INTERVIEW : A la baguette, les femmes prennent leur place !
Pendant longtemps, la direction d’orchestre était surtout un métier d’hommes. Aujourd’hui, les choses changent peu à peu. Nous avons voulu comprendre en quoi la place des femmes dans la direction d’orchestre montre que le monde de la musique classique évolue. Pour cela, nous avons contacté Alizé Léhon, révélation cheffe d’orchestre des Victoires de la musique 2026, afin de mieux comprendre ces changements

Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis cheffe d’orchestre. Je travaille avec différents orchestres en France et à l’étranger. Je suis aussi cheffe assistante à l’Orchestre National d’Île-de-France. J’aime également travailler avec des enfants et des amateurs, car la transmission est très importante pour moi.
Comment êtes-vous devenue cheffe d’orchestre ?
J’ai commencé la musique très jeune avec le violon à trois ans, puis le piano à neuf ans. Ensuite, je me suis intéressée à la direction d’orchestre à l’adolescence. J’ai pris des cours à 14 ans, puis j’ai suivi des études en conservatoire avant d’intégrer le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Mon parcours s’est construit progressivement.
En quoi consiste votre métier au quotidien ?
Le public voit surtout le concert, mais avant cela, il y a beaucoup de travail. Pendant les répétitions, il faut organiser le travail, donner des indications et s’assurer que les musiciens jouent ensemble. Il y a aussi un travail personnel de préparation en amont pour bien connaître les œuvres.
Quelles qualités faut-il pour exercer ce métier ?
Il faut des qualités humaines, de l’organisation et de la transmission. Il faut être capable de diriger tout en étant à l’écoute des musiciens. Il faut aussi un certain charisme pour inspirer le groupe.
Comment se construit votre relation avec les musiciens ?
La relation repose sur le respect et l’écoute. Je respecte leur travail, et eux respectent le mien. Il faut créer un lien pour pouvoir travailler ensemble efficacement.
Avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme ?
J’ai eu peu d’obstacles. Parfois, certaines personnes sont moins habituées à être dirigées par une femme, mais cela reste rare aujourd’hui.
Quelle est aujourd’hui la place des femmes dans la musique classique ?
Les femmes sont de plus en plus présentes et visibles, mais il reste encore des inégalités. On observe néanmoins des évolutions positives, notamment dans les nominations et les concours.
Les initiatives comme le concours La Maestra sont-elles utiles ?
Oui, elles permettent de donner de la visibilité aux femmes et de les encourager à se lancer dans ce métier. Cela montre que c’est possible.
Pourquoi la situation évolue-t-elle selon vous ?
Parce que la société évolue et que les femmes sont de plus en plus visibles dans ce domaine.
Que diriez-vous à une jeune fille qui souhaite devenir cheffe d’orchestre ?
Je lui dirais que c’est possible, qu’il faut travailler et croire en soi.
Pour conclure, avez-vous un message à transmettre aux jeunes qui souhaitent faire ce métier ?
Je dirais que même si l’on ne vient pas d’une famille de musiciens, c’est tout à fait possible de devenir musicien professionnel. Mes parents ne sont pas musiciens, et grâce aux conservatoires et aux écoles de musique, on peut accéder à ces métiers. Il faut croire en soi et se donner les moyens d’y arriver.
À travers le témoignage d’Alizé Léhon, on constate que la place des femmes dans la direction d’orchestre évolue progressivement. Les femmes occupent aujourd’hui une place de plus en plus importante, même si des inégalités persistent encore. Le monde de la musique classique devient plus ouvert et plus égalitaire.
