Semences en danger : la fin des haricots ?

Article réalisé par Clara Hérant (4e6)

Aujourd’hui, les trois quarts des variétés de semences ont disparu. Les principales causes sont: la réglementation, l’agriculture intensive et la privatisation du vivant. La privatisation du vivant signifie que les semences ne sont plus un bien public (bien qu’elles soient à la base de notre alimentation), mais appartiennent à de grandes entreprises telles que Monsanto ou Limagrain. Cela pourrait avoir de graves conséquences sur notre avenir…

1) Les causes

a) La réglementation

Une des nombreuses causes de la disparition des semences est la réglementation : en Europe, si une variété de semences est cultivée, il faut obligatoirement que celle-ci soit inscrite dans le catalogue officiel et pour cela, la plante doit répondre à 3critères: homogénéité, stabilité et distinction. Les problèmes sont les suivants: les critères imposés par le catalogue officiel sont très difficilement atteignables pour une plante « naturelle » (non changée ou renforcée à l’aide de chimie). Le deuxième problème concerne également les critères du catalogue, car ils ne prennent compte en aucun cas de l’aspect sanitaire du produit. Le fait que les plantes n’ayant pas subi de traitements chimiques ou de changements par le biais de l’intervention humaine n’arrivent pas à atteindre les idéaux fixés par le catalogue signifie qu’il n’y a presque aucun obstacle à la culture et à la commercialisation d’OGM ou hybrides.

La « technologie OGM » (Organisme Génétiquement Modifié) a été inventée dans les années 1970. Cette technique consiste à modifier génétiquement un organisme, c’est-à-dire détruire un gène et le remplacer par un autre gène, qui rendra la plante plus résistante.

D’après Christian Vélot, il faut se méfier des OGM, car pour lui, ils représentent un danger pour notre santé. Mais certains scientifiques nient ces accusations en prenant comme exemple les Etats-Unis qui consomment des OGM depuis 20 ans et dont les habitants ne sont pas malades. Mais c’est oublier qu’il n’y a presque aucun suivi médical aux Etats-Unis, donc aucune preuve pour démontrer que les OGM nuisent à la santé ou non.

Ces agriculteurs sont souvent plus tentés par la culture d’OGM que par les semences traditionnelles car les entreprises qui les vendent leur promettent le paradis : des plantes résistantes aux caprices de la météo, faciles d’entretien, qui seraient capables de se défendre seules contre les insectes et les maladies… et donc une diminution de l’utilisation de pesticides.

Les croisements entre deux variétés de plantes, appelés hybrides, ont toujours existé. Cependant, il existe deux sortes de croisements: les croisements sans intervention humaine (qui se sont faites naturellement), et les croisements avec intervention humaine.

Un des croisements avec intervention humaine, appelé hybride F1, est une aubaine pour les entreprises qui le produisent. En effet, sa récolte n’est rentable que la première année: les hybrides F1 offrent une très bonne récolte la première année mais la descendance dégénère par la suite. Dès la deuxième année, la culture est très disparate et la récolte inexploitable. Ce problème oblige les agriculteurs à racheter ces semences tous les ans, cela leur revient très cher et rend pour les fabricants la commercialisation d’hybrides F1 plus rentable que celle des semences naturelles.

b) Agriculture intensive et privatisation du vivant

L’agriculture intensive et la privatisation du vivant jouent également un rôle dans la disparition des semences. En choisissant une unique variété de semences à cultiver intensément, celle-ci survivra à coup sûr, contrairement aux autres, qui sont peut-être plus chères ou plus compliquées à produire et donc délaissées. Comme pour l’agriculture intensive, le fait que seulement 5 multinationales détiennent 90% des semences en France entraine que si une variété de semences n’est cultivée par aucune des 5 multinationales, alors celle-ci est vouée à disparaître, du moins en France.

2) Les conséquences

Acheter des OGM ou hybrides F1 pour les cultiver voudrait dire ne plus acheter de semences naturelles, ce qui assure à celles-ci de disparaître au fil du temps. Et s’il ne reste plus de semences naturelles, alors il faudra se résoudre à cultiver des OGM. C’est donc un cercle vicieux.

Les entreprises vendant des OGM promettent le paradis aux agriculteurs mais il n’en est rien. Les OGM ne sont pas plus rentables que les semences traditionnelles et en plus, n’ont aucun goût. Enfin, l’utilisation d’herbicides avec ces plantes tolérantes a provoqué l’apparition de mauvaises herbes résistantes. Les agriculteurs doivent donc dépenser une fortune dans des herbicides plus puissants afin de contrer leur apparition. Au lieu du paradis, les agriculteurs y trouvent l’enfer et sont de plus en plus appauvris.

Dans certains pays, la culture d’OGM n’a pas été un choix mais une obligation. En Inde ou au Burkina Faso, la culture d’OGM a été imposée. Sur place, les agriculteurs endettés par l’achat d’OGM et de pesticides ont tout perdu, ce qui a causé une vague de suicides.

Conclusion

La culture d’OGM ou d’hybrides F1 a donc causé d’importants dégâts sur la nature et les semences mais également des dégâts humains. Qu’est-ce que cela va entraîner pour l’écosystème? Les plantes « naturelles » sont-elles vouées à disparaître? Perdre les trois quarts des variétés de semences signifie également perdre une partie de notre patrimoine naturel. On ne peut pas changer le passé mais essayer de préserver au mieux les différentes variétés de semences qu’il reste en les cultivant plutôt que de cultiver des OGM. Mais cet objectif est difficilement atteignable si les gens ne prennent pas conscience de l’impact des OGM et des hybrides sur la planète (et notre santé ?) et si le rendement reste le principal moteur de l’agriculture.

Informations tirées d’extraits étudiés en classe du livre de Pierre Rabhi et Juliette Duquesne, « Les Semences, un patrimoine vital en voie de disparition », 2017