. Que représente pour vous le corps ?

[…] Le corps ça peut être un emprisonnement complet, un emmurement, d’abord parce qu’on ne le choisit pas au départ. Mais la question est particulièrement violente et quand il s’agit des femmes, puisque les femmes subissent dans leur corps des phénomènes qui sont à la fois incroyables et dont elles sont tout à fait impuissantes même si elles ne profitent pas de l’aspect positif de la chose. […] Le corps féminin est vraiment traversé par cette double question de l’assujettissement et la libération. Après, il y a ce qu’on fait de son corps et aussi la façon dont la société évidement accentue ou non la sensation qu’on a de l’emprisonnement, soit au contraire de la liberté.

 

Pour vous, le thème est toujours important, d’actualité ?

Bien-sûr. […] Je suis un peu étonnée parce que je suis de la génération des femmes qui ont tenu le droit à l’avortement. J’ai hérité de leur volonté de combattre une société patriarcale. […] Je vais beaucoup dans les classes parler de ces sujets parce que je suis invitée grâce aux livres notamment et je constate qu’y a un petit retour de conservatisme assez [elle réfléchit quelque instant] inquiétant. […] Il y a une méfiance générale envers les outils qui nous semblaient libérateurs et extraordinaires par exemple la pilule. […]  Je vois beaucoup de jeunes filles qui ne veulent par exemple pas prendre la pilule et qui s’exposent quand même à des risques extrêmement élevés de grossesse. L’avortement n’est pas une contraception. Comme je travaille beaucoup avec les lycées et les assistances sociales, je me rends compte que le taux d’avortement est quand même très élevé. L’avortement c’est toujours pénible. […] Bon après, peut-être qu’il faudrait aussi un peu plus mettre en responsabilité les hommes, comme ça tout ne reposerait pas sur les jeunes filles et les femmes. Je pense qu’il y a trente ans, on n’aurait jamais évoqué la question, même sur la place publique. Donc ça c’est formidable et vraiment intéressant mais comme quoi il faut continuer à se battre, pour que ces libertés ne disparaissent pas.

 

Les réseaux sociaux nous semblent, pourtant, à nous, nouvelle génération, un moyen d’expression et de partage d’informations, de débats sur des sujets polémiques tels que l’avortement. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Moi, je n’ai rien contre les réseaux sociaux mais ceux qui partagent ce genre d’informations, vous y allez parce que vous êtes déjà mobilisés, ça vous questionne déjà. Par contre, tout ceux qui sont dans la méfiance, la réticence ou simplement qui n’ont pas cette ouverture là parce que chez eux il n’y a peut-être moins de discussions sur ce sujet ou que les parents ont des idées un peu plus arrêtées. Ils n’ont pas forcément accès à cette autre parole. A part à l’école, ça j’y crois beaucoup, le milieu scolaire, où est-ce que vous allez trouver de la contradiction ? Voilà, c’est pour ça que je crois que le lycée est un enjeu colossal sur ces questions-là. […] L’information de débat c’est essentiel.

 

A chaque époque son problème ?

En fait, je crois qu’il y avait tous les problèmes et qu’on a commencé par certains. […] On a commencé par libérer le corps. Que les femmes puissent : 1. Avorter, 2. Prendre une contraception, 3. Travailler et ouvrir un compte en banque, 4. Divorcer. Giscard D’Estaing est mort il n’y a pas longtemps, il ne faut pas oublier que sans lui, la loi Veil n’aurait pas existé. […] Aujourd’hui, je suis très ennuyée par la place des femmes dans le monde du travail, y a beaucoup à faire avec les inégalités salariales, la place des femmes dans la hiérarchie, les places de pouvoir. […] Disons que la tâche n’est pas finie. Il vous incombe encore beaucoup à faire. Là, ce qu’il s’est passé avec Metoo, la prise de conscience des violences et du harcèlement en grande majorité contre les femmes : c’est un mouvement inouï, complétement inédit. Donc faut absolument continuer : c’est le début de quelque chose.

 

Au-delà de la démocratie française fidèle aux principes de droit et de liberté, il existe encore de nombreuses inégalités jusqu’à des actes barbares envers les femmes dans certains pays ; le monde d’aujourd’hui fait-il peur, aux femmes, aux jeunes filles qui plus tard devront se battre pour leurs droits mais aussi aux hommes qui vont devoir les soutenir et les défendre ?

Je ne suis pas sûre qu’il fasse plus peur qu’avant, ça devait être encore pire pour ce qui relève des femmes. Si, il fait peut-être plus peur aux hommes maintenant. [Rires] Il y a pleins d’hommes formidables qui réfléchissent à ces questions maintenant et qui sont des alliés indispensables pour que l’égalité existe vraiment. Et il y en a qui doivent un peu trembler sur leurs pattes parce qu’évidemment les femmes ne se laissent pas faire : on ne peut plus mettre de mains aux fesses impunément à n’importe qui. [Rires]

 

Mathilde Haÿ T4