Le collège Risso labellisé, la parité célébrée
Le vendredi 7 mars 2025, le collège Risso à Nice a été labellisé « égalité filles-garçons » niveau 2 grâce aux nombreux projets réalisés par les référentes égalité filles-garçons : Mmes Bartolini, professeure d’espagnol, et Guemri, professeure de français. Pour décerner ce prix, la rectrice de l’académie de Nice, Natacha Chicot, nous a fait l’honneur de sa présence.
L’égalité filles-garçons est un sujet très présent au collège Risso : de nombreux projets autour de cette thématique sont organisés pour y sensibiliser les élèves. Le vendredi 7 mars, au CDI, Mme Bartolini a organisé un atelier sur le consentement et sur la place de la femme dans la société pour les élèves de 4e1. L’enseignante leur a présenté, dans un court diaporama, des chiffres, des définitions, des statistiques qui les ont fait réfléchir.
« – 58 000 femmes déclarent avoir été victimes de viol.
– 182 000 d’agression sexuelle.
– seul 6% ont porté plainte.
– en moyenne, les femmes touchent 394€ de moins de moins que les hommes par mois.
-1 femme sur 4 dans le monde est victime de violence au sein du couple.
-133 femmes par jour sont tuées par leur partenaire ou membre de leur famille.
-129 millions de filles dans le monde ne sont pas scolarisées.
-650 millions de femme sont mariées de force avant l’âge de 18 ans. »
Les élèves ont ensuite participé à un petit jeu où ils ont été confrontés à différentes situations. Ils ont dû indiquer si celles-ci étaient normales, qui était en tort et un rappel à la loi a été fait par la professeure.
La rectrice retrouve son âme d’enfant, et se prête au jeu !



Les élèves sont très investis, ils participent, ils débattent, donnent leur avis et découvrent des réalités.
« Le principe d’égalité, dans notre pays, dans notre République c’est fondamental »
Dans une ambiance conviviale, Natacha Chicot s’adresse à un groupe d’élèves :
« Le principe d’égalité, dans notre pays, dans notre République, c’est fondamental. Respecter l’autre, quelque soit son sexe, quelque soit son genre, c’est fondamental et surtout, que l’on soit une fille ou même un garçon, je veux que personne ne s’interdise rien, que ses propres origines sociales, son genre, ne soient jamais un critère déterminant pour ses choix. C’est ça que je souhaite voir aboutir et c’est vraiment le message que je souhaite faire passer. »
La rectrice raconte « qu’on se rend compte que quand on est une femme et qu’on est nommée à un poste de responsabilité, c’est plus les autres qui vont vous poser des questions sur la manière dont vous vous organisez. »
« Plusieurs fois on m’a demandé si je voulais être appelée Madame la Rectrice ou Madame le Recteur, bien évidemment que c’est Madame la Rectrice ! Ce qui est surprenant, c’est que même si on est en 2025, on a encore des interrogations toutes bêtes, non pas sur le parcours parce que la question elle est réelle – c’est plus compliqué quand on est une femme – mais il y a encore des questions sur comment vous y arrivez. »
Elle a ensuite remis le label dans les mains de Mmes Bartolini et Guemri.


Une reconnaissance pour le collège
Après cette honorable cérémonie, Mme Comba-Sautel, principale du collège, s’est confiée à nous :
« Je ressens une grande fierté par rapport au travail qui est réalisé au quotidien par toutes les équipes de l’établissement pour casser les préjugées, et donner de l’ambition scolaire à tous les élèves, que ce soit des filles ou des garçons. Pour moi c’était très important d’obtenir ce label, d’autant que nous sommes dans un quartier avec une population qui a encore du mal à considérer que les femmes sont égales à l’homme.
C’est une reconnaissance institutionnelle, en terme de visibilité extérieure, ça envoie un message positif sur ce qu’on fait à l’intérieur du collège. Cela permet de pouvoir mettre en valeur les équipes et les projets mis en place. Il y a énormément de projets! On fait venir des écrivains, on fait venir des associations, on fait des interventions, notamment pour sensibiliser les élèves à la notion de consentement. On a rencontré des chercheuses du CNRS, des océanologues, des historiennes, qui ont montré aux élèves que, peu importe ses origines, on peut faire des métiers prestigieux.
Mais on s’est aperçu qu’on parlait beaucoup des métiers « d’hommes » qu’on pouvait faire quand on était une femme. Pourtant un élève, lors d’un conseil de classe, nous a fait remarquer qu’il y avait aussi des métiers plutôt «féminins» que peuvent faire les hommes , et ça on n’en parle pas assez ! Dans l’égalité filles-garçons, il ne faut pas oublier les garçons. »

Nous avons également demandé à Mme Bartolini ce qu’elle ressentait et si elle trouvait que sa mission était accomplie :
« C’est une reconnaissance pour le travail accompli. Maintenant la mission reste encore longue, c’est très compliqué de faire changer les mentalités surtout dans notre établissement. C’est un combat au quotidien mais on ne lâche pas, on tient bon ! Il faut essayer d’avancer et de progresser surtout dans nos actions.
C’est important de sensibiliser les élèves. D’abord parce qu’ils seront des adultes et qu’il faudra qu’ils évoluent dans la société et qu’ils se positionnent. Ensuite parce qu’un jour, ils seront parents pour la plupart, et donc ils vont transmettre des valeurs à leurs enfants. C’est un combat quotidien qu’on essaie de mener pour l’avenir de notre société même si ce n’est pas gagné tous les jours !

Cette année, cela m’a fait vraiment plaisir que la rectrice soit là pour nous féliciter, et nous récompenser pour nos actions.
Pour moi, la parité est un combat que je mène depuis plusieurs années et que je trouve vital, essentiel. Je me rends compte que malheureusement on n’a pas tous la même façon de penser et de considérer le sujet, alors j’essaie aussi de le faire passer de manière sereine parce que je pense que ce sont des petites actions comme ça qui font changer les mentalités. »
Chiara et Lucille