Un aéroport vert?
L’’aéroport de Nice et la compagnie Air France face aux nouveaux défis environnementaux: rencontre avec les acteurs du changement.
L’aéroport Nice Côte d’Azur est le deuxième aéroport de France, juste derrière Paris. En 2022, il a enregistré un trafic de 12,12 millions de passagers, en baisse par rapport aux 14,5 millions de 2019. En dehors de Paris, c’est le seul aéroport français à offrir neuf lignes long-courrier régulières vers des destinations telles qu’Abou Dhabi, Bahreïn, Dubaï, Koweït, New York et Montréal. Cet aéroport joue un rôle essentiel dans l’économie locale, soutenant particulièrement le secteur du tourisme, qui représente une part significative du PIB de la région.
Cependant, l’aviation est confrontée à de nombreuses contraintes écologiques et sonores. La localisation de l’aéroport de Nice, dans une zone sensible, impose aux compagnies aériennes de mettre en place des mesures visant à protéger la santé des habitants et à améliorer la qualité de vie dans les environs. La région est particulièrement vulnérable en raison de sa richesse écologique et de sa biodiversité, abritant de nombreux parcs nationaux et réserves naturelles. Dans ce contexte, nous avons eu l’occasion d’interviewer des représentants d’Air France, qui nous ont éclairées sur les obligations imposées par l’aéroport, l’opinion publique, les partis politiques, mais aussi de leur propre initiative.
Une lente transformation
L’aéroport de Nice a ainsi développé un réseau de transports en commun avec de nombreuses correspondances entre ses différents terminaux, la ville et les gares. Les compagnies aériennes, dont Air France, Avia Partner, Alyzia et Menzies, sont encouragées à pratiquer le « pulling », une méthode qui consiste à partager l’utilisation des engins. De plus, on a pu faire la visite du système de tri des déchets souterrains qui est en place, organisé de manière à réduire l’impact environnemental. L’aéroport fournit également des points de recharge pour les véhicules électriques et limite l’utilisation des unités de puissance auxiliaires (APU), grâce à l’utilisation de passerelles 400Hz.
Air France se met au vert

Marielle et Michael, deux employés d’Air France, nous ont partagé certaines des mesures mises en œuvre par la compagnie. Air France renouvelle sa flotte de manière continue en acquérant de nouveaux appareils. Les Airbus A318 et A319 sont remplacés par des Airbus A220, qui consomment moins de carburant, sont plus légers et respectent mieux les normes environnementales. Pour les vols long-courriers, les avions les plus polluants sont retirés et remplacés par des modèles de dernière génération, comme les Airbus A350 et les Boeing 787. À Nice, les modèles récents en service comprennent les A220, tandis que certains anciens modèles, tels que les A318, A319, A320 et A321, demeurent encore opérationnels. Bien qu’ils soient moins économes, ils ne sont pas les plus polluants. Air France impose également une formation de sensibilisation sur les impacts environnementaux à ses collaborateurs, appelée MYCLIMATESCHOOL. De plus, une optimisation logistique est mise en place pour l’importation des repas, des couvertures et d’autres produits proposés aux voyageurs. Les objets en plastique sont progressivement remplacés par des matériaux en bambou ou d’autres alternatives durables.
Des intentions et des limites
L’objectif d’Air France est de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2030. Ces initiatives témoignent de l’engagement de la compagnie aérienne et de l’aéroport de Nice en faveur d’une aviation plus durable, tout en répondant aux préoccupations environnementales croissantes. Pourtant, il n’y a actuellement pas de vols au départ de Nice utilisant des carburants alternatifs. Bien que des mesures, comme l’utilisation de biocarburants, soient prises, la compagnie utilisait auparavant le double emport de carburant pour gagner du temps. En ce qui concerne les infrastructures, des biocarburants sont utilisés et quatre assistants se sont engagés à électrifier le matériel de l’aéroport. De nos jours, 90 % des équipements d’Air France sont électriques, remplaçant ainsi le matériel thermique. À l’automne prochain, l’aéroport prévoit même de lancer un test de biocarburant pour certains engins peu efficaces.
Entre les émissions de gaz à effet de serre, les nuisances sonores et les vibrations, l’aéroport ne remplit pas encore ses objectifs d’une aviation plus écologique. Cependant, le cap est fixé, les initiatives se multiplient et les compagnies privées sont invitées à contribuer à l’effort. Tous les espoirs sont permis.
Source : TRIBUCA.NET
Source : AEROBERNIE
Par Ekaterina et Cvetelina
