Reportage: L’IMMIGRATION ILLEGALE DIVISE LES NICOIS
La gestion de l’immigration irrégulière dans les Alpes-Maritimes suscite des débats et dévoile des chiffres révélateurs d’une politique stricte.

Selon le préfet Hugues Moutouh cité par le journal Nice-Matin, les Alpes-Maritimes affichent en 2024 l’un des plus faibles taux de régularisation en France, avec seulement 127 dossiers acceptés sur les 2.420 soumis au titre de l’Admission Exceptionnelle au Séjour (AES). Cette politique restrictive s’inscrit dans une stratégie annoncée par le préfet Hugues Moutouh, visant à limiter au maximum l’immigration irrégulière et à renforcer les contrôles aux frontières. En parallèle, le département a enregistré une augmentation des expulsions, atteignant 486 en 2024, soit une hausse de 41,28 % par rapport à l’année précédente, dont 12 individus signalés pour radicalisation. Le préfet fixe un objectif ambitieux de 600 expulsions en 2025 pour continuer à répondre aux directives nationales. Dans ce contexte, le gouvernement privilégie l’emploi des étrangers en situation régulière et des Français, particulièrement dans les secteurs clés tels que la construction, les services à la personne, et l’hôtellerie-tourisme, où de nombreux demandeurs d’emploi sont enregistrés.
Sur ce sujet aussi sensible nous sommes allés à la rencontre de Niçois :
POUR
« Il faudrait les laisser entrer et se répartir en France »
Emmanuelle 52 ans, éducatrice : elle ne voit pas l’immigration clandestine comme un problème, elle estime que ces personnes ne seront pas toutes acceptées pour les papiers ou l’asile. Selon elle, « il faudrait les laisser entrer et se répartir en France, puisqu’elles ont des objectifs et qu’elles trouveront un moyen de survivre. »
« La ville pourrait créer un refuge pour les migrants »
Frédéric 46 ans, intérimaire : il ne considère pas l’immigration clandestine comme un problème important à Nice. Il pense que « la ville pourrait être plus accueillante et même créer un refuge pour les migrants. En 13 ans à Nice, il n’a pas remarqué d’impact négatif lié à l’immigration clandestine dans la ville. »
CONTRE
« Il faudrait renvoyer ces personnes dans leur pays d’origine »
Dominique 61 ans travaille dans l’administration. Il pense qu’accueillir des personnes sans ressources en France est difficile. « Si elles ne peuvent pas se loger, se nourrir ou vivre de manière indépendante, cela pose problème, surtout pour leurs enfants qui pourraient grandir dans des situations compliquées. » Il n’a pas remarqué d’impact important lié à l’immigration clandestine dans son quotidien. Pour mieux gérer cela, il propose des règles strictes comme en Australie, où l’entrée illégale est très contrôlée. Selon lui, « il faudrait renvoyer ces personnes dans leur pays d’origine, même si cela semble dur, car la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. »
« Créer des points de contrôle pour les gens qui arrivent »
Léa 22 ans travaille dans le domaine de la santé : Elle ne ressent pas directement les effets de l’immigration clandestine à Nice, mais plus généralement en France, cela semble associé à un sentiment d’insécurité, même si cela ne touche pas son travail directement. Elle pense que la situation actuelle est bien, mais il faudra voir comment cela évolue dans le futur. Si l’immigration clandestine augmente, elle estime qu’il faudrait mettre en place des mesures plus strictes. Elle propose de créer des points de contrôle pour vérifier si les personnes arrivant sur le territoire ont les papiers nécessaires et des raisons légitimes de rester en France.
Enzo, Dylan, Noah
