Chanson douce est un livre écrit par Leïla Slimani et publié le 18 août 2016. Il obtenait, 3 mois plus tard, le 3 novembre, le prix Goncourt. Soit dit en passant, cette auteure est la deuxième femme, en cent-trois ans, à obtenir ce prix.
Le livre s’ouvre sur la mort d’un petit garçon et de sa sœur tués par une femme. Une analepse reprend alors où l’histoire avait chronologiquement commencé : quand les Massé ont décidé d’embaucher la femme, une nounou. Et ainsi pendant tout le livre nous suivons le quotidien de cette famille dans le Paris de notre époque, Leïla Slimani nous offrant l’occasion de voir tour à tour la psyché de chacun de ses personnages. Dès les premiers chapitres l’on peut voir la différence entre Louise et une nounou ordinaire. Elle raconte des histoires où « les héros meurent à la fin, non sans avoir sauvé le monde », elle peut devenir obsessionnelle avec certaines choses et bien trop véhémente dans certaines situations.
Dans cette œuvre, on connaît déjà le dénouement dès la première ligne. Et ainsi le but n’est pas de savoir ce qui va se passer à la fin, ni comment, mais pourquoi. Pourquoi cela est-il arrivé. Le livre suit la lente descente dans la folie de Louise qui va la pousser à tuer les deux enfants.
Dans ce livre inspiré par l’affaire Yoselin Ortega, Leila Slimani use d’une écriture immersive, où le lecteur a l’impression d’avoir la scène en face. Et malgré cela l’auteure garde une main littéraire dépourvu de jugement, froide, comme un rapport médical ou d’autopsie, et foisonnante de détails. Détails qui deviennent parfois trop, puisque nous savons que le sort des deux enfants est déjà scellé et que l’on nous les présente, nous les décrit, non pas comme des enfants mais comme des personnes à part entière avec leurs sentiments et idées.
Que vous rêviez de devenir journaliste ou que vous aimez simplement écrire, Les Chroniques de Calmette sont faites pour vous ! Proposez vos articles ! Renseignements auprès de Mme Balleroy au CDI
En un an, le Covid est devenu l’ennemi à la fois des Hommes et celui de l’Art. La Joconde, la Jeune Fille à la perle et Van Gogh sont en dépression. Sur leurs smartphones, ils voient défiler avec appréhension les tweets du gouvernement : « Info-média ! Tous les lieux culturels et musées seront fermés jusqu’à nouvel ordre afin d’éviter la propagation du coronavirus. » L’annonce tombe, les œuvres littéraire, cinématographique, artistique ou musicale sont au chômage, perdent de leur valeur, tombent dans l’oubli. Que se passerait-il si d’anciennes œuvres avaient créées été au temps du Covid ?
Le Cri de Munch
Au milieu d’un pont, un homme, yeux écarquillés et bouche grande ouverte affiche une expression d’effroi sur le visage. Peut-être avait-il vu venir le monstre du Covid ? Désormais, son cri est étouffé par le masque, plus aucun trait son sur visage n’est apparent. La colère, la tristesse ou la peur n’existe plus dans ce monde de zombies. Cet homme sur son pont n’existe plus, il s’efface dans la foule, fantôme errant n’ayant plus d’individualité, ni personnalité, ni sentiment. Cette œuvre d’une symbolique nouvelle illustre le choc face à la peur existentielle de la maladie, du virus ou de la mort. Est-ce le Cri de la distanciation sociale ? De l’effondrement de la société ? Des peurs collectives ? Les mains posées sur le visage mettent-elles en évidence l’anxiété et la démesure du lavage des mains, du fait de ne pas se toucher le visage et de l’obligation de porter un masque de protection ? Ecarté de tous, comme respectant les mesures de distanciation sociale, s’éloignant de la respiration humaine, l’individu s’isole des autres, de la société, de la vie en général. Peut-être sur son pont, essaye-t-il de fuir ce monde dangereux et plein de contraintes. Il crie comme nous, Humains, pourrions crier ensemble, pour se sentir moins seuls et dénoncer la souffrance d’une planète mise sous pression et dans l’attente d’un futur meilleur. S’il ouvre la bouche, va-t-il tousser ? Si oui, la défiance pathologique des uns-des-autres causée par l’angoisse moderne face à un virus mortel qui efface petit à petit la magie de la vie. Bloqué dans un monde de peur, le Cri est un appel à l’aide, Cri de dénonciation et de désespoir. Cette œuvre emblématique, désormais utilisée par les nouvelles générations à travers les réseaux sociaux sert de protestation, de sensibilisation et de remise en question de l’anxiété causée par la menace de la pandémie mondiale. Munch a souvent représenté le désespoir et la peur provoqués par des maladies mortelles que la médecine de l’époque ne comprenait pas bien encore comme la tuberculose, la syphilis et la grippe. Son œuvre dure dans le temps puisque le coronavirus semble parfois rester un mystère sans fin.
L’art permet ainsi à l’humanité d’exprimer la beauté de l’imagination et des choses, mais aussi l’enfer parfois vécu sur Terre. Comme un refuge, il reflète les pensées humaines et délivre les peines. Sans l’art, la vie serait fade, sans couleur ni rêverie. Alors, afin de ne plus vivre dans l’aveuglement et délier les esprits, faisons tomber le masque du Covid sur la nécessité de faire vivre l’art.
Aujourd’hui, nous célébrons les 45 ans de cette grande conquête sociale venue compléter l’accès à la contraception, permettant ainsi aux femmes d’avoir recours aux moyens légaux pour maîtriser leur fécondité, condition indispensable de leur autonomie. Le droit des femmes à vivre leur sexualité sans procréer, à être enceinte ou pas, à poursuivre ou non une grossesse, à avoir un enfant, est la condition première de leur égalité avec les hommes.
Le 2 décembre 2020, le troisième Président de la Ve République Valéry Giscard d’Estaing s’éteignait après une vie entière consacrée au service des Français. Dès son arrivée au pouvoir le 27 mai 1974, un de ses objectifs se porte sur la dépénalisation de l’avortement. Il règne un contexte de tensions entre les opposants à ce projet de loi, dont notamment l’extrême droite, l’Église mais aussi certains médecins, et les partisans d’une conquête de liberté pour les femmes. Le 26 novembre 1974, au Parlement, Simone Veil, alors ministre de la Santé dans le gouvernement Jacques Chirac, défend devant une assemblée composée à 98% d’hommes, la loi dépénalisant le recours à l’irruption volontaire de grossesse (IVG). Elle soutient qu’« aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. […] C’est toujours un drame [et] doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue ». La loi Veil est promulguée le 17 janvier 1975, faisant de Simone Veil la figure immortelle des droits des femmes.
L’auteure française Valentine Goby publie en 2008 son révoltant roman Qui touche à mon corps je le tue. Les chemins de vie de trois personnages s’entremêlent autour d’un même point commun : l’avortement pendant la seconde guerre mondiale. A une époque où les femmes ne sont que reproductrices de futurs soldats, Lucie L. avorte de son enfant, Marie G. fait avorter illégalement des femmes et le bourreau Henri D. fait tomber la lame lourde de la guillotine sur le cou des avorteuses. A travers l’enfance, la vie adulte et le destin de ses trois personnages, la société de l’époque se dessine. La brutalité de ce roman témoigne de l’engagement de l’auteure à ce problème sociétal et fait prendre conscience d’une cause n’ayant, à l’heure actuelle, pas encore de solution partout dans le monde.
Rencontre avec Valentine Goby, auteure de Qui touche à mon corps je le tue.
Pourquoi avoir choisi d’écrire sur la question de l’avortement ?
La question du corps féminin […] m’interroge beaucoup. […] Au fond c’est peut-être ça la vraie question du livre Qui touche à mon corps je le tue : à qui appartient le corps en général et en particulier celui des femmes ? Est-ce que c’est la société qui doit décider ? Est-ce que c’est la religion ? Est-ce que c’est l’État et la justice ? Ou est-ce que c’est l’individu ? Il semblerait bien que l’individu soit sacrifié à tous les autres.
Je raconte l’histoire [L’Echappée] de ce personnage de fiction qui vit dans sa chair ce que beaucoup de femmes ont vécu. Et à cette occasion-là, je lisais beaucoup les journaux de l’époque et je suis tombée sur un journal de 1943 avec un entrefilet, du type un peu fait divers, qui disait que le 31 juillet 43, Marie-Louise Giraud, avorteuse, avait été décapitée à la prison de la Petite Roquette. […] Dans le cas de Qui touche à mon corps je le tue, ce n’est pas un châtiment populaire mais ça reste un châtiment collectif puisqu’il s’agit de la Justice, de l’Etat et de la Loi. Et tombant sur cet article, j’avais été très frappée par ce face à face entre la peine de mort et l’avortement. Ça m’avait semblé d’une violence totale. Il y avait vraiment un sentiment d’urgence pour moi d’écrire et d’investir ces personnages. J’ai ainsi créé le personnage de Lucie (en plus du bourreau et de Marie G déjà existant) qui pourrait être n’importe quelle jeune femme de l’époque mais qui me donne la liberté, à moi aussi, d’explorer mes propres raisonnements, mes propres sentiments, mes propres sensations.
Pourquoi avoir choisi une manière d’écrire si fiévreuse et crue, à la limite du supportable, comme sans espoir, mettant parfois mal à l’aise, faisant ressentir un grand moment de solitude ?
Pour toutes ces raisons [rires] : pour déranger, pour que ce soit à la limite du supportable. En fait, moi je crois que la littérature doit devenir une expérience. […] J’aime emmener des lecteurs dans des univers et dans des moments de vie qui leur seront inaccessibles autrement. […] C’est une expérience du corps qui est au centre, alors je dois écrire depuis le corps. Le but ce n’est pas de faire joli, c’est de faire réfléchir à ce que c’est qu’un avortement clandestin et pour cela il faut raccrocher de l’expérience. Il ne s’agit pas d’horrifier outre mesure, ni de tirer des larmes. Il s’agit juste de rapporter des faits : ce que c’est qu’un avortement avant la loi Veil. Et si ça fait mal, ma foi tant mieux : oui c’est vrai que ça fait mal. C’est parce que ça fait mal que c’est terrible et c’est parce que l’on peut avoir des hauts le cœur et une terreur de cette expérience qu’on peut faire quelque chose après. […] De toute façon, dès le début le titre donne la couleur. Je n’écris pas pour le confort, je ne suis pas sur le divertissement.
Il y a une omniprésence du corps tout au long du livre et pour chacun des personnages. Que représente pour vous le corps ?
[…] Le corps ça peut être un emprisonnement complet, un emmurement, d’abord parce qu’on ne le choisit pas au départ. Mais la question est particulièrement violente et quand il s’agit des femmes, puisque les femmes subissent dans leur corps des phénomènes qui sont à la fois incroyables et dont elles sont tout à fait impuissantes même si elles ne profitent pas de l’aspect positif de la chose. […] Le corps féminin est vraiment traversé par cette double question de l’assujettissement et la libération. Après, il y a ce qu’on fait de son corps et aussi la façon dont la société évidement accentue ou non la sensation qu’on a de l’emprisonnement, soit au contraire de la liberté.
Pour vous, le thème est toujours important, d’actualité ?
Bien-sûr. […] Je suis un peu étonnée parce que je suis de la génération des femmes qui ont tenu le droit à l’avortement. J’ai hérité de leur volonté de combattre une société patriarcale. […] Je vais beaucoup dans les classes parler de ces sujets parce que je suis invitée grâce aux livres notamment et je constate qu’y a un petit retour de conservatisme assez [elle réfléchit quelque instant] inquiétant. […] Il y a une méfiance générale envers les outils qui nous semblaient libérateurs et extraordinaires par exemple la pilule. […] Je vois beaucoup de jeunes filles qui ne veulent par exemple pas prendre la pilule et qui s’exposent quand même à des risques extrêmement élevés de grossesse. L’avortement n’est pas une contraception. Comme je travaille beaucoup avec les lycées et les assistances sociales, je me rends compte que le taux d’avortement est quand même très élevé. L’avortement c’est toujours pénible. […] Bon après, peut-être qu’il faudrait aussi un peu plus mettre en responsabilité les hommes, comme ça tout ne reposerait pas sur les jeunes filles et les femmes. Je pense qu’il y a trente ans, on n’aurait jamais évoqué la question, même sur la place publique. Donc ça c’est formidable et vraiment intéressant mais comme quoi il faut continuer à se battre, pour que ces libertés ne disparaissent pas.
Les réseaux sociaux nous semblent, pourtant, à nous, nouvelle génération, un moyen d’expression et de partage d’informations, de débats sur des sujets polémiques tels que l’avortement. Qu’est-ce que vous en pensez ?
Moi, je n’ai rien contre les réseaux sociaux mais ceux qui partagent ce genre d’informations, vous y allez parce que vous êtes déjà mobilisés, ça vous questionne déjà. Par contre, tout ceux qui sont dans la méfiance, la réticence ou simplement qui n’ont pas cette ouverture là parce que chez eux il n’y a peut-être moins de discussions sur ce sujet ou que les parents ont des idées un peu plus arrêtées. Ils n’ont pas forcément accès à cette autre parole. A part à l’école, ça j’y crois beaucoup, le milieu scolaire, où est-ce que vous allez trouver de la contradiction ? Voilà, c’est pour ça que je crois que le lycée est un enjeu colossal sur ces questions-là. […] L’information de débat c’est essentiel.
A chaque époque son problème ?
En fait, je crois qu’il y avait tous les problèmes et qu’on a commencé par certains. […] On a commencé par libérer le corps. Que les femmes puissent : 1. Avorter, 2. Prendre une contraception, 3. Travailler et ouvrir un compte en banque, 4. Divorcer. Giscard D’Estaing est mort il n’y a pas longtemps, il ne faut pas oublier que sans lui, la loi Veil n’aurait pas existé. […] Aujourd’hui, je suis très ennuyée par la place des femmes dans le monde du travail, y a beaucoup à faire avec les inégalités salariales, la place des femmes dans la hiérarchie, les places de pouvoir. […] Disons que la tâche n’est pas finie. Il vous incombe encore beaucoup à faire. Là, ce qu’il s’est passé avec Metoo, la prise de conscience des violences et du harcèlement en grande majorité contre les femmes : c’est un mouvement inouï, complétement inédit. Donc faut absolument continuer : c’est le début de quelque chose.
Au-delà de la démocratie française fidèle aux principes de droit et de liberté, il existe encore de nombreuses inégalités jusqu’à des actes barbares envers les femmes dans certains pays ; le monde d’aujourd’hui fait-il peur, aux femmes, aux jeunes filles qui plus tard devront se battre pour leurs droits mais aussi aux hommes qui vont devoir les soutenir et les défendre ?
Je ne suis pas sûre qu’il fasse plus peur qu’avant, ça devait être encore pire pour ce qui relève des femmes. Si, il fait peut-être plus peur aux hommes maintenant. [Rires] Il y a pleins d’hommes formidables qui réfléchissent à ces questions maintenant et qui sont des alliés indispensables pour que l’égalité existe vraiment. Et il y en a qui doivent un peu trembler sur leurs pattes parce qu’évidemment les femmes ne se laissent pas faire : on ne peut plus mettre de mains aux fesses impunément à n’importe qui. [Rires]
« Souffle, sers les dents/ Comme d’hab tu te tais/ Souffle, sois prudente/ Marche sur le trottoir d’à côté/ T’es une pouf, c’est devenu courant/ De l’entendre trois fois par journée/ « T’as un num? »»
Dans sa chanson « SLT », la chanteuse française Suzane témoigne du harcèlement moral et physique que peuvent subir les femmes et les jeunes filles au quotidien. En effet, elles sont victimes de comportements déplacés dans les établissements scolaires, dans la rue et les transports en commun, au sein de la famille ou des relations sociales.
Cette peur constante que peuvent ressentir les femmes provient de la pression sociale exercée dans tous les domaines. Comment s’habiller ? Comment se comporter ? Quelle place prendre dans un espace ? La socialisation différentielle selon le genre attribue aux différentes catégories des normes, des valeurs, des comportements et des pratiques opposées. Dès l’enfance, on apprend aux filles à être sages, douces, sensibles, un peu naïves. Elles sont formatées selon des schémas anciens : une étude de 2017 de l’université de Fribourg en Suisse montre que les adolescentes adhèrent de manière souvent inconsciente aux stéréotypes de genre et font souvent des choix d’orientations et de carrières qui correspondent aux normes sociales afin d’être mieux acceptées par leurs pairs et la société. Elles se dirigent vers des schémas traditionnels de femmes à temps partiel avec un mari qui assume les besoins de la famille.
« Ces cases dans lesquelles la société veut nous faire rentrer, je ne les ai jamais comprises J’ai toujours aimé jouer aux jeux ou faire des sports “de garçon”. Il y a environ deux ans, j’ai eu envie de me couper les cheveux très courts, j’ai choisi de porter des vêtements plus masculins : des joggings, des baskets aux couleurs plus sombres donc souvent “plus attribuées aux garçons” et j’ai voulu faire des sports comme le judo, le basket et plus récemment le hockey sur glace. […] Ma sœur, elle, est féminine et fait très attention à son image. J’ai vu de quelle manière les hommes la regardaient, les remarques ou les phrases de drague dont elle a été victime dans la rue. Ça ne me plaisait pas pour elle et moi non plus je ne voulais pas avoir peur de montrer mes formes. En ressemblant plus à un garçon, je pense que j’évite toute cette violence que peuvent subir les autres jeunes filles de mon âge. » L.
La situation dans les transports en commun illustre aussi ces pressions que peuvent vivre les femmes comme les jeunes filles. Le « manspreading » est un concept développé par des féministes américaines pour désigner une posture adoptée par certains hommes dans les métros, consistant à s’asseoir en écartant les cuisses et en occupant alors plus que la largeur d’un siège. Le terme peut se traduire en français par « étalement masculin ». Il s’oppose à la pratique du « womancrossing » qui est une tendance féminine qui consiste à croiser les jambes assises dans des lieux publics. Hommes et femmes n’occupent donc pas également l’espace. La question de la mixité dans les transports peut alors être débattue : depuis 2005 à Tokyo, des rames de trains sont dévolues aux femmes pour éviter le « chikan », les attouchements sur des personnes non-consentantes ; à l’inverse, durant la grève début décembre 2019, la SNCF a dû démentir l’information provenant des réseaux sociaux selon laquelle des rames du RER B auraient été réservé aux femmes. Par ailleurs, dans un rapport du gouvernement français sur le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en communs, 100% des utilisatrices des transports en commun ont affirmé avoir été, au moins une fois dans leur vie, victimes de harcèlement sexiste ou d’agressions sexuelles. Les jeunes femmes sont particulièrement concernées : dans plus de 50% des cas, la première agression intervient avant 18 ans.
En effet, les jeunes filles sont victimes d’agressions morales et physiques de plus en plus jeunes. Léa (prénom modifié), 15 ans témoigne : « Un jour de vacances, je suis allée à la piscine avec deux copines. Dès notre arrivée, on a repéré un groupe d’environ dix garçons de 17 à 20 ans. Ils abordaient les filles, leur demandaient des massages ou leur numéro. Ils voulaient se faire remarquer. Au début, ils ont juste demandé le numéro de ma copine, elle a refusé. Une heure après, on était toutes les trois dans l’angle du petit bassin et une de nous était assise sur le bord. Tout à coup, cinq ou six garçons de ce groupe se sont rapprochés de nous et nous ont encerclées sans qu’il n’y ait d’issues pour sortir. Ils ont commencé à nous parler agressivement pour savoir pourquoi ma copine n’avait pas voulu donner son numéro ; ils essayaient de nous mettre la pression. Elle, elle était intimidée et n’osait pas répondre ; ils lui faisaient peur, et en jouaient. Aucune de nous ne parlait. Ils nous ont traitées de “bouffonnes”. Un des garçons nous a même lancé de l’eau au visage. On a fini par réussir à sortir. On a dû changer nos serviettes d’endroit parce qu’ils savaient où on était. On est parties plus tôt parce qu’on a vraiment eu très peur. » Léa (prénom modifié)
Les femmes plus âgées ne sont pas épargnées pour autant.
« Alors que plusieurs de mes copines trouvent ça flatteur que les hommes les abordent ou les sifflent dans la rue, je trouve ça dégradant, avilissant.
Lors d’une soirée, mes amis s’étaient éloignés et j’étais seule sur la piste de danse. Soudain, un jeune homme arrive vers moi et s’approche de plus en plus. Il a avait bu et fumé mais j’ai bien vu qu’il n’était pas si menaçant. J’ai d’abord eu le réflexe de penser à faire un mouvement de recul mais j’ai décidé que ce serait à lui de s’écarter physiquement et pas à moi. J’ai alors mobilisé tout mon courage pour le mettre à distance en éloignant son torse avec ma main. Ça m’a fait vachement de bien qu’il ne pénètre pas dans ma zone. En tant que femme tu te dois d’évaluer le danger. » Céline, 47 ans.
Dangers et peurs que les femmes peuvent parvenir à surmonter en libérant leur parole comme au sein d’associations telles que « Accueil Femmes Solidarité » de Nice.
Murielle, conseillère d’accueil à l’association explique : « Je reçois les appels et suis à l’écoute des femmes battues au sein du couple. Ces violences touchent tous les quartiers de la ville, les femmes de tous âges, toutes religions, cultures, et milieux sociaux. »
Les femmes victimes de violences conjugales ont principalement peur que ce cauchemar recommence quotidiennement en restant au domicile qu’elles partagent avec leur conjoint. Cependant, quitter leur compagnon sous-entend cumuler des difficultés liées à l’engagement dans une nouvelle vie et pire, risquer de perdre la garde des enfants. « On leur dit qu’il existe des solutions et qu’il ne faut pas perdre courage. » L’association prend en charge ces femmes et les aide dans les démarches administratives, mais aussi juridiquement, médicalement et psychologiquement. « On travaille avec des avocats, des médecins, des assistantes sociales et des psychologues. On organise aussi des ateliers pour redonner confiance en soi. »
En définitive, la peur dans laquelle peuvent vivre les femmes et les jeunes filles peut être présente dès le plus jeune âge. Si par ailleurs, en parler à un membre de la famille, un proche, une personne de son entourage professionnel, ne suffit pas, alors il existe un numéro téléphonique d’écoute à destination des femmes victimes de tous types de violences : le 3919 « Violences Femmes info ». Il propose une écoute, une information et une orientation adaptée vers des dispositifs d’accompagnements et de prise en charge ; tout ceci anonymement et gratuitement. Alors n’hésitons plus, ne soyons plus « flippées » et brisons le silence.
Contact association « Accueil Femmes Solidarité » :
Originaire d’Afrique du Sud, Caster Semenya est une coureuse de demi-fond âgée 28 ans. Elle s’est fait remarquer aux championnats du monde d’athlétisme de Berlin en 2009. Depuis, elle a remporté de nombreux championnats du monde et médailles d’or olympiques. Son cas nous intéresse aujourd’hui, car elle est une personnalité étonnante. Elle fait partie des 1,7 % de personnes intersexuelles dans le monde. Elle a des caractéristiques physiques plutôt masculine : sa voix est très grave, elle a beaucoup de muscles, des épaules très développées, une grande taille. Biologiquement, elle a des différences avec les autres sexes « féminin » et « masculin ». Elle est, en effet, née avec 46 chromosomes mais dont deux pairs XX et XY.
Que s’est-il passé ?
En raison de son énorme succès après avoir remporté une médaille d’or en 2009, Semenya a été soumise à un test de féminité par l’IAAF (Association internationale des fédérations d’athlétisme) ;ce test est pratiqué lors des compétitions sportives.
Les résultats ont indiqué qu’elle avait des traits intersexuels, mais elle était toujours autorisée à concourir dans les courses féminines en 2010.
Quelques années plus tard, en 2017, des médecins et d’autres concurrents lui reprochent à plusieurs reprises d’avoir un « avantage injuste » car Semenya a naturellement une quantité de testostérone dans le sang bien supérieure à celle d’une femme moyenne, avec environ 10 nmol / l. Ceci empêche donc aux autres concurrentes d’être sur un même pied d’égalité et d’avoir les mêmes chances de gagner : elle constitue une menace pour les autres sportives.
Enfin, l’IAAF a défini cette année une nouvelle règle selon laquelle les femmes qui ont plus de 5 nmol / l dans le sang doivent prendre des médicaments qui abaissent leur taux de testostérone pour qu’une concurrence loyale puisse être assurée.
Comment la testostérone affecte-t-elle les capacités sportives ?
L’hormone testostérone est produite par les hommes et par les femmes et a de nombreux effets sur le corps. Mais les hommes produisent beaucoup plus de testostérone que les femmes :
quantité moyenne produite par les hommes: 10,4-34, 7 nmol / l
quantité moyenne produite par les femmes: 0,5 à 2,4 nmol / l
La testostérone est très utile pour la construction musculaire et augmente considérablement les capacités sportives, c’est la raison pour laquelle elle est souvent utilisée pour le dopage.
Dans quelle mesure peut-on critiquer la décision de l’IAAF ?
Le Conseil des Droits de l’homme des Nations unies a notamment déclaré que cette règle allait à l’encontre des droits de l’homme tels que le droit à l’égalité, la non-discrimination et le plein respect de la dignité et de l’autonomie physique de la personne. En effet, l’athlète est née avec ce taux de testostérone, elle n’y est pour rien.
Les médecins ont également expliqué que si la prise de ces médicaments abaissant la testostérone était sans danger pour le corps humain, ils ignoraient quels en étaient les effets secondaires éventuels.
De nombreuses personnes se demandent également si c’est uniquement le niveau de testostérone plus élevé de Semenya qui améliore ses résultats, ou s’il existe également d’autres composants qui jouent un rôle à cet égard.
En fin de compte, prendre ces médicaments signifierait pour Semenya de réduire artificiellement son potentiel naturel en tant que compétitrice.
À la suite de cette affaire, les avis ont été partagés entre les informations médicales, le soutien à apporter à Caster Semenya ou encore à l’égalité entre les sportives. La solution reste encore introuvable tant cette affaire est complexe. Certaines personnes ont jugé la décision de l’IAAF « discriminatoire », voire « raciste ». « Elle efface les actes de Semenya en tant que personne, en tant qu’athlète, en tant que personne qui s’entraîne dur », selon la ministre sud-africaine des Femmes Bathabile Dlamini. La question qui s’est aussi posée est si l’athlète doit concourir dans la catégorie des hommes, en ayant pour autant moins de chances, car son niveau de testostérone n’est pas assez élevé pour égaler celui de ses concurrents, ou doit-elle rester avec les femmes tout en prenant des médicaments.
De plus, beaucoup pensent que le monde du sport est, depuis de nombreuses années, très catégorique et pose des barrières pour les athlètes de sexes et de genres différents. Dorénavant, des sportifs et sportives luttent pour trouver une égalité dans les compétitions. De nouveaux types d’épreuves (encore très peu populaires) ont été créés pour permettre à toutes ces personnes de participer et de concourir : catégories LGBT, Gay Games.
Le procès de Caster Semenya avec le TAS (Tribunal Arbitral du Sport) est toujours en attente. L’athlète reste pourtant positive et compte bien se battre pour poursuivre sa passion : « Depuis une décennie l’IAAF a tenté de me faire ralentir, mais cela m’a rendue plus forte encore ».
Un projet citoyen sur la biodiversité en ville, par des secondes du lycée CALMETTE
La biodiversité représente la diversité du vivant. Cela recouvre l’ensemble des milieux naturels et des formes de vie : plantes, animaux, champignons, bactéries etc…
Il y a trois formes de biodiversité : la biodiversité génétique, celle des espèces et enfin celle des écosystèmes.
Elle est très importante pour le développement naturel de notre environnement. Une grande biodiversité favorise l’augmentation de la stabilité et de l’adaptabilité de la biosphère face aux changements des conditions environnementales. Actuellement, elle est en grand danger dans le monde entier, car l’homme est la cause de beaucoup de changements sur notre planète, pour la plupart négatifs. Cependant, il a pris conscience depuis plusieurs années des conséquences de ses actes et essaye malgré tout de faire des actions pour protéger la biodiversité qui est primordiale à notre existence.
C’est ainsi que pendant plusieurs semaines, nous, élèves de la classe de 2nd 10 de CALMETTE, avons travaillé sur un projet favorisant la biodiversité en ville.
La première étape a été de faire des recherches sur la biodiversité pour mieux la connaitre et en apprendre plus sur ce qui la compose. Nous avons recherché les impacts négatifs et positifs de l’homme sur elle et, nous avons vu qu’elle pouvait rendre des services aux écosystèmes et aux hommes (pollinisation, tourisme, régulation du climat …). Nous avons ensuite, par groupe, présenté un exposé devant la classe pour mettre en commun ce que nous avions trouvé.
Lors de la seconde étape, toujours par groupe, nous avons construit des aménagements par nos propres moyens afin de préserver la biodiversité. Ils sont situés au lycée, ou dans des jardins privés en ville. Voici les actions réalisées : deux projets de nichoirs, deux projets de mangeoires, des plantations d’espèces mellifères (plantes à nectar attirant les insectes pollinisateurs), des graphes pour sensibiliser à ne pas jeter les déchets, un hôtel à insectes, ainsi qu’un questionnaire et des photos sur la biodiversité en ville.
La dernière étape a été de communiquer sur notre projet, de façon collective, grâce à l’article dans le journal du lycée et aux photos visibles au CDI.
Notre projet fait même partie des gagnants du concours des trophées de l’environnement de Nice !
Les moineaux se font de plus en plus rares en ville à cause de l’activité des hommes qui attirent avec ses déchets des goélands qui les font fuir. Les oiseaux sont importants dans la biodiversité car ils permettent de réguler la population d’insectes en ville et de disséminer les graines. Alors on s’est tous mis au travail en se retrouvant un après-midi et on a construit un beau nichoir à oiseaux grâce à des légos, un rouleau de papier toilette et notre imagination. Ainsi recyclés, ces légos permettent aux moineaux d’avoir un endroit où dormir.
Pour notre action nous avons choisi de construire un nichoir à mésange. En effet, l’installation de nichoirs est importante puisque ces oiseaux sont cavernicoles. Nous avons remarqué que les mésanges étaient très présentes à Nice, elles sont utiles car ce sont un des principaux prédateurs des larves de chenilles processionnaires. Leur habitat est en déclin pour diverses raisons (arbres coupés au profil du « rendement agricole », pollution, etc.). Ces nichoirs sont donc volontiers acceptés comme substituts et peuvent fixer définitivement les oiseaux dans un jardin. C’est donc très important d’une part pour eux mais aussi pour la biodiversité dont ils font partie.
Même si cela peut avoir quelques points négatifs minimes : les nichoirs ne sont adaptés qu’à certaines espèces d’oiseaux, ce qui peut les privilégier par rapport à d’autres. Cependant il n’y a pas vraiment d’aspects négatifs car le nichoir sert à préserver la biodiversité.
On peut le considérer comme un service écosystémique de soutien (conservation de la biodiversité) de plus il a des effets indirects en favorisant la reproduction de ces espèces et permet donc de maintenir leur rôle écologique et de limiter le recours aux produits chimiques contre les insectes, les limaces, les campagnols. Nous avons utilisé pour la construction de ce nichoir, le bois que nous avions à notre disposition (plus écologique).
Si chaque élève avait une mangeoire sur son balcon ou jardin, cela aurait un impact réel. Les oiseaux permettent en effet la dissémination des graines et contribue également à réguler les populations d’insectes en ville.
Pour notre projet de biodiversité mené tout au long de l’année de seconde avec Mme LYON-AUREGLIA , nous avons décidé de fabriquer avec nos propres moyens des mangeoires à oiseaux. Nos mangeoires ont été fabriquées avec des bouteilles vides, des baguettes chinoises, des fils de fer, et enfin des graines à oiseaux.
Par la construction de ces mangeoires à oiseaux, nous avons favorisé la biodiversité en centre-ville et le développement des oiseaux à Nice. Ce développement est nécessaire parce que :
les oiseaux régulent le nombre d’insectes en ville (blattes, mites, cafards).
ils disséminent à travers la ville les graines des fruits qu’ils mangent.
Nous avons décidé de créer un hôtel à insectes. Cet hôtel permet la survie hivernale d’insectes et d’arachnides; espèces indispensables dans des écosystèmes où la pollinisation et la biodiversité sont recherchées. Il pourrait avoir un intérêt majeur sur notre vie et la biodiversité en ville. On ne verra pas directement son impact sur nos vies mais cet hôtel pourrait contribuer au maintien des services écosystémiques liés aux insectes (comme la pollinisation, l’équilibre des réseaux alimentaires, lutte contre des insectes dits nuisibles …)
Notre projet est de sensibiliser les lycéens de CALMETTE à ne plus jeter leurs déchets par terre et plus particulièrement leurs mégots. Pour cela nous avons tagué avec l’association Paddle cleaner, un slogan entourant une tortue « NE PAS JETER – TOUT PART A LA MER ». La peinture étant biodégradable, ces tags n’auront que quelques mois d’existence et ne polluent pas l’environnement. A ce jour, les tags ont presque disparu. Nous envisageons de recommencer l’expérience à la rentrée de Septembre. Nous constatons l’absence de déchets sur le sol excepté les mégots toujours aussi nombreux, sûrement à défaut d’avoir pu faire installer devant le lycée un cendrier.
Campagne de communication
La fourmi appartient à la famille des Formicadae. Il existe plus de 1200 espèces découvertes en 2013. Elles sont comestibles car elles sont riches en protéines et en lipides. La fourmi est un bon indicateur de pollution, plus il y a de fourmis, moins il y a de pollution.
Le hérisson est un mammifère commun dans toute l’Europe. Cet animal est cependant de moins en moins visible en ville. En France, il est protégé sur le territoire depuis 1981 mais est malgré tout sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature.
Les orangers ont une utilité comestible (grâce aux fruits qui y poussent) mais aussi médicinales. On utilise en phytothérapie des extraits de leurs fleurs, de leurs feuilles et de leurs fruits. En aromathérapie les huiles essentielles sont distillées à partir des fleurs (huile essentielle de Néroli), des feuilles et des jeunes rameaux (huile essentielle de petit-grain), des écorces et des fruits (huile essentielle d’orange).
Dans le cadre du projet scolaire, nous avons interrogé des passants dans le centre-ville, en leurs faisant répondre à un questionnaire.
Nos questions portaient principalement sur leur vision de la biodiversité à Nice, sur l’impact de l’homme sur la biodiversité ainsi que ce qu’il pourrait faire pour la préserver. Les réponses du public étaient assez répétitives, par exemple, la plupart des personnes interrogées pensent qu’il y a seulement des oliviers, des pigeons, des pins et des orangers à Nice. Or, la ville de Nice regorge de nombreux végétaux et animaux. Nous avons choisi quelques exemples ci-dessus.
Nous avons ainsi prouvé que la biodiversité à Nice était beaucoup plus variée que ce qu’ habitants et touristes pouvaient penser.
Nous avons labouré la terre et planté deux types de graines : la nigelle de Damas et la monnaie du pape. Nous avons ensuite collé des affiches signalant que c’était un projet favorisant la biodiversité. La première semaine, nous avons arrosé les plantes qui nécessitaient un arrosage hebdomadaire. Mais nous avons, par la suite, oublié de les arroser. Heureusement, notre professeur y a pensé et nos plantes ont poussé.
Ce projet favorise la pollinisation et aide à conserver la biodiversité car suite à l’apparition des fleurs, des insectes comme les abeilles peuvent venir les polliniser (permettant leurs reproductions) tout en s’y nourrissant.
Certains élèves de la classe AbiBac (section binationale franco-allemande) du lycée Calmette participent à l’échange Brigitte Sauzay. Ce programme créé en 1989, offre la possibilité de passer 2 semaines à 2 mois en Allemagne ou en Autriche chez un/une correspondant(e). Les élèves français vont à l’école allemande et inversement. Cette expérience à l’étranger permet, de connaître une nouvelle culture, un enrichissement personnel, d’améliorer son niveau en langue et d’approfondir des connaissances intellectuelles et sociales.
C’est pourquoi, dans cette rubrique « Voyage », certains récits et journaux de bord vont être tenus pour vous faire partager nos expériences et faire découvrir ces pays.
27.04.2019
Je pars à Hanovre, en Allemagne, pour vivre deux mois chez une correspondante.
Pendant la semaine, Nilufar et moi allons à la Bismarckschule. Elle a cours de lundi jusqu’à vendredi, mercredi compris. Pourtant, j’ai pu remarquer de grandes différences avec les écoles françaises en général.
En Allemagne, le système scolaire est différent du nôtre.
À partir de 6 ans, du CP (1. Klasse) au CM1 (4. Klasse), les enfants vont à la Grundschule qui correspondrait à l’école primaire. Après ces quatre ans, ils sont répartis dans les différents types d’établissements secondaires en fonctions de leurs capacités : Hauptschule, Realschule et Gymnasium.
• La Hauptschule dure 5 ans et prépare les élèves à l’apprentissage. À la fin de leur scolarité, ils obtiennent un certificat qui leur permet de continuer leurs études ou de commencer à travailler.
• La Realschule dure 6 ans. Après l’obtention de l’examen de fin d’études (Mittlere Reife), les élèves peuvent faire un apprentissage d’un métier ou aller au lycée pour obtenir un diplôme qui leur permet d’accéder aux écoles supérieures. Cette école permet aux élèves de se professionnaliser dès un certain âge.
• Le Gymnasium dure 8/9 ans et prépare les étudiants aux études supérieures et se termine avec l’Abitur (= baccalauréat).
Depuis peu, un nouveau type d’école s’est développé : la Gesamtschule, qui réunit les trois filières scolaires pour éviter une orientation trop précoce.
L’établissement de Nilufar est très grand. Il est séparé en deux bâtiments : un ancien et un moderne. Il y a, comme dans notre lycée, une cantine, une cafétéria et une bibliothèque.
Les cours durent 45 minutes. Il y a la plupart du temps des Doppelstunde (heures doubles) qui durent donc 1h30. Entre chaque Doppelstunde, les élèves ont une pause de 20 minutes. La cour de récréation est grande. Il y a un terrain de basket, de foot, de handball et une aire de jeux pour les plus petits. Lors des pauses, les élèves peuvent aussi aller dans une salle de repos où sont installés des canapés, un baby foot, une table de billard et de nombreux jeux sont mis à disposition.
En classe, j’ai pu observer que les élèves sont très calmes et écoutent. Même si les professeurs sont sympathiques, ils restent quand même très stricts avec les élèves. Le déroulement des cours est à peu-près le même avec chaque professeur : les élèves résument ce qu’ils ont appris du cours précédent, le professeur leur demande ensuite de faire une série d’exercices qu’ils corrigeront plus tard. Une autre différence avec la France est que chaque professeur enseigne deux matières : le professeur de politique est, par exemple, aussi professeur de sport. Il existe aussi des cours de religion. En fonction de sa religion, chaque élève va dans un cours différent. Ce ne sont pas des cours ou les élèves doivent apprendre tous les détails de leur religion mais parleront plutôt de philosophie pour avoir des leçons de vie. En y allant, j’ai trouvé ce cours vraiment intéressant.
Les élèves sont, comme en France, aussi très intéressés par leurs notes. Le système d’évaluation est différent : les notes vont de 1 (meilleur résultat) à 6. Je ne serai pas en mesure de comparer le système d’apprentissage des élèves allemands et français, car je pense qu’il y a des différences dans chaque école. Par ailleurs, leur emploi du temps leur permet de finir les cours à 13h20 tous les jours ce qui est beaucoup mieux pour réviser ou avoir du temps libre.
D’un point de vue matériel, j’ai trouvé amusant que les tableaux nécessitent tous des craies. J’ai aussi été séduite par le fait que les Allemands se sentent très concernés par la protection de l’environnement. Les autres pays devraient suivre leur exemple à l’image des nombreuses poubelles de recyclage pour papier, plastiques et bouchons de bouteilles mises à disposition dans l’enceinte du Gymnasium.
Enfin, pour enrichir les connaissances d’autres nationalités et cultures au sein du Gymnasium et entre les élèves, de nombreux correspondants étrangers viennent chaque année faire des échanges avec d’autres jeunes de l’établissement.
En tant que correspondante étrangère, le lycée me plaît et j’y apprends beaucoup de choses.
Si vous avez n’importe quelle question sur l’école en Allemagne, n’hésite pas à envoyer un mail au journal 🙂