Synthèse : La Côte d’azur face aux séismes
Mardi 18 mars 2025 à 18h45 un séisme de magnitude 4.1 a frappé la Côte d’Azur, une réplique de 3.8 a de nouveau secoué la terre à 22h24. En tout ce sont une quinzaine de séismes qui ont eu lieu entre le 18 et le 19 mars. Nombreux sont les habitants qui ont été perturbés par ces séismes, les questions sont nombreuses sur la surveillance et l’anticipation de ces tremblements de terre qui pourraient frapper plus gravement la région.
Si dans la région la terre tremble en fait régulièrement sans que l’on s’en aperçoive, les secousses de la semaine dernière ne sont pas passées inaperçues, de nombreuses vidéos ont tourné sur les réseaux, les téléphones ont sonné pour savoir si “on avait bien senti la secousse”. France 3 Cote d’Azur a même publié un reportage intitulé “J’ai eu des vagues dans mon pastaga” ! C’est dire si ce séisme, qualifié de “modéré” par Christophe Larroque, géologue et chercheur au laboratoire Géoazur à Sophia Antipolis, a suscité des questions chez les Azuréens. Peut on prévoir et anticiper un séisme majeur ? Les autorités sont-elles prêtes à réagir face à un tel risque ? Le chercheur nous apporte des éléments de réponse.
Ce premier séisme qui a duré quelques secondes et dont l’épicentre était à Coaraze dans l’arrière pays niçois, “a été suivi par plusieurs répliques dans les deux trois jours qui ont suivi” explique le chercheur, c’est d’ailleurs ce que l’on peut constater sur la page du site Sismoazur qui est la partie observatoire du laboratoire. “Sismoazur, regroupe l’ensemble des moyens d’observation des séismes dans la région, c’est-à-dire, le réseau de capteurs, les sismomètres, et les ingénieurs et chercheurs qui travaillent avec ces appareils” explique-t’il. La surveillance est assurée en continue, elle est affichée quasiment en direct sur le site sismoazur.
Grâce à ces relevés il est possible de mettre en perspective les tremblements de terre de ces derniers jours, “ce type de séisme est classique dans la région” explique le géologue, il y en aurait environ tous les 5 ans, ”c’est donc rare mais pas exceptionnel”. Pas de quoi s’inquiéter donc ? “On ne sait pas si un tel séisme peut être annonciateur d’un événement plus fort à venir” précise Christophe Larroque, avant de poursuivre, “certaines fois, c’est le cas, mais dans la région en général quand on a ce genre de séisme comme en 1950, 1989, 2001, 2012 ou encore 2014, cela reste un événement isolé.” Un document élaboré par le laboratoire Géoazur suite au séisme de Coaraze du 18 mars dernier précise que dans notre région, un séisme type “big one” tel qu’attendu en Californie ou tel que celui qui a ravagé le sud de la Turquie en février 2023, n’est pas envisagé. Les observations précises réalisées depuis maintenant plus de 60 ans grâce aux réseaux de capteurs montrent que le taux de sismicité est stable. Il ne faut tout de même pas oublier que des séismes destructeurs se sont produits en 1564 dans la vallée de la Vésubie et en 1887 au large d’Imperia (Italie).

Cependant, il n’est malheureusement pas possible à ce jour de prévoir les séismes, mais “la sismologie est un sujet de recherche qui débouchera peut-être un jour sur des applications” dit le chercheur optimiste ! En attendant, le seul moyen est de les observer et d’essayer de comprendre ce qui se passe dans la croûte terrestre avant et pendant le séisme.
Ce qui est à mettre en œuvre de la part des administrations territoriales c’est la prévention “il faut prévenir la population du risque qui existe sans inciter à la panique qui est une très mauvaise attitude. Une fois que l’on est conscient du risque il faut informer sur le bon comportement à avoir si on ressent un séisme” explique le scientifique. Les administrations en charge des secours (pompiers, hôpitaux, sécurité civile), organisent des exercices pour essayer d’anticiper ce qu’il faudra faire le jour où un séisme important se produira afin d’être les plus efficaces possible pour sauver la population.
Justement, “les communes sont tenues de rédiger un Plan Communal de Sauvegarde, un document qui permet de prévenir, avec les connaissances du terrain, les risques naturels de notre territoire et prévoir la gestion des crises qui y sont associées” nous apprend Elodie Loretz, Adjointe au maire de Contes, en charge de l’environnement et du développement durable ce qui incluent la gestion des risques naturels. À Contes, quatre risques naturels sont recensés, les séismes est l’un d’eux. Face à ces risques majeurs, la commune via son PCS a élaboré des fiches actions qui permettent de “ savoir qui mobiliser et quel matériel est disponible au moment où l’aléa se produit”. Dans le cas des séismes, il est impossible de les prévoir à l’avance, cependant, “avec un minimum de temps, nous sommes capables de faire l’alerte à la population, de donner des consignes de mise en sécurité, y compris grâce aux réseaux sociaux” ajoute l’élue. La commune utilise l’outil Gédicom, un moyen de communication par sms ou appel téléphonique directement destiné aux Contois qui ont accepté de données leurs coordonnées afin d’être prévenus en cas de risque majeur. Quant aux conséquences qu’un séisme de grande ampleur pourrait avoir sur la commune, Élodie Loretz précise que “les aménagements urbains ont été faits dans respect du Plan Local d’Urbanisme dans lequel le risque de séisme est pris en compte”, de quoi rassurer la population. Rappelez-vous, en cas de tremblement de terre, éloignez -vous des surfaces vitrées, des meubles ou des objets qui pourraient vous blesser, n’essayez pas de sortir de la maison avant la fin de la secousse.
par Sasha
