LA FAST-FASHION OU LA FACE CACHÉE DU GÉNOCIDE OUÏGHOUR
Une mode éphémère aux conséquences durables. Acheter des vêtements à bas prix en quelques clics est devenu un réflexe pour de nombreux jeunes. Mais derrière les promotions alléchantes et les collections renouvelées à un rythme effréné, une réalité bien plus sombre se cache : l’exploitation des Ouïghours, un peuple victime d’un génocide en Chine. Consommer de la fast-fashion, est-ce fermer les yeux sur cette tragédie ?
Selon un sondage réalisé au sein de notre lycée, plus de 42 % des jeunes ignorent que les Ouïghours sont réduits à l’esclavage pour produire les vêtements de nombreuses marques populaires. Beaucoup ne savent pas non plus que cette minorité musulmane est persécutée par le gouvernement chinois, victime d’un véritable génocide.
Si La France reconnait le caractère génocidaire par le gouvernement chinois sur les Ouighours, elle demeure globalement muette face au gouvernement chinois, déplore Mirqedir Mirzat, président de l’association des Ouïghours de France, qui parle de « l’achat du silence du gouvernement français par le gouvernement chinois. » Pourtant, « sur ce massacre, ce génocide, il ne faut pas rester en silence » ajoute-t-il. Mirqedir Mirzat appartient à l’ethnie des ouïghours. Né à Ürümqi, il quittera la Chine pour La France à l’âge de 19 ans, laissant malgré lui ses parents dans des camps d’internement pour Ouïghours en Chine. Installé en France il va s’engager dans l’association des Ouïghours de France qu’il préside désormais.
Zara, Adidas, C&A, Calvin Klein, H&M, Lacoste, Nike, Puma, The North Face, Ralph Lauren, Tommy Hilfiger, Shein, Victoria’s Secret… toutes ces marques portées par une majorité de lycéennes et lycéens sont concernées par l’exploitation des OuÏghours. 56% des élèves interrogés disent consommer de la fast fashion, ils apprécient la facilité d’accès à bas prix à de nouveaux vêtements régulièrement. Cette réalité flatteuse fait oublier aux consommateurs les conditions sordides qui se cachent derrière leurs commandes massives de vêtements. Ouvrir les yeux des consommateurs français, c’est le combat que mène inlassablement Mirqedir Mirzat, car « la fast fashion a un impact direct sur le sort des Ouïghours », répète-t-il. « Dès l’âge de 14 ans, les filles sont formées pour partir travailler dans les usines », nous apprend-t-il, « aucune loi chinoise ne les protège. »
La libération des Ouïghours passera par la prise de conscience de leur exploitation et donc par le boycott des marques qui vendent des vêtements confectionnés dans les camps de travail des Ouïghours. « Pour que les Ouighours soient libérés, il faudrait ne plus utiliser les réseaux sociaux chinois tels que Tik Tok ou les sociétés chinoises come Xiamoi, il faudrait aussi plus de manifestations et de mouvements pour dénoncer ces crimes », développe Mirqedir Mirzat.
Difficile de se sentir concernés par ce qui se passe de l’autre côté de la planète pour les lycéens que nous sommes, et d’ailleurs, à notre place d’adolescents pouvons-nous agir pour changer les choses ? La réponse est « oui » pour Mirqedir Mirzat, « tout le monde peut boycotter ces marques de fast fashion, manifester et soutenir les associations qui luttent pour l’indépendance des Ouïghours, pour que les choses commencent à bouger et que cesse le génocide de ce peuple. »
Par Luce, Nolan et Sarah
Illustrations Rayan et Gauthier
