La liberté religieuse et son principe

 

La notion même de liberté religieuse comme droit civil, garantie par la Constitution d’un État à tous les citoyens sans distinction de religion, de race ou de culture, est historiquement assez récente, car elle présuppose une configuration politique, philosophique et religieuse précise.

Même si, à de nombreuses reprises dans l’Histoire, des religions distinctes ont pu se côtoyer au sein de différentes formes d’organisation politique, cette possibilité de coexistence était jusqu’alors une sorte de tolérance ou bien encore une faveur accordée durant quelque temps et toujours réversible. Et même dans des systèmes où le droit garantissait, sous certaines conditions, l’exercice de la liberté de culte (par exemple, le droit musulman classique régissant la présence de communautés chrétiennes ou juives dans les pays à majorité musulmane), ces conditions mêmes pénalisaient de fait les religions minoritaires tolérées et leurs fidèles.
On sait que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, dans son article premier, énonce que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». La liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression sont des droits humains imprescriptibles ; en vertu de quoi l’article 10 expose que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi ». Suit immédiatement l’article 11, selon lequel  » libre communication des pensées »

Karim Sid-Ahmed Stephane Adam 2•5

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