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SYNTHÈSE : Liberté, Égalité, Sororité : IVG

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devez rester vigilantes votre vie durant.” _Simone Weil

La génération des lycéens actuels est née à une époque où avorter n’est pas un crime, à une époque où une femme sait que, si elle le désire, pour une raison ou pour une autre, elle pourra avoir recours à une IVG (Interruption Volontaire de Grossesse). Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas, il y a 50 ans c’était encore un combat pour les femmes, un combat mené par notamment par Simone Veil, alors ministre de la santé et qui allait aboutir à la loi Veil, votée en 1974 et abolissant la pénalisation de l’IVG. Cet acquis paraissait à certains fragile, notamment au regard de ce qui peut s’observer dans d’autres pays remettant en cause l’IVG. Le 8 mars dernier, date au symbole fort, puisqu’il s’agit de la journée internationale des droits des femmes, le droit à l’IVG a été inscrit dans la Constitution française. Mais qu’en pensent les lycéens ?

Tous les lycéens savent-ils ce qu’est l’IVG ? Un sondage réalisé sur un panel représentatif des élèves du lycée Goscinny, nous apprend que 80% des élèves disent savoir de quoi il s’agit : rappelons, que l’IVG -ou avortement- est un moyen, sous forme de médicaments ou d’intervention chirurgicale, de mettre fin à une grossesse. Le délai légal, en France, pour la mettre en œuvre est de 14 semaines de grossesse (16 semaines après la fin des dernières règles).  Ce sondage nous apprend encore que 82% d’entre eux sont favorables à l’inscription de ce droit dans la constitution et 80% considèrent que c’est une évolution positive pour la France.

Au lycée, dans le cadre de certains cours, l’entrée du droit à l’IVG dans la constitution a été abordée en classe. C’est le cas par exemple pour les classes d’Elsa Chatagner. Elle professeure d’Histoire Géographie Géopolitique et Sciences Politique, et, de son point de vue, il était fondamental d’inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution, “on parle de la liberté des humains, en l’occurrence de celle des femmes. Aucune politique ou État ne devrait pouvoir dicter ce qu’une personne fait de son corps.”

De même, Sylvie Tomatis, professeure de Sciences Économique et Sociale, en a parlé avec ses élèves. Un argument fort selon elle, “aucune femme qui a avorté ne l’a fait de gaieté de cœur, il s’agit toujours d’un événement douloureux. Personne n’aurait envie d’abuser de ce droit.”
Toutes deux rappellent que les jeunes générations ne se rendent pas toujours compte de ce qu’on connu leurs aînées. Elles expliquent que l’entrée de ce droit dans la Constitution peut aussi faire réagir d’autres pays notamment ceux qui ne considèrent pas l’IVG comme un droit. Cela semble d’autant plus important à un moment où un pays comme les États Unis pourrait interdire l’IVG notamment en cas de réélection de Donald Trump.

Notre sondage laissait apparaitre que 20% des élèves du lycée disaient ne pas savoir ce qu’est l’IVG, un résultat alarmant que nous avons soumis à Laëtitia Rostaing, professeure de Sciences la Vie et de la Terre. Un probable manque d’éducation sexuelle, pense-t-elle, « l’éducation sexuelle et la contraception sont des sujets sensibles » précise-t-elle, « qui ne sont pas toujours abordés ce qui entraine un défaut de connaissances pourtant fondamentales.

Lea, Lina, Yasmine, Luna-Rosa