Portrait : Akira Toriyama, la légende morte.
Dragon Ball, un héritage pour le futur :
Akira Toriyama, décédé à l’âge de 68 ans, une mort « trop précoce » laissant « un grand vide » selon Eiichiro Oda (Créateur de One Piece).
Une œuvre délaissée ?

La naissance d’une légende.

« Tu as un don, appelle-moi vite, signé Torishima », c’est ainsi que débute la carrière de Toriyama. Traversant des périodes de marginalité et de chômage, il se retrouve sans argent. Enfin, lors des années 1970, Kazuhiko Torishima, directeur de la maison d’édition Hakusensha, découvre le potentiel d’Akira. La légende naît grâce une persévérance sans faille, et après de nombreuses tentatives de publications. Sa première œuvre publiée officiellement est Dr Slump. Akira Toriyama connait un succès immédiat pour sa publication hebdomadaire de 1980 à 1984, lui valant le Shogakukan Manga Award pour la meilleure série de shōnen ou de shōjo manga de l’année.

Dragon Ball ep063 Screen Capture 08
Ce travail hebdomadaire devient trop lourd pour lui. Il décide de passer à autre chose, à travers l’idée de Dragon Ball, une œuvre qu’il développera et travaillera pendant 11 ans. Dragon Ball devient très rapidement un succès international, reconnu notamment en Asie, mais aussi en Europe et en Amérique : les Tankōbon seront vendus entre 250 et 300 millions d’exemplaires. C’est une histoire qui connait plusieurs déclinaisons, notamment avec Dragon Ball GT, une suite alternative de l’histoire, Dragon Ball Z, et Dragon Ball Super, la suite de l’histoire de Dragon Ball, à laquelle il consacre la fin de sa carrière. Outre la rédaction sur papier, son œuvre connait une adaptation animée, des animations cinématographiques scénarisées par l’auteur, des séries non-officielles, qui ne sont pas incluses à l’histoire. L’œuvre est une véritable épopée qui séduit toutes les générations. Autre phénomène qu’est le midquel Dragon Ball Super, il continue de se développer à travers plusieurs produits.
Sans Dragon Ball, le paysage de la pop-culture japonaise serait bien différent.
« Pour moi, Dragon Ball est comme un miracle », avait déclaré son créateur dans un entretien accordé au quotidien Asahi en 2013.
Une fin de carrière précoce.
Le 1er mars 2024, le mangaka célèbre, la légende vivante, révolutionnaire du shonen nekketsu, qui continue bercer l’enfance de plusieurs générations, Akira Toriyama, est mort d’un hématome sous-dural à l’âge de 68 ans. Le mangaka avait encore de nombreuses œuvres en cours de réalisation. Son héritier ne délaisse pas son travail, Toyotarō, son collaborateur, fera perdurer son œuvre et s’occupera de la publication de Dragon Ball Super. C’est aussi en hommage à l’auteur décédé que Toyotarō nomme le chapitre 103 « Un héritage pour le futur ».

Paradoxalement, c’est en Argentine, à Buenos Aires, que l’hommage pour Akira Toriyama a pris une ampleur impressionnante puisqu’on dénombre entre 20.000 et 30.000 participants à un rassemblement Genkidama*.
*Le Genkidama est une technique légendaire de Goku, le personnage principal, qui consiste à l’utilisation de l’énergie vitale de tous les êtres vivants de la planète. Goku l’incante en levant les bras dans le ciel et en demandant aux autres êtres, notamment les humains, de faire de même pour lui transmettre leur force.
Ce geste aussi iconique que le Kamehameha a été reproduit partout dans le monde lors du week-end qui a suivi le décès du mangaka.
C’est un énorme choc que sa disparition soudaine alors qu’il était encore jeune.
Il a créé une œuvre planétaire qui a laissé une marque indélébile dans le monde du manga et de la pop culture mondiale. Souvent copié et inspirant, à quoi ressemblerait l’industrie du manga sans lui. Il a bercé la jeunesse de millions d’enfants et nous a fait rêver à travers ses aventures. Il a créé certaines des meilleures scènes cinématigraphique du monde de l’animation encore aujourd’hui. Sa perte est inestimable mais ses créations sont inoubliables. Elle aura marqué plusieurs générations partout dans le monde au même titre que Star Wars (le personnage de Son Gokû comparable à celui de Dark Vador) !
Léon S. STANISLAS