SYNTHESE : Trois femmes, trois portraits de musiciennes hors-paires !
L’état des lieux de la présence des femmes dans la filière musicale réalisé par le centre national de la musique révèle que les femmes sont largement sous-représentées, tous genres de musiques confondus. Les femmes sont notamment moins nombreuses dans les orchestres et certains instruments sont plus particulièrement associés aux hommes.
Par exemple, dans la famille des cuivres, les femmes sont encore minoritaires et très peu jouent du tuba.
Nous avons rencontré Harumi Baba-Dath, professeure de tuba au conservatoire de Perpignan et de Montpellier, Nelly Fourcade, pianiste accompagnatrice au conservatoire de Nice et de Monaco et Violaine d’Arnaud, violon solo à l’orchestre de l’opéra de Nice.

Harumi Baba-Dath a commencé la musique à l’âge de 3 ans avant de rejoindre l’orchestre de son école à 9 ans. Tout comme Violaine d’Arnaud qui a eu la chance de faire partie d’une famille de musiciens. En effet, sa mère était pianiste et chanteuse, elle a donc grandi dans l’univers musical depuis toute petite. Elles ont pu observer toutes les deux que certains instruments étaient davantage recommandés pour les hommes que pour les femmes. Par exemple, il y a des instruments qui sont très associés soit aux filles soit aux garçons, ceux de la famille des cuivres particulièrement sont proposés aux hommes. La tubiste Harumi Baba-Dath explique même qu’elle était la seule fille dans sa classe de tuba lorsqu’elle était étudiante. Si la compétition fille/garçon s’est parfois imposée à certaines musiciennes, ce n’est pas le cas de Nelly Fourcade, pianiste. Elle n’a pas ressenti le besoin de montrer qu’elle était aussi capable que les garçons. Elle s’est fait une place rapidement et trouve plutôt que ce métier est plus féminin que masculin. Harumi explique aussi que certaines personnes étaient étonnées de la voir jouer du tuba, car l’instrument est très grand et lourd, mais cela ne l’a jamais empêchée de continuer.
Même si les femmes ne représentent que 32 % des musiciennes dans les orchestres, Harumi, Nelly et Violaine semblent s’accorder sur une chose. Il y a de plus en plus de femmes qui jouent des cuivres, ou encore du violon.
« Aujourd’hui, de plus en plus de femmes entrent dans les orchestres nationaux dans le monde entier », nous dit Harumi. Toutes trois consacrent leur temps professionnel à réduire les inégalités entre les musiciens et musiciennes. Harumi collabore d’ailleurs au développement d’un tuba basse taille 3/4 chez Eastman. Ce modèle serait très utile pour les femmes et les enfants de petite taille, afin qu’ils puissent jouer plus facilement et confortablement. Car les stéréotypes liés au physique existent, « on me dit souvent que l’instrument est plus grand que moi et on me demande combien il pèse, comment je souffle, etc. »
Ces trois femmes donnent des masterclasses, accompagnent les élèves avec des partitions de différents instruments. C’est le cas de Nelly, qui les aide à jouer et à interpréter leurs morceaux lors de leurs prestations en public comme les concerts, les auditions, ou les examens. C’est important que les jeunes filles aient des modèles féminins. Harumi explique qu’elle est fière de voir de plus en plus de petites filles fascinées par le son grave du tuba et qui souhaitent apprendre cet instrument.
Toutes les trois s’appliquent à se faire entendre et se faire respecter. « Maintenant il y a beaucoup de filles qui font du violon et qui réussissent quelques fois mieux », précise Violaine.
Ainsi, malgré des progrès, les femmes restent encore minoritaires dans certains domaines de la musique, mais leur place évolue progressivement grâce à l’engagement de musiciennes et à une meilleure ouverture des mentalités.
Hannah Chouial
Lubin Giauffret
Mattia Hotensche
