Société

L’affaire Epstein : un scandale qui dépasse un seul homme

L’AFFAIRE EPSTEIN :

UN SCANDALE QUI DÉPASSE UN SEUL HOMME

PLUS QU’UN SCANDALE LIÉ À UN HOMME, UNE ORGANISATION. EN AOUT 2019 EPSTEIN EST RETROUVÉ MORT DANS SA CELLULE A NEW YORK. IL LAISSE UN GRAND MYSTERE DERRIERE LUI. 

Jeffrey Epstein est souvent considéré comme le centre de l’affaire, mais en réalité se focaliser sur lui bloque la compréhension de ce qui a vraiment permis à cette affaire d’exister aussi longtemps. Parce que ce qui choque le plus n’est pas seulement un homme, mais tout ce qu’il y a autour de lui.

Derrière cette affaire, il y a d’abord un mécanisme presque invisible, rien de violent au départ. Des mineurs sont approchés, souvent dans une situation difficile. On leur propose simplement de l’argent grâce à un emploi de masseur, puis sans s’en rendre compte, ils entrent dans un système beaucoup plus grand et dangereux. Certains comprennent rapidement alors que d’autres prennent plus de temps, mais une fois pris au piège, en sortir est difficile.

Ce système repose sur des personnes jouant chacun un rôle précis. Ghislaine Maxwell approche, rassure et donne un sentiment de normalité, elle ne représente pas la violence directe mais le lien et la confiance permettant au système de rester discret. Autour d’elle, d’autres personnes s’occupent de l’organisation. Des assistants, des employés, certains gèrent les déplacements, d’autres les contacts. Chacun n’a accès qu’à une petite partie du système, mais l’ensemble, fait tourner l’organisation.

L’affaire se déroule dans des lieux fermés souvent luxueux, maisons privées, comme en Floride ou encore à Paris, dans des avions de transport amenant à « l’ile de la Terreur ». Ces espaces sont choisis pour permettre de contrôler ce qui s’y passe et de limiter les témoins.

Pendant des années, rien ne sort, ou plutôt personne n’écoute. Les victimes parlent comme Maria Farmer, mais leurs paroles restent sans effet, trop seules et pas assez crédibles face à un homme et à une organisation aussi puissante. Ce silence est du à un déséquilibre : D’une part d’inciter des mineurs abusés à se taire et de l’autre, de l’argent, des relations et une image respectable. C’est le même déséquilibre qu’on retrouve dans la justice. Lors de la première affaire officielle en 2008, les conséquences sont minimes. Une peine légère, pour beaucoup, une incompréhension. Autre élément troublant, des liens avec des personnes connues, des noms apparaissent tel que, Bill Clinton, Donald Trump ou encore le prince Andrew. Ces relations montrent quelque chose d’important, ce système n’est pas isolé mais existe au contact de milieux puissants. L’affaire dépasse également les frontières américaines. Des connexions apparaissent ailleurs, en Europe avec comme exemple Jean Luc Brunel, cela montre que le système est bien plus grand que ce que l’on avait pensé à l’origine.

Même âpres la mort d’Epstein beaucoup de questions reste sans réponses, sa mort, soi-disant un suicide, empêche un procès complet, ce qui engendre une incompréhension totale des faits. Ce ne sont pas seulement les actes qui posent problème mais plutôt le fait qu’un ensemble de mécanismes maintienne une telle organisation sur le long terme.

Ce que révèle cette affaire n’est pas seulement un scandale, c’est une manière de fonctionner, un système discret, organisé, protégé et longtemps ignoré. Et c’est précisément cela qui la rend aussi difficile à repérer et arrêter.

                                                                                                                                                                                               BS-NG

Sources : Reuters, Le monde, Associated Press, Wikipédia, le Figaro, Netflix, Arte, C dans l’air, ouest France,  En société, UN news