Notre Mer
SYNTHÈSE: Club Mare Nostrum : Sensibilisation et préservation des océans, surtout sur notre mer méditerranée
Au collège Ségurane, un enseignant passionné fonde le club Mare Nostrum. Son objectif : sensibiliser les élèves à la protection des océans à travers des projets concrets. Il propose des activités éducatives sur la biodiversité et l’environnement marin, entre sciences et imagination.

Ludovic Perrochia, un homme de 38 ans, professeur de SVT depuis 6 ans. Il y a 3 ans, il a entendu parler d’un concours lancé par le Musée océanographique de Monaco pour les collèges, sur le thème des océans et de leur protection. Il s’est dit que “c’est une bonne idée de faire participer notre collège!” Donc, il a proposé à des élèves volontaires de se lancer et à peu près 15 collégiens se sont présentés. Cela résulte en la création d’un club, et à la préparation du concours. Maintenant, lui et ses participants essaient de penser à quelles actions ou quelles choses ils pourraient faire et imaginer pour ce challenge.
Durant la première année, la question qu’ils se posent est la suivante : « Comment préserver l’océan? » Il n’y a que 15 élèves, ils ne peuvent pas faire grand chose à leur échelle. Alors ils choisissent un angle d’attaque, qui n’est pas seulement de préserver, mais surtout de faire connaître l’importance des océans. La méditerranée fait partie de notre habitat, beaucoup de gens se baignent toute l’année, sans forcement savoir ce qui se passe sous la surface azur. Beaucoup de personnes ne se rendent pas compte des enjeux marins. Ludovic dit que “le meilleur moyen de protéger c’est de faire découvrir pour faire aimer. »
La démarche du club va consister à faire connaître quatre espèces vivantes dans la méditerranée qui ont besoin d’être protégées et un peu plus connues : l‘oursin diadème, le mérou brun, la posidonie, la grande nacre. « Mais, comment faire pour les faire connaître? » se demandent les élèves. Cinq élèves motivés mettent en place la création de dessins animés et d’animations pour raconter ces histoires. C’est le commencement d’un projet qui se diversifie, devenant un acteur de la ville de Nice et de sa mer. Par exemple, cette année, ils veulent participer à des événements scientifiques comme le Congrès des Nations Unies pour l’océan.

L’investissement des élèves et les partenariats :
Dans le club Mare Nostrum, l’implication et les actions des élèves varient chaque année. Certains commencent comme simples observateurs avant de s’investir progressivement. Cette année, un groupe de fidèles s’est particulièrement impliqué. Par exemple, bien que les élèves ne créent plus de dessins, ils se sont révélés très motivés lors des ateliers. « Comment aider ou s’impliquer? » : Devenir un moteur du club en participant activement aux actions. Faire connaître le club, par exemple en le mettant en avant sur Instagram. Créer des partenariats avec des associations ou entreprises (ex : Andromède Océanologie). Sensibiliser via des articles et journaux sur des sujets liés à la mer (un article sur le club a été publié il y a deux ans). Un club en constante évolution : Malgré les changements, l’essence du club reste la même : la protection de l’océan. L’organisation et la gestion du temps restent des défis importants, mais le club continue à avancer grâce à la motivation de ses membres.

Le club demande beaucoup de temps, notamment en dehors des heures de cours. Pour certains élèves, cela signifie donner de leur temps personnel afin de préparer des interventions ou d’organiser des ateliers. À la fin des sessions, les élèves ressentent souvent de la fatigue, mais aussi de la satisfaction, car ils ont réussi à transmettre quelque chose d’important. L’échange d’idées reste un élément clé du club, permettant à chacun d’apporter sa contribution et d’enrichir les projets en cours.
Au sein du Club Mare Nostrum, les idées ne manquent pas. Chaque année, de nombreux projets sont proposés, certains aboutissent, d’autres non. Le professeur qui encadre le club explique que l’essentiel est de laisser libre cours à l’imagination des élèves. Certaines initiatives prennent forme, tandis que d’autres sont abandonnées en cours de route, souvent par manque de temps ou parce qu’elles s’avèrent trop ambitieuses. L’un des projets qui n’a pas abouti concernait la création d’une pochette permettant de ramasser et stocker facilement les déchets lors du nettoyage des plages. L’idée avait même obtenu un financement, mais faute de temps, elle n’a jamais été concrétisée. Malgré cela, le club ne cesse de se renouveler et de réfléchir à de nouvelles actions pour sensibiliser à la protection des océans.
La gestion du temps et l’encadrement des élèves sur le temps périscolaire constitue la première difficulté. A cela s’ajoute l’aspect financier. L’achat de matériel repose souvent sur l’autofinancement, ce qui oblige le club à chercher des fonds. Des projets de rappels et de prévisions financières ont été mis en place, l’implication de chacun a porté ses fruits mais c’est un combat permanent. Les projets sont ambitieux, par exemple, la création de personnages scientifiques à partir de données réelles. Il fallait être précis et correct, tout en étant accessibles au plus grand nombre. Ce perfectionnisme a pu engendrer du stress et de la fatigue chez les élèves mais les membres ont réussi à s’adapter grâce à leur motivation, les élèves ont appris à gérer les imprévus et à s’adapter. L’expérience a été formatrice. Le club retient qu’il ne faut pas se décourager face aux obstacles, mais au contraire apprendre de chaque difficulté pour mieux rebondir.
Un projet qui évolue : Le club a également inspiré des changements pédagogiques :
des thèmes liés à la mer et à l’écologie ont été intégrés aux programmes scolaires, notamment en SVT. Grâce à Mare Nostrum, élèves et professeurs partagent une aventure qui va bien au-delà de l’école, leur donnant une nouvelle perspective sur l’océan et leur rôle dans sa préservation.


Yasmina Ouamar
Mary-Janred Tolentino
