Une femme en politique en France

Affiche réalisée par les élèves de Première ES2, année 2017-2018

Simone Veil, une femme engagée en politique

 

 

 

 

La nomination de Simone Veil comme ministre de la Santé était déjà une révolution : pour la première fois sous la Cinquième République, une femme devenait ministre de plein exercice. Sous Charles de Gaulle et Georges Pompidou, les femmes se contentaient de postes de secrétaires d’Etat, avec des attributions réputées féminines, comme la famille, l’enfance et les personnes en détresse.

Valéry Giscard d’Estaing, et son Premier ministre Jacques Chirac, ont pris la mesure des changements de la société française. Encore inconnue du grand public, l’ancienne magistrate, chignon serré et tailleur strict, entre dans l’histoire en prononçant, du haut de la tribune de l’Assemblée Nationale, une phrase qui sonne comme une provocation : « Je veux tout d’abord vous faire part d’une réflexion de femme ». Il y a alors dans l’hémicycle neuf femmes, l’ambiance est pour le moins virile, et Simone Veil explique calmement à ces messieurs ce que sont le cycle des femmes, la grossesse et le fœtus.

En politique, elle s’est engagée auprès d’une droite moderniste, incarnée d’abord par Jacques Chaban-Delmas, dont elle a soutenu la campagne présidentielle. Elle fait toujours le choix d’un centre droit libéral et européen, et si le soutien de la gauche s’avère indispensable lors du vote de la loi sur l’IVG, Simone Veil ne cherche jamais, par la suite à estomper les clivages politiques.

 

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Après la guerre, elle s’inscrit à la faculté de droit, comme elle l’avait toujours voulu, et entre parallèlement au nouvel Institut d’études politiques à Paris. Elle y rencontre son futur mari, Antoine Veil. Ils auront trois enfants. Simone se dévoue alors entièrement à sa vie de famille. Mais, en 1954, elle décide de s’inscrire au concours de la magistrature, accessible aux femmes depuis 1946. D’abord attachée titulaire à la Direction de l’administration pénitentiaire, elle passe sept années, de 1957 à 1964, à se battre pour l’amélioration du sort des détenus. Elle est ensuite affectée à la Direction des affaires civiles, sous la tutelle du garde des Sceaux Jean Foyer qui lance de grandes réformes du code civil en matière familiale ; c’est Simone Veil qui rédige le projet de loi sur l’adoption. Puis elle devient en 1969 conseillère technique dans le cabinet de René Pleven, devenu ministre de la Justice.  L’année suivante, nommée secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) par le Président Pompidou, elle est la première femme à occuper ce poste. Plus tard, Édouard Balladur, nouveau Premier ministre du président François Mitterrand, lui propose le poste de ministre d’État au ministère de la Santé et des Affaires publiques. Sous la présidence de Jacques Chirac, elle intègre le Haut Conseil de l’Intégration où elle s’occupe des questions de l’égalité des chances. Elle intègre alors le Conseil Constitutionnel (1998-2007)

Ses autres engagements  : au Parlement européen ou pour défendre le projet constitutionnel européen (2005) ; à la présidence de la Fondation pour la mémoire de la Shoah (200-2007) ; à l’Académie française (à partir de 2008).

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