« Ma reine » de Jean-Baptiste Andréa

Ma reine est un roman de deux cent quarante pages écrit par Jean Baptiste Andrea paru le 30 août 2017 aux éditions L’Iconoclaste. Il faisait partie de la sélection Figaro littéraire et son auteur a reçu le Prix du premier roman le 7 novembre 2017. Le registre est lyrique. Il est écrit à la première personne du singulier, du point de vue de Shell, un garçon de douze ans ayant une déficience mentale.

L’auteur nous emmène dans la Vallée de l’Asse, en Provence pendant l’été 1965. C’est l’histoire d’un garçon dont on ignore le vrai prénom mais qui se fait surnommer Shell car c’est le nom inscrit sur le blouson qu’il porte. Il est différent des autres et de ce fait, il a dû arrêter l’école. Il travaille alors dans la station-service de ses vieux parents en  emplissant le réservoir des clients. Puis, un jour il trouve une cigarette et en essayant de la fumer, Shell manque de mettre le feu. Ses parents appellent alors sa grande sœur et lui disent qu’ils sont devenus trop âgés pour s’occuper de lui et qu’ils envisagent de le placer dans un institut spécialisé. Il surprend la conversation et décide alors de fuguer et d’aller à la guerre pour prouver que c’est un homme. Mais Shell ne sait pas exactement où il y a la guerre et il ne va pas dépasser le plateau qui surplombe sa maison. Il fera alors d’agréables rencontres notamment celle de Viviane, une jeune parisienne de son âge qui deviendra par la suite sa « Reine » à laquelle il obéit sans poser de questions…

J’ai réellement été enchantée par cette lecture. L’écriture est à la fois si poétique et si fluide que la magie a opéré et j’avais envie de tourner les pages afin de connaître la suite. J’ai aimé le choix de narration utilisé. En effet,  le roman est écrit du point de vue du petit garçon quelque peu attardé. Il nous raconte ses aventures et nous fait part de ses sentiments d’une manière si innocente et féerique. Le vocabulaire simple permet de pénétrer facilement son univers. Il nous fait replonger en été grâce à ses descriptions de paysages efficaces : ni trop longues, ni trop courtes mais juste ce qu’il faut pour nous les faire imaginer. Je me suis attachée aux personnages, tous captivants. Shell a une innocence et une naïveté qui à certains passages m’ont fait rire comme lorsqu’il se compare à Don Diego de la Vega. Le personnage de Viviane est plutôt énigmatique car derrière son air de fille rebelle et manipulatrice, on sent qu’elle cache des problèmes familiaux notamment de violence par
son père. La fin m’a profondément surprise et laissée sans voix.

J’ai vraiment aimé ce livre facile et agréable à lire. La plume de l’écrivain m’a tellement plue. Enfin, les dernières lignes de ce roman sont si émouvantes et poétiques qu’en refermant le livre, je n’avais qu’une envie c’était de le relire une seconde fois. Je dois l’admettre pour un premier roman, c’est une vraie réussite qui a sa place dans ma bibliothèque. C’est un réel coup de cœur pour moi et je le conseille même à ceux qui n’aiment pas lire ou qui ont perdu le goût de la lecture car ils pourraient le retrouver grâce à ce livre.

Yasmina G.

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