Renvoyé spécial Dumont 2019 : Ameen Al-Safa notre invité

Notre rencontre avec Ameen Al-Safa

Ce mardi 19 mars 2019, nous avons, nous les  élèves de 1°L1 du lycée Dumont D’Urville, encadrés de nos  professeurs, accueilli le journaliste Ameen Al-Safa avec les élèves allophones du collège Peiresc. C’est dans le cadre de la semaine de la presse et de l’opération « Renvoyé spécial » que nous  avons eu l’occasion de rencontrer et d’interviewer ce journaliste yéménite, exilé en France depuis 2017.

Ameen Al-Safa est un journaliste venu du Moyen-Orient,du Yémen qui a dû quitter son pays à cause de la guerre civile. Il était chef des dépêches arabes et internationales lorsqu’il a pris position contre le coup d’état des rebelles Houthis. A partir de 2014, il a reçu des menaces d’agression et de mort ce qui l’a poussé à quitter définitivement son pays.

Lors de cette rencontre, les élèves étaient calmes et attentifs. Certains ont posé des questions au journaliste par l’intermédiaire de sa traductrice. Celui-ci a répondu avec beaucoup de spontanéité et nous avons ressenti sa volonté de nous transmettre ses connaissances, de partager avec nous son expérience.

Les premières questions posées par les élèves ont concerné son métier. Il nous a confié que, depuis petit, il rêvait d’être journaliste ou bien présentateur télé. Le contact avec les gens est ce qu’il aime avant tout dans son métier. D’après lui, c’est un métier « passionnant en temps de paix et primordial en temps de guerre ».

Les questions se sont ensuite tournées vers son périple depuis le Yémen, jusqu’à la France. Ce périple s’est fait en plusieurs étapes.Tout d’abord, Ameen Al-Safa s’est dirigé vers l’Arabie Saoudite. Il y est resté deux ans mais nous a révélé que ce séjour a été difficile pour lui et qu’il y a été très mal reçu. Il ne se sentait pas en sécurité à cause, entre autres, du manque de liberté. C’est pourquoi, dès qu’il a pu, il a quitté l’Arabie Saoudite.

En octobre 2017, il rejoint donc la Hongrie, où il est  reste cinq jours. Le 2 novembre 2017, il arrive en France. Lorsque nous lui demandons pourquoi il a choisi la France, celui-ci a répondu qu’il avait choisi ce pays pour sa défense de la liberté et de l’égalité. Il est très heureux et reconnaissant envers la France et il dit même se sentir « un être humain digne ». Il a répété à plusieurs reprises le mot « dignité », et il a bien insisté sur le fait qu’en France, il sentait ses droits, en tant qu’homme, respectés.

Il apprend le français et son désir d’intégration est sans limite, cependant, il a encore des difficultés avec la langue et du mal à communiquer.

La question suivante a porté sur la position des médias français, sur ce qui concerne la situation yéménite. Il est content que ce thème soit abordé. Il trouve que le Yémen est absent des médias français et il qualifie la guerre qui s’y déroule de « guerre oubliée ».

Il a ensuite lui-même posé une question aux jeunes présents : « que savez-vous du Yémen ? ». Sa question a illustré ce qu’il venait de dire puisque les élèves se sont rendus compte qu’ils ne savaient pas grand-chose sur le sujet. Il est donc évident que si la presse n’en parle pas, la population ne peut pas savoir.

Tout au long de l’interview, nous avons pu constater son désir de transmettre aux jeunes son expérience. Il aimerait que son témoignage nous soit utile, qu’il nous ouvre les yeux sur le monde. L’interview s’est terminée sur une note très positive, il a encouragé chacun d’entre nous à persévérer dans nos études pour que chacun puisse réaliser son rêve et le métier qu’il souhaite. Il semblait vraiment heureux de pouvoir partager avec nous ce moment, et lorsqu’Anaëlle lui a remis le portrait qu’elle avait fait de lui, il a dit qu’il le garderait toute sa vie. C’était très touchant.

Cette rencontre fut riche en découvertes et en émotions. Nous nous sommes penchés un peu plus sur le sujet du Yémen, en avons appris plus sur l’existence de ce conflit ethnique et international  et ses enjeux. Cette rencontre nous a aussi confronté à la réalité du monde : le fait de voir de nos yeux ce journaliste qui a tout quitté, nous a fait prendre conscience d’e l’épreuve de l’exil et d’un autre de la chance que nous avons, nous qui vivons dans un pays économiquement et politiquement stable.

J’étais très heureuse de participer à cette rencontre qui  m’a permis de m’ouvrir encore un peu plus au monde. Je ne connaissais quasiment rien sur le Yémen avant les quelques recherches que nous avons faites pour préparer l’interview. Maintenant j’ai compris les enjeux et les difficultés de ce pays, bien que ce soit un sujet complexe et qui mérite de s’y intéresser plus longuement. J’ai aussi été particulièrement touchée par ce journaliste. Il faut avoir du courage pour tout laisser derrière soi : son pays, sa famille, ses amis, sa maison, son travail et puis tout reconstruire. J’ai senti sa sincérité  et je suis reconnaissante qu’il se soit livré à nous si naturellement.

Reportage France 3 Toulon à 3.48 min du journal

L.Z L°L1