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PORTRAIT : Fahimeh militante de la liberté

Fahimeh Parsaeerahghi, Iranienne installée à Nice depuis six ans, est celle qui a lancé le mouvement « Femme, vie, liberté » sur la Côte d’Azur. Militante depuis toujours, elle est connue pour ses actions en faveur de la liberté des femmes iraniennes. Depuis le début de ce qu’elle appelle une « Révolution », il y a six mois, elle ne cesse de se mobiliser.

Fahimeh a une quarantaine d’années, elle est brune aux cheveux courts et parle avec un fort accent qu’elle nous demande d’emblée d’excuser.
«J’ai quitté l’Iran car les conditions de vie étaient très difficiles, j’étais constamment en contact avec la police et j’ai perdu mon emploi après avoir été arrêtée dans des manifestations en 2009. » Fahimeh avait été reçue comme PHD à l’université, mais ses activités politiques l’ont empêchée d’avoir le poste, « alors j’ai abandonné mon pays et ma vie … »
Depuis six ans, elle vit à Nice, seule. Sa famille et ses proches sont en Iran. Cela fait six mois qu’elle n’a pas fait d’appels vidéo avec eux, « les communications sont devenues très difficiles », confie-t-elle, amère et visiblement très émue.

« Les femmes ont beaucoup de courage dans mon pays, surtout en ce moment. »

Elle se reprend, « Les femmes ont beaucoup de courage dans mon pays, surtout en ce moment. » En effet, de lourdes peines sont infligées à celles qui ne portent pas de voiles, de hijabs dans les rues, spécialement dans les grandes villes comme Téhéran. Celles qui osent risquent de se faire tuer ou arrêter par la police. Elle nous raconte l’histoire d’une femme, emprisonnée depuis 4 ans, qui, le jour de sa sortie cria « À bas ! À bas la dictature ! », elle fut renvoyée en prison seulement 4 heures après sa libération. Elle nous raconte aussi qu’elle est, elle-même, allée en prison, parce qu’elle a mené des batailles contre le gouvernement iranien afin que les citoyens obtiennent plus de droits. « Les femmes ne peuvent pas faire beaucoup de choses et n’ont pas beaucoup de droits, seulement à cause de leur sexe », s’ingurge-t-elle, « elles sont mises à l’écart du monde du travail, parce qu’elles sont des femmes. » Fahimeh nous explique fièrement, qu’alors qu’elle vivait encore en Iran, elle avait créé une start-up dans laquelle elle employait autant de femmes que d’hommes !

Ici, à Nice, Fahimeh travaille bénévolement avec Amnesty International et avec le centre social La Semeuse. Elle tient un compte instagram sur lequel elle est très active, « le gouvernement iranien sait que j’ai beaucoup d’activité sur les réseaux sociaux, alors j’ai peur de retourner en Iran », nous confie-t-elle, la voix tremblante. Elle nous explique qu’elle a pris la décision de changer son nom sur les réseaux pour protéger sa famille sur place, en Iran.

Fahimeh a tout de même une lueur d’espoir.
Il y a quelques années, les femmes n’osaient pas enlever leur voile, danser, ni même chanter, mais aujourd’hui elles arrivent petit à petit à désobéir et à montrer leurs cheveux malgré les risques qu’elles encourent.
« Je trouve ça très poétique », commente l’activiste du mouvement « Femme, vie, liberté. »

Par Pauline, Juliette, Yanis et Fanny