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SYNTHÈSE : Passion citron, une fête made in Menton

La fête du citron, un évènement haut en couleurs et en saveur !

La fête du citron qui se déroule chaque année lors de la deuxième quinzaine de février, fête cette année ses 90 ans ! 90 ans donc et plus de 300 professionnels mobilisés chaque année afin d’accueillir quelques 200 000 visiteurs venus des quatre coins du monde. Notre enquête vous emmène dans les coulisses de cette fête.

Qui aurait pu penser que l’idée d’un hôtelier mentonnais, en 1924, d’organiser une exposition de fleurs et d’agrumes dans les jardins de l’Hôtel Riviera serait à l’origine d’un événement unique au monde toujours en vigueur 90 ans plus tard ? Et pourtant, c’est bien cette petite fête qui donna naissance à la première fête du Citron en 1934 à Menton.

Une fête aux retombées importantes

Karima travaille à l’office du tourisme de Menton, jointe par téléphone, elle explique que la Fête du Citron est aujourd’hui un événement majeur pour la ville, car celle-ci est devenue une fête internationale qui offre un taux de remplissage quasiment total aux hôtels et aux restaurants de la ville sur toute la période de la fête. La fête réunit des personnes venues des quatre coins du monde, « il y a des français et des italiens principalement, mais aussi des allemands, des belges, des russes, des américains ou encore des chinois« , précise Karima, il en faut bien tant pour combler les 99833 entrées des tribunes et des promontoires mis en place à l’occasion de cet événement. « Outre les entrées en elles-mêmes, l’impact de cet évènement est très positif pour la ville et ses commerces« , effectivement, la Fête du Citron rapporte plus de 60 millions d’euros par an ! La place assise en tribune est à 29 euros pour les adultes et à 12 euros pour les enfants jusqu’à 14 ans. En promenoir il faut compter 16 euros pour les adultes et 8 euros pour les enfants de 6 à 14 ans, les places sont gratuites pour les moins de 6 ans.

Une organisation sous pression

L’édition 2024 est à peine terminée, pourtant Karima explique que l’office du tourisme reçoit déjà des demandes pour l’an prochain. Ça tombe bien car l’organisation de la prochaine fête du Citron est déjà lancée. Il faut penser aux chars, aux figurants et surtout aux milliers d’heures de travail que représentent la réalisation des sculptures en fruits. Pour ces sculptures hors du commun, les fruits sont posés uns par uns sur des structures gigantesques. Tout doit être pensé et vérifié à l’avance, car une fois la fête arrivée, les corsos défilent de jour comme de nuit. Des corsos nocturnes, des Corso de fruits d’or, des chars illuminés qui paradent sur la promenade du soleil, danseuses, orchestres et groupes folkloriques animent les festivités. Le corso nocturne se termine par un spectacle de drone et d’un feu d’artifices.

Durant ces journées c’est aussi l’occasion de « mettre en valeur les petits artisans et la nourriture locale« , précise Karima : la citronnade, le limoncello, le vin d’orange, la limonade, la bière, le miel… Sans oublier l’exposition d’orchidées qui « marie la beauté des fleurs à l’art et à créativité artisanale. »

Quid des citrons ?

Karima nous apprend que 120 tonnes de citrons sont nécessaires pour la réalisation des chars et autres festivités, la ville de Menton est-elle capable d’en produire autant ? Non, si le Citron de Menton est cultivé depuis le XVIème siècle, la grande majorité des citrons nécessaires à la Fête est importée. Notamment car le Citron de Menton est rare et prestigieux.

Après la parade, les 120 tonnes de citrons sont récupérées, « rien ne se perd tout se transforme » peut-on lire à ce sujet sur le site de la Fête du Citron, « chaque année, on se presse, on se bouscule et parfois on vient de loin pour emporter les oranges et les citrons de l’événement mentonnais« . Les Mentonnais récupèrent les citrons qui serviront afin d’en faire du Limoncello, une liqueur de citron originaire d’Italie ou encore des confitures. Les plus beaux citrons, quant à eux, sont vendus.

La Fête du Citron® a été reconnue par le ministère de la Culture et inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France en 2019.