Synthèse : Le multiculturalisme, une force ou un frein ?
Le multiculturalisme, une force ou un frein ?
Grandir dans un contexte multiculturel attire souvent la curiosité mais qu’y a t-il derrière notre réalité ?

Image par stokpic de Pixabay
Différenciation, accompagnement, progression, intégration… : ces beaux mots appartiennent aux missions de l’école. Nous sommes des millions d’élèves à qui l’égalité des chances est promise et pourtant, posons-nous la question : être né dans une famille multiculturelle, est-ce un avantage ou un inconvénient?
Sans l’aide des parents, qui ne maîtrisent pas le français, certains apprentissages sont très difficiles, surtout au début. Nos parents, même s’ils ont très envie que leurs enfants réussissent, n’arrivent pas à proposer de modèle linguistique à leurs enfants. Il est donc difficile pour eux de les aider à l’école ou de les accompagner dans leur travail personnel. La moindre réunion parents-professeurs, le moindre appel téléphonique de la CPE, voir la lecture du bulletin est une mission bien difficile à accomplir. D’accord, il existe des outils de traduction, mais la communication passe toujours par un tiers.
Les enfants issus de familles multiculturelles sont souvent amenés à traduire, ou à remplir des documents administratifs, et sont placés dans une situation qui fait appel à une maturité qui n’est pas encore la leur.
Au contraire, les parents qui devraient être autonomes, se retrouvent dépendants de leurs enfants. Un rendez-vous chez le médecin ou une simple conversation spontanée dans la rue sont des sources de frustration. Nos parents souhaiteraient pouvoir aider les autres ou se débrouiller tous seuls, et pourtant ils n’y arrivent pas.
Souvent leurs amis sont comme eux. Ils ne sont pas francophones et ils se renferment sur eux-mêmes. Ils partagent une langue commune, la même culture, les mêmes goûts et les mêmes souvenirs. Ils tissent des liens très forts, qui à la fois les rassemblent mais les éloignent d’une intégration pleine et aboutie.
Mais le fait de venir d’une famille multiculturelle n’a pas que des inconvénients ! Cela nous invite à grandir plus vite. Pour nous les enfants qui aidons nos parents, la CAF, la Sécu, France Travail, les impôts… n’ont pas de secrets pour nous. Nous sommes prêts à assumer notre rôle d’adulte. À l’école, comme à l’extérieur, nous devons nous adapter, développer des stratégies pour nous en sortir.
Nous grandissons dans un contexte bilingue ou multilingue, qui développe notre adaptabilité. Parler une langue, c’est aussi penser différemment. La langue que nous parlons à la maison reflète notre identité et nos valeurs. C’est la langue de notre éducation et elle renforce nos liens familiaux. Elle accompagne aussi nos amitiés. Le français est la langue du quotidien, la langue avec laquelle on partage nos habitudes de tous les jours. Alors que notre langue maternelle est la langue de nos conversations avec nos familles éloignées ou nos amis restés dans notre pays d’origine. Elle fait partie de nos conversations virtuelles et en distancielles et pourtant elle nous ramène à nos racines.
Notre identité est complexe et nourrie de nos héritages culturels. Chez nous tout est toujours diversifié : la gastronomie, la musique, et même la manière de nous habiller. Notre vision du monde est plurielle, notre manière de comprendre le monde aussi. A ce multiculturalisme, nous devons une ouverture d’esprit et nous espérons un savoir-vivre ensemble que nous devons cultiver.
Si cela peut paraître parfois difficile de grandir dans une famille multiculturelle, cela reste une force : il y a bien plus d’avantages que d’inconvénients. Le temps où la diversité était pointée du doigt est bien fini. Il faut juste nous laisser le temps de nous approprier une langue qui, au lieu d’être un moyen de communication, est un frein à notre assimilation.
Source :
https://www.unicef.fr/article/les-eleves-allophones-dans-langle-mort-de-leducation-nationale/
Moukhammed, 3e, collège Roland Garros