Synthèse : « Bonjour, êtes-vous sous pression ? » : Parcoursup, la dictature des notes.
En France, la question de l’état psychologique des lycéens est de plus en plus d’actualité. Avec l’arrivée de la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur « Parcoursup » en 2017, l’angoisse des lycéens par rapport aux notes se propage et s’aggrave. En effet, depuis 2018, on observe une « dégradation nette » de l’état mental des élèves. Une grande part d’entre eux sont plus à risque vis-à-vis de troubles psychologiques prématurés. Alors quel est l’impact de Parcoursup sur les lycéens depuis sa mise en place?

L’origine de ce logiciel :
Depuis les années 1980 jusqu’à 2008, les candidatures étaient gérées par les CPE qui rentraient à la main sur un Minitel les informations concernant l’élève et ses voeux. En 2009, ce système est remplacé par l’Admission Post Bac (ABP). Créé par Bernard Koehret, professeur à l’Institut national polytechnique de Toulouse, il est géré bénévolement par celui-ci. Il se présente sous la forme d’un service accessible via un site web du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, qui rend possible aux lycéens de terminale désirant une première année de formation en l’enseignement supérieur. Finalement après 9 ans de service, l’ABP est remplacé par le nouveau programme d’accès aux études supérieures Parcoursup. Cette plateforme permet aux lycéens français, de la métropole et d’outre mer, de déposer par eux-mêmes leur dossier scolaire pour candidater auprès de facultés, pour poursuivre leur enseignement.
La place des professeurs ?
Ce système n’implique aucune supervision de la part de professeurs et des membres du corps éducatif. Ce qui est la principale inquiétude pour les élèves, parents mais aussi professeurs, comme le dit une professeure d’histoire-géographie en tronc commun et de spécialité en HGGSP : “Je suis très partagé, on ne nous a pas demandé notre avis et je trouve que c’est une source de stress pour les élèves. Mais le contrôle continu du cycle de terminale est utile et les oblige à travailler régulièrement pendant ces deux années. Avec le nouveau baccalauréat, il y a moins d’épreuves à passer (deux en classe de première et trois en classe de terminale), ce qui est plus simple. Cependant, depuis que Parcoursup a été mis en place, j’ai pu constater que les élèves de Stanislas Nice ont été orientés selon leur choix, ce qui pour moi est très positif.”
La préoccupation des élèves :
Malheureusement, pour les élèves ce nouveau dispositif est angoissant, il crée des “problèmes”. En effet selon notre sondage :
- en classe de première, 8 élèves sur 9 sont stressés à cause des notes ; 5 sur 9 sont anxieux à cause de la pression familiale et 6 sur 9 n’apprennent finalement que pour les contrôles.
- en seconde, 9 élèves sur 10 sont stressés par les notes même s’ils ont des moyennes supérieures à 15/20 ; l’ensemble d’entre eux apprennent que pour les contrôles et 9 sur 10 sont nerveux à cause à la pression familiale.
- enfin en terminale sur une classe de 34 élèves, les ¾ sont stressés par les notes ; la moitié apprennent que pour les contrôles et devoirs sur table, et enfin la moitié subissent une pression venant de leur famille.
Pour certains élèves en terminales, se dégage un malaise à la compétition à l’échelle nationale, provoquant une peur de décevoir leur famille, une perte de confiance en soi. La différence de niveau entre les écoles accroît l’agitation de plusieurs élèves. Néanmoins, certains comme Arthur en terminale déclarent que “C’est bien d’avoir Parcoursup, car ça relève le niveau. » Mais qui connait réellement le niveau d’un élève si ce n’est l’équipe des enseignants ?
Le programme d’accès à l’enseignement supérieur Parcoursup élimine la part humaine de l’évaluation des élèves, et rend un dossier chiffré ignorant les compétences d’un grande part des lycéens. Ce qui, pour les adolescents peut altérer l’estime de soi et la confiance.
Ilona et Amalia.