SYNTHÈSE : Nice, au centre des prévisions astronomiques
À l’Observatoire de la Côte d’Azur, les scientifiques travaillent notamment sur les astéroïdes, et leur travail dans ce secteur est internationalement reconnu, au point qu’un astéroïde porte maintenant le nom de Nice ! Plus sérieusement, entre la surveillance de 2024 YR4 et la mission HERA qui teste comment on peut dévier un astéroïde, ils ont du pain sur la planche !
Nice à l’honneur
Le laboratoire Lagrange de l’Observatoire de la Côte d’Azur est très connu pour ses recherches sur les astéroïdes. Grâce à ses scientifiques qui étudient la trajectoire et la composition de ces petits corps célestes, ce centre est devenu une référence dans le domaine spatial. C’est dans ce contexte que le 3 mars dernier un astéroïde a été nommé « Nice ». « C’est une belle reconnaissance du travail qu’on fait ici ! » nous dit Patrick Michel, astrophysicien aussi et Directeur de Recherche au CNRS. « Il y a plein d’astéroïdes qui n’ont pas de noms et on peut leur en donner. Il n’y avait pas encore d’astéroïde qui portait le nom de Nice, alors vu tout ce que l’Observatoire a fait sur le sujet, c’était logique de lui rendre hommage », explique Paolo Tanga, astrophysicien.
Vigilance et surveillance : le cas de 2024 YR4

Au sein du labo, la recherche ne s’arrête jamais. En ce moment, les scientifiques suivent 2024 YR4, un astéroïde découvert en décembre 2024 qui pourrait, selon certaines hypothèses, s’approcher dangereusement de la Terre en 2032. Alors, avec des outils hyper précis, ils analysent sa trajectoire pour voir s’il représente un danger. Les premières observations disent que 2024 YR4 mesure environ 50 mètres de diamètre, soit la même taille que le météore qui avait explosé au-dessus de la Russie en 2013. Deux milles kilomètres carrés avaient été pulvérisés.
Même si pour l’instant, il y a peu de chances qu’il percute la Terre, les scientifiques du laboratoire continuent d’affiner leurs calculs, « quand il y a une chance d’impact, notre rôle consiste à identifier ce risque, à s’y préparer en conduisant des missions. » explique Patrick Michel, qui fait partie du comité international qui surveille les astéroïdes, « on a l’habitude de travailler sur ce genre d’objets, mais ce n’est pas à nous de décider comment éviter un impact. Par contre, on donne les informations aux organismes qui prennent ces décisions », précise Paolo Tanga. En cas de collision avérée, l’Observatoire avec la mission Héra ne fait que participer au premier test de déviation.
En 2004 un astéroïde de 340 mètres de diamètre avait eu une probabilité d’impact avec la Terre de 2,7%, « nous sentant démunis, nous avions alors réalisé qu’il fallait mettre en œuvre une réponse coordonnée à l’échelle mondiale, ce risque concernant l’ensemble de l’humanité », explique le chercheur. Vingt ans après c’est chose faite, un processus bien défini pour passer de la prédiction, à l’information puis à une action si nécessaire est établi : on parle là de défense planétaire.
Alors, concrètement quelles sont les prochaines étapes concernant 2024 YR4 ? Poursuivre l’observation en continue pour suivre sa trajectoire, mener une analyse spectroscopique afin de voir de quoi il est fait pour savoir comment il réagirait s’il entrait dans l’atmosphère, et enfin, évaluer les risques en travaillant avec l’ESA et la NASA pour classer 2024 YR4 dans la liste des objets dangereux ou pas.
Héra : une défense Européenne pour dévier les astéroïdes qui menacent la Terre
Paolo Tanga participe à la mission Héra, un projet européen, dirigé par Patrick Michel, qui veut comprendre ce qui se passe si on envoie un engin percuter un astéroïde. « Héra sert à étudier ce qu’un impact fait sur différents types d’astéroïdes. On essaie de savoir quelle taille et quel poids d’engin il faudrait envoyer. C’est une expérience scientifique mais aussi technologique pour voir si on pourrait dévier un astéroïde dangereux », explique Paolo Tanga.
Les chercheurs de l’Observatoire de la côte d’Azur n’ont probablement pas fini de faire parler d’eux, Patrick Michel travaille aussi sur d’autres missions, comme MMX qui ira explorer la lune de Mars, Phobos, ou encore RAMSES qui s’intéresse à l’astéroïde Apophis, qui passera près de la Terre le 13 avril 2029.
Pour plus d’information sur la défense planétaire en général, on peut écouter le podcast Astronoches, disponible sur toutes les plateformes et lire le livre de Patrick Michel aux éditions Odile Jacob À la rencontre des astéroïdes : missions spatiales et défense de la planète.
Par Quentin, Amindo, Lisandro
