Dans la vie d’un livre: Mon chemin de la lumière aux ténèbres

Bonjour, je suis un livre, je m’appelle Dans la forêt de Jean Hegland et je vais te raconter mon histoire. Elle est assez longue, donc assieds-toi tranquillement et profite de ce moment !

Ma naissance :

Tout d’abord parlons de ma naissance. Je suis né en tout premier en anglais en 1969 à Corvallis dans l’état d’Oregon aux États-Unis grâce l’éditeur Calyx Books. Ensuite, Josette Chichepotiche m’a
traduit en français et j’ai eu comme une «deuxième naissance» en 2017 à Paris en France grâce l’éditeur Gallmeister. Cependant, ma créatrice est Jean Hegland, elle a pris cinq ans pour m’écrire. Je ne la remercierai jamais assez pour m’avoir créé.

Au début, je n’était qu’une feuille de brouillon, qu’un texte sur l’ordinateur mais j’ai pris vie. Jean Hegland m’a écrit tout en ayant une belle vue sur la nature et la forêt. Elle n’a pas tout de suite eu d’inspiration, car elle a mis cinq longues années pour me mettre au monde. Aussi, elle se battait pour trouver un éditeur car, au début, personne ne voulait de moi.

On a dit que cette fiction post-apocalyptique ne convenait ni pour son sujet, ni pour des lecteurs censés être des adolescents. Mon succès c’est fait des années plus tard car aujourd’hui la perte de nos ressources et nos richesses sera peut être possible dans quelques années. C’est un sujet actuel auquel de plus en plus de personnes s’intéressent , car un futur comme celui-ci est possible.

Mon chemin :

Premièrement, parmi une grande sélection de livres la bibliothécaire me choisit. Ensuite, le responsable valide la commande, puis on remplit le bon de commande. Après cela, la directrice générale donne son accord et signe. Par la suite, on informe le service de comptabilité et on envoie la commande à la
librairie.

Parallèlement, j’arrive à Paris dans la Bibliothèque Nationale de France (qui est la plus grande du pays) où l’on va me pré-cataloguer, puis je suis emballé dans un carton et livré à la bibliothèque centrale de Nice, Louis Nucéra.

Là-bas je suis catalogué, après on m’envoie à Raoul Mille où on va m’équiper et me mettre en valeur pour attirer l’œil, car je fais partie de la sélection du prix PACA. Sans vouloir me vanter, beaucoup de personnes m’apprécient, donc je pense que j’ai des chances de remporter le prix cette année. J’aime aussi les interviews, lorsque l’on fait beaucoup d’éloges sur moi.

Tout ce processus pour me commander a pris du temps, donc imagez-vous bien qu’une fois arrivé je suis vraiment épuisé ! Et enfin, une fois que tout ceci est terminé, il ne reste plus qu’à attendre qu’une personne m’emprunte.

Mon emprunt :

Quand on veut m’emprunter on doit connaître à quelle catégorie j’appartiens, le nom de famille de l’auteur et le titre du livre.
Donc on me cherche dans la catégorie convenue. Me retrouver est très facile car tous les livres sont rangés dans l’ordre alphabétique. Ainsi, lorsqu’on observe l’étiquette mise sur le livre, on peut savoir à quelle catégorie appartient celui-ci, le nom de famille de l’auteur, le titre du livre, sa particularité
s’il en possède une, son lieu de catalogage, sa notice et son code barre. Par exemple, pour un livre Dans la forêt situé à Raoul Mille cela sera: R pour roman, HEG pour Hengland, DAN pour Dans la
forêt, adulte pour le publique conseillé, Louis Nucéra pour le lieu de catalogage, 5157134 pour la notice, 002316669 pour code barre et enfin une pastille noire pour sa spécificité, car je peux être écrit en gros caractères pour les gens ayant des problèmes de vue. De plus pour ce cas là, on colle l’autocollant du prix PACA.

D’ailleurs, grâce à la mise en valeur des livres du prix PACA, Dans la forêt a été emprunté 5 fois depuis le début de l’année 2019.

 

Dans les mains du lecteur :

Une fois que le lecteur m’a en sa possession, il va pouvoir m’analyser, me disséquer, me décrypter, m’imaginer ou même me juger. Le départ de la lecture reste pour moi le passage où je me fais le plus de soucis et que je me pose comme questions: «Le lecteur m’a-t-il aimé ? Ai-je été intéressant ?» A chaque fois qu’une personne m’emprunte, j’ai très peur que le lecteur abandonne car le début est un peu ennuyant, alors que la suite est très bien. Quand le lecteur finit de me lire en entier et aime l’histoire je devient très joyeux et heureux d’exister car je donne du plaisir et je divertis mon public.

Ma mort :
Pour finir, lors du désherbage, si l’on s’aperçoit que je ne sors plus de la bibliothèque et que ne je suis plus emprunté, soit je suis donné à une autre bibliothèque , une association ou une prison, soit je suis pilonné. On me brûle car je devient inutile et je prends de la place. Quelquefois, en y pensant, cela me
fait très peur, alors continuez à me soutenir pour que je ne finisse jamais comme cela !

Manal. M

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