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L’Antarctique dans le monde occidental: de l’imaginaire aux découvertes

L’histoire de l’Antarctique dans le monde occidental débute avec la théorie de la Terra Australis Incognita (terre australe inconnue).

Cette théorie, datant de l’Antiquité et défendue par Aristote notamment, est basée sur une autre théorie selon laquelle la Terre serait symétrique. À partir de cette théorie antique, les grands esprits de l’époque qui connaissent déjà l’Arctique se mettent à imaginer un continent qui serait la réciproque de l’Arctique à l’extrême sud du globe. Cette explication nous permet également d’appréhender l’étymologie de l’Antarctique.

L’Antarctique se dit Antarktikos en grec, le mot est comme souvent en grec une contraction de deux termes : le premier ant, qui a donné anti en français, signifie le contraire de… ou à l’opposé de…, le second provient du terme arctos qui fait référence aux constellations dites de « l’ours » en grec (la Grande-Ourse et la Petite-Ourse) qui sont visibles seulement depuis l’hémisphère nord. L’Antarctique signifie donc étymologiquement à l’opposé de l’Arctique (et du nord en général). Pour en revenir à la Terra Australis Incognita, cette dernière est représentée sur des cartes de la Renaissance bien que personne ne l’ait vue à cette époque (fig. 3).

Fig. 3 : Planisphère montrant la Terra Australis Incognita (Abraham Ortelius, 1570). Source: Wikipédia

Pour ce qui est de la partie exploration, nous n’avons pas de certitude quant à la personne qui a découvert l’Antarctique. Le premier navigateur ayant cru trouver l’Antarctique est Magellan.

Durant son tour du monde, de 1517 à 1522, il passe en 1519 dans le détroit qui porte aujourd’hui son nom sans savoir si la terre se trouvant à bâbord est une île ou une extrémité de la Terra Australis.

Ce doute est levé en 1578 par Francis Drake qui passe lors de son tour du monde au sud de la Terre de Feu et en déduit ainsi que s’il y avait un continent austral, il serait plus au sud et dans l’hiver perpétuel.

 

 

Au final, aucun des deux n’aura réellement aperçu l’Antarctique.

Suite à cela, trouver la fameuse Terra Australis Incognita devient une obsession pour les navigateurs européens.

Par conséquent, au 17ème siècle de nombreuses expéditions ont lieu dans le sud du globe, elles permettent de découvrir l’Australie (Abdel Tasman) ou encore la Nouvelle-Zélande, mais personne ne parvient à atteindre l’Antarctique. Cela s’explique par son éloignement des autres continents. Effectivement, l’Antarctique est à 1200km de l’Amérique du sud, 3800 km de l’Afrique et 3200 km de l’Océanie.

Fig. 4 Expéditions de découverte du continent Antarctique, source: Wikipédia.

Au 18ème siècle la situation change (fig. 4), notamment par l’intermédiaire du navigateur britannique James Cook qui fait en partie le tour de l’Antarctique entre 1772 et 1775 en franchissant même le cercle polaire, mais le navigateur est bloqué par la banquise et il ne verra jamais réellement le continent. C’est ensuite en 1819 que William Smith, également britannique, découvre par hasard les Îles Shetland du Sud, très proches de la péninsule Antarctique. Début 1820 il y retourne en mission officielle avec le lieutenant Edward Bransfield pour confirmer la découverte et pousse vers le sud où il aperçoit, le 30 janvier une terre, vraisemblablement la partie la plus septentrionale de la péninsule.
Cette observation s’est faite seulement 2 jours après que le Russe Faddeï Bellingshausen, bloqué dans son approche par la banquise, ait observé à quelques dizaines de km les falaises du continent par 2° 14’ 50‘’ ouest.

Cette expédition officielle de 2 navires sur la côte relâcha ensuite en Australie et acheva le contournement total du continent Antarctique. En novembre 1820 le chasseur de phoques américain Nathaniel Palmer s’approcha également de la péninsule Antarctique, près des Shetland du Sud, où un archipel porte son nom. Le premier français à avoir atteint l’Antarctique est le navigateur Dumont d’Urville en 1840 ; il donna le nom de Terre Adélie au rivage découvert en hommage à sa femme Adèle.

Après ces découvertes, les hommes se rendent comptent de l’intérêt scientifique majeur de l’Antarctique. C’est dans cette optique que la première expédition à caractère scientifique a lieu en 1897 à partir de la Belgique sur le navire Belgica.

Au 19ème siècle, l’Antarctique a été atteint, mais ce n’est pas le cas du Pôle Sud. Une nouvelle course est donc lancée pour l’atteindre. Elle est remportée par le Norvégien Roald Amundsen qui l’atteint le 14 décembre 1911 avec son expédition. Il prononce une phrase célèbre pour décrire ce point : « Sauvage comme aucun autre lieu de notre terre, il se trouve là, ni vu ni foulé par l’Homme ».

Son concurrent, le Britannique Robert Scott, atteindra le pôle seulement 4 semaines plus tard et mourra avec tous ses compagnons sur le chemin du retour. Amundsen et son équipe ont pu survivre grâce aux chiens de traineau dont l’abattage progressif a pu leur fournir du ravitaillement.

 

Un article de Noé pour le Club Antarctique