Interview : Pascal Blaise Ondzie, référent breakdance, JO 2024

 Pascal Blaise Ondzie,  célèbre breaker né en 1970 à Brazzaville, a accepté de nous donner du temps en répondant à nos questions lorsque nous avons voulu en savoir plus sur l’entrée du breakdance aux JO 2024. En faisant des recherches, nous sommes arrivés jusqu’à lui en tant que « référent », et via les réseaux sociaux… il nous a répondu et nous a proposé un rendez-vous téléphonique.

Dans La Haine… c’était lui !

 

Ce n’est pas un hasard s’il va être référent pour les JO ! Cela fait 40 ans qu’il est plongé dans la danse. Déjà petit, il dansait tous types de danses : danse traditionnelles, rockabilly, disco et plein d’autres. En 1970, il est arrivé en France, à Aulnay-sous-Bois, c’est là qu’il a découvert dans les caves des immeubles, le funk, le smurf, le mime etc. Issu d’une famille nombreuse, ses frères plus âgés lui apprenaient des mouvements, qu’ils avaient eux-mêmes appris dans la discothèque du Bataclan. Ses premiers pas furent le moon-walk, célèbre pas de Michael Jackson et la vague. Il a découvert le hip-hop lors d’un spectacle, où il y avait de nombreux pionniers du mouvement hip-hop.

Comment vous représenteriez vous ?

Je me vois comme un gardien du temple face à cette culture du hip-hop, et une personne qui a traversé plusieurs générations depuis que cette danse existe.

Je transmets les valeurs du breakdance afin de les garder.

Quel est la différence entre le hip-hop et le breakdance ?

Pour moi, le hip-hop est un mouvement culturel et artistique, avec plusieurs disciplines comme le smurf et le breakdance. Le breakdance est une des danses du hip-hop. Le Locking c’est beaucoup plus vieux que la culture hip-hop, il existe déjà depuis l’époque du disco. Il y a beaucoup de dérivés du hip-hop, mais pour moi les vrais danses issues du hip-hop sont le breakdance et le smurf.

Le breakdance, un art ou un sport ?

Le breakdance, c’est beaucoup de choses, ça peut être un art, un sport, un état d’esprit, une éducation. On ne peut pas l’enfermer dans une case. Il faut savoir que c’est une discipline inspirée de plein d’autres disciplines, on ne peut pas dire que c’est juste un sport ou juste un art.

Est ce que vous auriez imaginé que le breakdance, né dans la rue, finisse au J.O. ?

Bien sûr! Déjà en 1984, il y avait des émissions sur le hip-hop. La France a vraiment mis cette culture en valeur. Il y a eu quand même beaucoup de médiatisation autour du hip-hop. Avec toutes les informations de ces émissions, la culture du hip-hop était déjà reconnue, je savais que cette discipline méritait sa place aux J.O.

Comment avez vous su que le breakdance aurait sa place aux J.O. de 2024 ?

On en parlait déjà depuis longtemps. Officiellement, je l’ai su en 2018 avec le CIO ( Comité International Olympique) qui avait fait une proposition avec la WDSF (World DanceSport Fédération) pour un essai lors des J.O. JUNIOR. L’expérience en 2018 s’était déjà super bien passée. Par la suite il y a eu la confirmation de l’entrée du breaking aux J.O. le 7 mars 2020. Ça va apporter de la nouveauté et de la fraîcheur aux J.O.

Quel est votre rôle en tant que référent ?

Alors il faut savoir qu’on est plusieurs référents, on est à peu près 25 référents à représenter tout le territoire national et les territoires d’outre-mer. Notre rôle est que notre discipline ne perde pas son originalité. Nous organisons et structurons les équipes et les J.O.

Quel va être la tranche d’âge des B-boys* et B-girls aux compétitions ?

Il y aura deux catégories : les B-boys et B-girls de moins de 16 ans et les B-boys et B-girls de plus de 16 ans.

Les qualifications des équipes ont elle déjà été faites ?

On a justement lancé des «  rassemblements » officiellement il n’y a pas longtemps. On a créé des événements comme les battles régionaux et interrégionaux, ainsi le meilleur de chaque catégorie va représenter sa région au championnat de France. Il y a plusieurs étapes, pour rejoindre l’équipe de France. On donne la chance à tout le monde de participer, avec plusieurs championnats comme la coupe de France. Chaque étape rapporte des points pour pouvoir rentrer dans l’équipe. On a commencé en 2019 avec les plus titrés des anciennes battles. Puis en 2020, on a lancé les qualifications avec ces championnats. Chaque année on va faire évoluer l’équipe.

Si vous aviez eu les J .O. lorsque vous étiez petit, auriez-vous tout fait pour y participer ?

Ça c’est sûr!  J’ai fais beaucoup de gymnastique quand j’étais petit. J’aurais eu cette opportunité, j’y aurais participé. Je faisais déjà des battles, des tournées, je transmettais ma discipline un peu partout.

Est ce que il y aurait des questions que vous auriez aimé qu’on vous pose ?

Eh bien, qu’ai je apporté dans le breakdance ?

Alors qu’avez vous apporté dans le breakdance ?

J’ai inventé le mouvement « Air Flare », tous les danseurs le font ou essayent de le faire aujourd’hui. Je l’ai inventé en 1988 par accident, lorsque je faisais le « Thomas » mélangé à un autre mouvement : « l’envolé à un tour ». Comme je faisais le « Thomas » très haut, j’ai fait un tour entier en l’air et je suis reparti en « Coupole » sans poser mes jambes au sol. C’est donc de là que vient mon pas. J’ai ramené le breakdance au Congo et j’ai crée le groupe les Brazza City Breakers.

* B-boys et B-girls vient du terme beat ( rythme) et boys et girls ( garçons et filles), les b-boys sont les gens qui dansent sur des rythmes, sur le break-beat. A l’époque, quand il y avait des musiques funk, les DJ remettaient en boucle les break-beat afin que les danseurs puissent danser dessus.

 

Jeanne Le Guiff

 

 

 

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