SociétéTest

Derrière l’écran : la m@nipulation malsaine de TikTok

Plateforme influente mondiale, Tiktok s’impose sur la toile. Avec ses 1,58 milliards d’utilisateurs par jour se divertissant par de courtes vidéos créatives, elle cache cependant une tout autre facette… Il se présente alors comme « un des pires réseaux sociaux à l’assaut de notre jeunesse » selon la députée française Laure Miller.

Flickr: Licence CC

 

Nos enfants deviennent des produits

 

Aujourd’hui, Tiktok est la plateforme la plus addictive du marché. Elle conditionne les utilisateurs à un type de traitement de l’information qui promeut la rapidité du flux de contenu et la réaction superficielle. Cependant, ce phénomène ne serait pas réalisable sans son algorithme qui détermine les sujets des vidéos, les tendances et les habitudes de consommation. Avec son contenu court et engageant, l’algorithme place l’utilisateur au centre d’une boucle infinie. Grâce à des technologies avancées il rend le cerveau réceptif au cycle de récompense active. En effet, le cerveau est programmé pour repérer tout ce qui bouge, cependant TikTok demande à ses utilisateurs de se concentrer sur une seule tâche ce qui leur demande un effort conséquent. Cela nuit à l’apprentissage et limite la maturation du cerveau supposée durer jusqu’à vingt-cinq ans. Les courtes vidéos et les musiques redondantes rendent l’utilisateur accro. Cet usage continu sécrète la dopamine, provoquant une sensation de plaisir et poussant à faire défiler les vidéos, mais qui lors de sa dissipation fait chuter la motivation. Ainsi, les usagers peuvent passer des heures sur TikTok sans s’en rendre compte et ne sont plus capables de contrôler leur temps d’écran. L’application influence donc les opinions et façonne les récits, aussi bien qu’un utilisateur visionnant une sorte de vidéo tombera sur un contenu similaire. TikTok se repose sur un système favorisant la surconsommation avec la création de nouvelles tendances sociales en continu et dans certains cas un narcissisme effréné avec la course aux « likes ».

Néanmoins, l’UE n’a toujours pas mis en place les restrictions nécessaires à une utilisation responsable contrairement à la Chine avec son substitut de TikTok, Douyin. Contrôlée par le gouvernement, cette application est focalisée sur l’éducation et la transmission du savoir. Contrairement aux occidentaux, les jeunes chinois garderaient leur capacité de concentration.

La destruction mentale des jeunes

A ce jour, les utilisateurs des plateformes sont constamment confrontés aux fausses informations. Des placements de produits frauduleux, des théories du complot, la polarisation politique et la recherche du sensationnel contribuent à manipuler les esprits. D’ailleurs, l’Association de protection des enfants sur Internet annonce que quatre enfants sur cinq ne savent plus à qui faire confiance. Selon plusieurs études, la moitié des publications concernant la santé mentale ou la neurodivergence sont erronées. Les adolescents pensent, à tort, être sujets à des maladies ou à des troubles comme le TDAH, l’autisme, la schizophrénie, la bipolarité, la dépression, les troubles alimentaires et l’anxiété. La désinformation peut conduire certaines personnes à « pathologiser » des comportements ordinaires et à ignorer des troubles graves. Les adolescents reçoivent des conseils trompeurs à l’égard des traitements ce qui retarde l’accès aux soins adaptés et impacte ainsi la santé des jeunes.

Cette application affecte les jeunes de façon colossale en inondant leurs écrans et en utilisant les émotions des plus vulnérables pour les captiver et les maintenir sur la plateforme. Certaines vidéos encouragent l’automutilation ou le suicide et touchent des utilisateurs comme Marie, âgé de 15 ans qui a mis fin à ses jours en 2021. Cette jeune fille était harcelée et cherchait à perdre du poids, elle se réfugiait dans ses « pour toi » qui ont contribué à sa descente aux enfers. Maëlle elle aussi victime de cette application cite « trois quarts de mes vidéos parlaient de santé mentale (…) ça m’a fait culpabiliser de ne pas aller aussi mal que les autres. » À la suite de ces événements de nombreuses associations visant à sensibiliser le public ont été créées comme Lyynk, fondée par Miel Abitbol, créatrice de contenus qui a elle-même été victime de harcèlement.

En 2O24, la Commission européenne a mené une enquête sur TikTok. La député française Laure Miller a proposé une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans et pour ceux de 15 à 18 ans, une limitation numérique de 22 heures à 8 heures. Ce serait une avancée de la France vers la prise en compte des risques, et un premier pas en faveur de la santé mentale des jeunes.

Eva, Tia et Olivia