Visite de deux librairies indépendantes niçoises

Le 19 novembre 2018, nous sommes allés à la rencontre de deux libraires, dans leurs librairies respectives. La première était « Les Journées Suspendues », tenue par Jean Sébastien RAY, au centre de Borriglione. La deuxième était « BD Fugue », dirigée par Paul DI
BATTISTA, au centre de Nice.

Etre libraire, un choix :

S’il y a bien un point commun entre ces deux librairies, c’est la passion. M. Ray, a travaillé dans diverses entreprises mais il n’était pas épanoui dans ce métier donc vers l’âge de trente ans, il s’est lancé dans la librairie. M. Di Battista, lui, était ingénieur dans l’oculaire et a
décidé de tout changer, avec l’aide de son associé Xavier Ollivrin, d’ouvrir sa propre librairie de BD. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour faire le métier que l’on aime.

Une clientèle variée :

Que ce soit dans l’une ou dans l’autre librairie, chaque personne est la bienvenue. Chez « Les Journées Suspendues », la plupart des clients sont des personnes âgées, mais il y a souvent de jeunes couples avec un enfant et malheureusement peu de lycéens.
Chez « BD Fugue », chaque catégorie de BD a sa moyenne d’âge. Par exemple, pour les mangas, ce sont plus les personnes de 10 à 30 ans qui vont les acheter. Avec 50% d’hommes et 50% de femme.

Gérer une librairie indépendante, complexe ?

Gérer une librairie indépendante est un travail à plein temps : commander, renvoyer, financer… C’est du commerce culturel avec une consommation immédiate. Le libraire doit commander lui-même les livres qu’il souhaite avoir en stock. L’éditeur se charge de multiplier l’œuvre originale et ensuite c’est au tour du distributeur de s’occuper des stocks.
Les libraires les reçoivent et ils sont achetés par les lecteurs. Il faut savoir que plus le kg de livre est lourd, moins cela lui reviendra cher et les renvois sont remboursés.

Le jour où nous sommes allés à la librairie « BD Fugue », M. Di Battista était en attente de 28 cartons, soit 500 kg de BD. Il nous confie qu’il a dû financer le stock intégralement à ses
débuts, soit 110 000 €.

Chez « Les Journées Suspendues », en moyenne, la vente varie entre 60 et 70 livres par jour et chez « BD Fugue », en moyenne, ils vendent entre 100 à 300 BD par jour. Mais il faut savoir que seulement 30% du prix revient au libraire. Parfois, il y a des jours de dédicace et
ces jours-ci, la vente monte à 400 BD.

Du changement tous les mois :

Dans la librairie de M. Ray, ouverte il y a un an et demi, on peut trouver toutes sortes de catégories : de la littérature française, étrangère, de la science-fiction, science humaine et un  espace jeunesse. En tout, on compte environ 7000 livres dans cette librairie (il en a lu 200). Il nous apprend que tous les mois, il y a 600 nouveautés et qu’au total, 60 000 nouveaux livres sortent, par an. Dans sa librairie, 300 livres sont difficilement vendus mais cela est compensé
par des livres plus demandés (rotation lente).

Pour les BD, il y a 5500 nouveautés par an et le magasin change tous les 6 mois de BD, mais garde les classiques.

Je conseille à toute personne d’aller acheter des livres ou BD dans des librairies indépendantes, plutôt que dans des grandes entreprises. Les libraires ne peuvent compter que sur leur clientèle donc profitons-en car le prix d’un livre reste le même partout !

Maéva LD

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