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Synthèse : Les lycéens et la politique

Au lendemain du second tour des élections municipales, nous sommes allées à la rencontre des lycéens pour savoir quels étaient leurs liens avec la politique. Ont-ils suivi ces élections, s’intéressent-ils à la politique d’une manière générale et quels enseignements tirent-ils de ces élections ? Petit tour d’horizon.

Par Lola, Sirine et Romane.

Kylian, 17 ans, élève de Terminale STD2A (Sciences et techniques des arts appliqués), affiche clairement que la politique l’intéresse. Il n’a pas l’âge de voter mais il a suivi de près ces élections et exprime sa grande déception face à l’élection d’Éric Ciotti à Nice. S’il reconnaît que le choix était limité entre deux options peu satisfaisantes, « entre la peste et le choléra », dit-il, il ajoute qu’il ne s’attendait pas à cette montée de l’extrême droite. Il espère donc que « les Niçois reprendront vite conscience ».

Interrogé sur l’intérêt de la jeunesse pour la politique, il reconnaît que les jeunes s’y intéressent de manière inégale, souvent via les réseaux sociaux, ce qu’il trouve dangereux : « surtout avec les élections présidentielles qui approchent, ce serait bien que ce soit au-delà de juste voir des edits de Jordan Bardella ou de Louis Boyard à l’Assemblée nationale ». Mais il ne blâme pas que les jeunes : « les responsables politiques devraient davantage aider les jeunes à mieux s’informer, plutôt que de simplement chercher à capter leur attention ».

Mais Kylian fait figure d’exception : la plupart des lycéens que nous avons interrogés ne s’y intéressent pas. Face à notre question, ils n’ont pas de réaction ; certains nous disent ne même pas connaître le nom d’Éric Ciotti ou ignorent qu’il a été élu !

Ce manque d’intérêt vient du fait qu’ils n’ont pas encore l’âge de voter, nous disent-ils. Beaucoup de ces élèves de Terminale affirment que la politique ne vient pas jusqu’à eux, comme Camille qui explique : « il faudrait que les jeunes s’intéressent plus à la politique, oui, mais surtout il faudrait que les politiciens s’intéressent plus aux jeunes ».

Nous creusons ce manque d’intérêt : certains expliquent que, s’ils ne se préoccupent pas de la politique au niveau local, c’est parce que l’année prochaine, après le bac, ils partiront pour leurs études. Kylian s’insurge contre cette remarque : « même si on part, c’est quand même chez nous, nos familles vivent ici ! »

Maxime a 18 ans. Il nous dit qu’il est allé voter pour le maire du petit village dans lequel il vit, un des villages de la vallée des Paillons, dont notre lycée est celui de secteur. Il explique que, ne vivant pas à Nice même, il ne se sent pas concerné et ne s’intéresse donc pas du tout aux élections municipales de Nice et que, de toute façon, il « n’a aucun avis sur le nouveau maire ».

Si, globalement, les lycéens que nous avons interrogés se disent peu politisés et montrent très peu d’intérêt pour la politique, ils reconnaissent que cela vient en partie d’un manque d’informations.

Malgré un sentiment de détachement chez certains, d’autres insistent sur l’importance de rester concernés par la politique locale, même s’ils comptent quitter la ville. Enfin, tous reconnaissent que les élections nationales à venir sont importantes et qu’il faudra mieux s’informer sur les programmes pour se forger une opinion, d’autant que d’ici là, ils seront tous majeurs et en âge de voter !

(Les prénoms ont été modifiés.)