Interview

Interview : “Le maire il veut, il peut n’est qu’une légende !”

Les élus des communes autour de la ville de Beaulieu-sur-Mer lors de la journée du respect ©compte Instagram de la ville de Beaulieu-sur-Mer.

Le 12 mars, à Beaulieu-sur-Mer, les maires des communes du collège rencontrent les élèves de 4e3 du collège Jean Cocteau dans le cadre de la journée internationale du respect. Interview de Roger Roux, Maire de Beaulieu-sur-mer.

Comment résistez-vous aux critiques de la part de vos opposants et des habitants ?

“Les critiques, il faut tout d’abord les accepter, ne pas rentrer dans le déni, mais analyser avec la personne, entendre ce qu’elle ressent. Quels sont ses problèmes, pourquoi elle aperçoit telle ou telle chose et puis arriver, au fur et à mesure, à la convaincre qu’elle a peut-être mal analysée le problème et que nous pouvons apporter des solutions. Voilà, je crois qu’il faut y aller en douceur et c’est comme ça qu’on pourrait avoir la confiance des électeurs !”

Que faites-vous au quotidien pour construire l’avenir des jeunes et l’améliorer ?

“On fait le maximum, il n’y a pas d’autres choses à dire ! Dans une collectivité, les jeunes ça commence à la crèche ! On commence là, puis après ça grandit. Ça commence à faire du sport, on les accompagne toute leur vie, notamment un peu plus pendant qu’ils sont jeunes.

On va essayer d’améliorer les transports, les endroits où les jeunes peuvent s’épanouir, puis les terrains de sport, et on organise les journées du respect. Pour améliorer la condition des jeunes, on les accompagne dans leur épanouissement.

Lorsque vous êtes au collège et quand vous sortez, on veille à ce que les abords soient impeccables, qu’il n’y ait pas n’importe quoi, que vous ne fréquentiez pas n’importe qui, pour vous laisser embarquer dans des ennuis. C’est tout ça que nous faisons pour la jeunesse.

Au niveau du social, on veille sur les jeunes et si on aperçoit qu’il y en a un peu plus en difficulté au niveau des familles, le social rentre en considération. C’est la politique de la jeunesse que nous mettons en place pour faciliter un peu votre quotidien.”

Respectez-vous vos opposants, et si oui, comment ?

“Oui, nous respectons nos opposants. Il n’y a aucun souci là-dessus : quand on fait une campagne électorale, ce n’est pas contre une personne ou un groupe, c’est juste programme contre programme. On défend notre programme comme les autres doivent défendre le leur. Et ça c’est la première chose à prendre en compte pour avoir le respect des autres personnes.”

Selon vous, qu’est-ce qu’un vrai maire ?

“D’abord, un véritable maire, c’est celui qui est élu. Il est élu en général parce qu’il n’est pas trop antipathique avec son équipe et qu’il est assez bien composé de gens qui sont à la fois compétents, souriants et sympathiques. Après, il doit se faire élire par l’ensemble de ses collègues de son conseil municipal, et c’est là que les ennuis commencent…

C’est une grande responsabilité de savoir résister aux pressions, à la fois des habitants qui quelque fois profitent de la sympathie du maire en lui demandant des choses qu’il ne peut pas leur accorder. Il faut faire la différence entre la partie très conviviale des campagnes électorales et être complètement dans sa fonction de maire : ce n’est pas un magicien.

Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, “le maire il veut, il peut n’est qu’une légende ». Le maire doit respecter la loi, et soyez certains que s’il ne la respecte pas, il y a des autorités qui le lui font remarquer.

Il faut aussi pouvoir résister au sentiment de sympathie que le maire peut avoir envers des personnes qui sont dans des situations difficiles. Le bon maire c’est donc celui qui arrive à trouver un équilibre entre la stricte application de la loi et la justice.”

Avez-vous déjà enduré un manque de respect durant votre mandat ?

“Oui, ça m’est déjà arrivé. Ça rejoint un peu les difficultés du métier de maire. Par exemple, dans le cadre des demandes d’admission en crèche où les familles demandent de pouvoir accueillir leurs enfants, ce qui n’est pas obligatoire.

On a un nombre limité de places : qui dit limite de places, dit qu’on ne pourra pas accueillir tous les enfants. Il m’est arrivé, à la suite d’un refus, que des parents ne m’adressent plus la parole alors qu’ils me trouvaient merveilleux hier. C’est à cette hypocrisie et des manques de respect de cette sorte qu’on doit faire face assez fréquemment, et mon exemple n’est pas le seul qu’on peut vous donner ! ”

LALI FROMANE ET CHAYNA BAKAR, 4e3, Collège Jean Cocteau de Beaulieu-sur-Mer.