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SYNTHÈSE – Entre Deux Feux : La Vie Des Déplacés Internes dans le conflit Hezbollah-Israël

Depuis l’attaque sanglante du Hamas du 7 octobre, les hostilités à la frontière Israélo-libanaise n’ont cessé de croitre, forçant de milliers de civils des deux côtés de la frontière à fuir les combats.

Bombardement au Liban-Sud. ©Pau Ara – Licence CC

 

Au lendemain de l’attaque terroriste du Hamas tuant au moins 1200 personnes et blessant 7500 personnes en Israël selon l’UNICEF, le Hezbollah milice chiite basée au Liban et financée par l’Iran décide de se joindre au conflit afin de soutenir le Hamas.
Depuis, les affrontements à la frontière Israélo-libanaise sont devenus quotidiens forçant 90 000 Libanais et 80 000 Israéliens à quitter leur domicile situé près de la frontière selon le quotidien libanais L’Orient-le-jour. De plus, d’après l’agence de presse britannique Reuters, environ 60 civils ont été tués du côté libanais et 7 autres du côté Israélien. Tsahal affirme d’avoir tué 380 terroristes du Hezbollah tandis que le Hezbollah affirme d’avoir tué ou blessé 2000 soldats israéliens, ce qui est loin du chiffre avancé par Tsahal de 14 morts parmi ses rangs.

Côté libanais, la crainte des habitants d’une guerre totale :

Ces dernières semaines, Israël a ciblé des sites du Hezbollah situés de plus en plus en profondeur dans le territoire libanais. Alors que les affrontement étaient limités uniquement à la région frontalière du Liban-Sud, depuis le 26 février, Baalbek une localité du nord de la Bekaa situé à 100 km de la frontière s’est retrouvée à plusieurs reprises sous le feu d’Israël. Cette région est stratégique pour le Hezbollah car elle est frontalière avec la Syrie. En raison de ces affrontements qui montent progressivement en violence de jour en jour, la majorité des Libanais habitant le sud du pays a décidé de s’installer dans des régions plus lointaines du front ou de fuir à l’étranger. Mohammad Issa, un déplacé Libanais du village frontalier d’Aitaroun déclare à France 24 le 17/03/2024 : “nous ressentons une grande souffrance car nous sommes loin de notre ville natale et de nos familles, nous prions dieu pour que le calme revienne”. Cependant, une solution diplomatique à ce conflit semble être lointaine et les hostilités ne cesseront probablement pas dans un avenir proche.

Tsahal souhaite rétablir la sécurité à la frontière nord israélienne :

 

Tensions depuis le 7 octobre 2023 – Licence CC

 

Les roquettes et missiles tirés depuis le Liban par le Hezbollah ont visé des localités et des sites militaires au nord d’Israël, mettant ainsi en danger la vie des civils et soldats israéliens. De plus, selon des sources israéliennes relevés par Le Figaro, il existe un réseau de tunnels « plus sophistiqué que celui de Gaza, long de plusieurs centaines de kilomètres avec des ramifications jusqu’en Israël et probablement jusqu’en Syrie ». Selon le journal israélien The Times of Israel, le gouvernement a évacué “23 000 Israéliens de la ville de Kiryat Shmona, dans le nord du pays (…) La NEMA a annoncé qu’elle évacuerait 14 autres villes proches de la frontière libanaise, soit 11 000 habitants supplémentaires.” Ainsi, l’armée israélienne souhaite éliminer la menace du Hezbollah par la voie diplomatique ou militaire pour que les habitants du nord puissent retrouver une vie normale. Cependant, Tsahal affirme que si une solution diplomatique n’est pas trouvée prochainement, l’armée sécurisera le nord du pays par la force. C‘est pour cela que ces dernières semaines des puissances étrangères telle que les Etats-Unis multiplient les efforts diplomatiques afin d‘éviter ce scenario. Le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahu a averti le Hezbollah qu’il commettrait « l’erreur de sa vie » s’il décidait d’entrer en guerre contre l’état hébreu. Israël souhaite que le Hezbollah se retire au nord de la rivière Litani au Liban, conformément à la résolution 1701 du conseil de sécurité des Nations unies adoptée le 11 août 2006 à l’unanimité des membres du conseil. Dans le long-terme, le désarmement du Hezbollah qui est aujourd’hui le groupe armé non gouvernemental le plus puissant au monde selon le quotidien israélien Haaretz est indispensable afin de garantir une paix durable dans la région.

Youssef B. – STANISLAS