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Reportage : Violences sexuelles en milieu périscolaire : la peur s’installe chez les parents

Reportage réalisé le 23 mars 2026 par Khiera, Amira, Melisa dans les communes de Drap et de La Trinité (Alpes-Maritimes).

Un fléau qui dépasse les frontières

Depuis plusieurs années, des affaires de violences sexuelles commises par des animateurs sur des enfants ont été signalées dans les milieux périscolaires — cantines, garderies, centres de loisirs. En mars 2026, les plaintes se multiplient, notamment en région parisienne, où un animateur a été accusé de viol sur un enfant de trois ans. Une plainte a été déposée le 16 mars 2026 à Paris. La justice a demandé de limiter la communication autour de cette affaire pour ne pas perturber l’enquête, et aucune interview n’a pu être accordée afin de protéger les victimes. Les familles concernées dénoncent par ailleurs la lenteur des procédures judiciaires.

À Nice, depuis février 2026, plusieurs parents d’élèves de l’école Terra Amata ont porté plainte contre un animateur périscolaire pour agressions sexuelles. Les plaintes ont été déposées à la suite d’un signalement médical. L’animateur a depuis été suspendu, mis en examen et placé en détention provisoire. Un accompagnement psychologique a été mis en place pour les familles des victimes.

La parole des parents : entre inquiétude et confiance fragile

C’est dans ce contexte que nous avons interrogé des parents d’élèves à la sortie de l’école primaire de Drap et aux abords des écoles du secteur, entre 8h20 et 16h30. Si la plupart ont souhaité conserver l’anonymat, leurs témoignages révèlent une réalité émotionnelle forte et des avis nuancés.

Hélène, parent d’élève à l’école de Drap, résume avec émotion ce que représente ce type d’affaire : « Tu as ton enfant, tu y tiens, et tu le confies à un animateur. Tu apprends qu’il joue avec lui de manière sexuelle et lui impose le silence en le menaçant. Psychologiquement, les enfants sont totalement déboussolés — et les parents aussi. »

Tous les parents ne partagent pas le même niveau d’inquiétude. Un père dont la fille est scolarisée à Drap nous confie faire confiance au personnel qu’il connaît : « Je n’ai pas peur de laisser ma fille ici. Je m’inquièterais si c’était des hommes qui s’occupaient d’elle » — une remarque qui pointe, sans forcément le formuler ainsi, la question de la vigilance accrue envers certains profils.

À l’inverse, une mère dont l’enfant est scolarisé à La Trinité exprime une anxiété permanente : elle avoue craindre qu’un soir, en venant chercher son enfant, elle apprenne qu’une agression a eu lieu.

Interrogés sur leur réaction si leur enfant était victime de tels actes, les parents interrogés ont répondu, dans leur grande majorité, qu’ils porteraient plainte sans hésiter.

Les violences sexuelles en milieu périscolaire constituent un problème grave, qui touche des familles de toute la France et suscite une inquiétude croissante chez les parents. Face à ces drames, la parole se libère progressivement — mais des questions essentielles demeurent : comment mieux prévenir ces situations ? Comment renforcer les dispositifs de protection des enfants et accélérer la réponse judiciaire ? Des réponses que parents, institutions et société dans son ensemble ont la responsabilité de construire ensemble.