SYNTHÈSE : L’éco-débroussaillage : Pourquoi le préférer au débroussaillage classique ?
Depuis quelques temps dans la commune de Cantaron, le débroussaillage ne se fait plus avec des machines, mais bien avec des ânes. En effet, l’association Le cheval et l’âne, qui récupère des équidés maltraités ou abandonnés pour leur offrir une nouvelle vie, fait de l’éco-débroussaillage. Mais comment ça marche, et pourquoi est-ce préférable au débroussaillage classique ?
Si L’âne et le cheval est une fable de La Fontaine, à Cantaron, Le cheval et l’âne est une association à but non lucratif qui travaille à la protection et à l’amélioration du bien-être des équidés et qui fait de l’éco-débroussaillage. « Nous recueillons des ânes, chevaux, poneys, mules en détresse, retraités, maltraités, délaissés, mettons tout en œuvre pour leur apporter un bienêtre physique et mental et nous nous efforçons de leur offrir un mode de vie le plus authentique possible qui favorise leur activité physique. », témoigne Aurore Cotte Fourel, membre active et secrétaire de l’association Le cheval et l’âne.
Une longue liste d’avantages
Outre les intérêts écologiques, avoir recours à des ânes pour débroussailler s’avère moins dangereux : pas de projection de pierres à grande vitesse, mais surtout pas d’étincelles. Autre avantage que les riverains ne manquent pas de remarquer : l’absence de bruit, les ânes débroussaillent en silence. S’ils ne laissent derrière eux aucun broyat, ils participent à l’amélioration des sols, puisque leurs crottins régénèrent les sols en agissants comme un engrais naturel, augmentant la capacité du sol à retenir l’eau et les nutriments essentiels aux plantes. Le maire de Cantaron met aussi en avant un intérêt pédagogique, » la présence d’ânes sur la commune favorise la création de liens sociaux, le développement de la connaissance des animaux, le respect, … ».
L’éco-débroussaillage apparait donc comme une alternative écologique, qui, avec la suppression de pesticides et des machines, favorise la préservation de l’environnement et de la biodiversité en ne détruisant ni les insectes et les tortues, ni les nids d’autres animaux, et permet un contrôle de la croissance excessive de la végétation. Il participe à la réduction de l’empreinte carbone, notamment parce que ce sont de petites organisations locales qui s’en occupent, et non de grandes entreprises, comme dans le cas d’un débroussaillage plus classique. Le choix de l’éco-débroussaillage est économique, puisque celui-ci est beaucoup moins cher que son alternative mécanique. En outre, « l’éco-pâturage permet de générer des valeurs ajoutées socio-économiques avec la baisse de la pénibilité et des risques au travail, le coût du débroussaillement… », précise le maire Gérard Branda.
L’éco-débroussaillage présente néanmoins des inconvénients, qui concernent surtout les particuliers : ceux qui font appel à l’association Le Cheval et l’âne, sont prévenus, pour limiter les odeurs il faut régulièrement ramasser les déjections, et le passage des ânes peut « casser » l’harmonie esthétique d’un jardin, puisque ceux-ci sont très friands d’arbustes et de certaines fleurs.
Mais pour le maire de Cantaron, le bilan est vite fait, « je ne vois pas vraiment d’inconvénients à l’éco-pâturage. » conclue-t-il.