Les libertés d’opinion, d’expression et de la presse : des piliers de la démocratie ?

Qu’est-ce que la liberté d’opinion et d’expression ? 

« Article 19 – Tout individu a le droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » Déclaration universelle des droits de l’Homme –  1948

Cet article défini la liberté d’opinion, d’expression mais aussi la liberté de la presse qui est une conséquence de ces deux dernières ; c’est l’un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques.


Ces libertés sont-elles indispensable à la démocratie ?

 

L’origine de ces libertés dans le monde

Avant le XVIII° siècle, les définitions de liberté d’expression et d’opinion sont encore floues. Le philosophe et écrivain Voltaire fut le premier à définir clairement une forme de liberté de penser dans son « Traité sur la tolérance » de 1763 constituant un vibrant appel à la liberté de penser de chacun. C’est ensuite les États-Unis qui font la première proclamation de la liberté d’expression en 1776, date à laquelle ils adoptent leur Constitution. La France suit le mouvement avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (DDHC) de 1789 qui reprend ce droit fondamental relevant de valeurs aussi bien laïques que démocratiques. C’est ainsi que l’article 11 de la déclaration dispose que « tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement ».

On peut aussi citer quelques figures principales dans le combat pour ces libertés :

  • Toussaint Louverture (1743-1803) -> Lutte pour l’anticolonialisme et l’émancipation des Noirs
  • Louise Michel (1830-1905) -> Lutte pour les droits de la femme et des enfants
  • Nelson Mandela (1918-2013) -> Lutte pour l’égalité des populations noires en Afrique du Sud

Le potentiel danger qu’elles représentent pour la démocratie actuelle

Malheureusement, dans le monde actuel, les libertés de presse et d’expression viennent avec certains problèmes. Les conséquences de ces problèmes peuvent être dramatiques comme lors de l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 à Paris faisant douze victimes et plusieurs blessés. Cette attaque est revendiquée par Al-Qaïda et a eu lieu suite à un numéro du journal présentant une caricature du prophète musulman. C’est là qu’intervient la liberté d’expression et de presse puisque ces caricatures là ne sont pas interdites en France ; mais malgré tout cette attaque a quand même eu lieu pour « offense au prophète ». Cet attentat constitue donc une attaque directe à la liberté de presse et d’expression.

« Je suis Charlie » slogan utilisé en soutien aux victimes de l’attentat puis plus largement pour la défense de la liberté d’expression

Les libertés d’expression et de presse (et pour certains, le potentiel « excès » notamment contre les religions dans ce cas) peuvent donc représenter un danger direct envers elles-mêmes et envers la société. Ceci étant, ce n’est évidemment pas aux libertés de presse, d’opinion et d’expression de changer leur fonctionnement mais aux responsables de telles attaques, qui ont la liberté d’exprimer leur mécontentement (pour quelconque motif), mais en aucun cas la liberté de crime.


De plus, ces libertés peuvent être vues comme une limite à l’injure contre la démocratie : Le premier ministre québécois Couillard commentait ainsi en août 2017 la montée de l’extrême droite et les manifestations qui vont avec : « Bien sûr, avec la liberté d’expression vient la possibilité de dire des conneries et parfois même des horreurs. C’est à la société de réagir, non pas en brimant la liberté d’expression, mais de condamner par la parole ces paroles inacceptables. ».

Dans ces manifestations d’extrême droite du Québec, il faut distinguer deux choses : le droit d’exprimer des opinions et le droit à la sécurité. Même dans un régime démocratique très libéral comme au Québec, la liberté d’expression n’implique pas le droit à la violence et, si une manifestation présente un danger réel et imminent, le maire ou le juge peut l’interdire.

Finalement, ces libertés constituent-elles l’avenir de la démocratie ?

À cette question, il est légitime de répondre « Oui » puisque ces libertés représentent le fondement même de la démocratie qui repose sur la souveraineté du peuple pour satisfaire la majorité. Mais dans les faits, c’est par une forme de vote (qui est susceptible d’évoluer dans le temps) que vit la démocratie. Ce même vote est très souvent assez restreint ; on n’a donc pas toujours la pleine liberté de s’exprimer lors d’un vote. Exemple : « oui » ou « non » sans pouvoir justifier pourquoi on a choisi telle ou telle réponse ou même être mitigé entre oui et non.

En dehors de ça, le lien de ces libertés avec la démocratie devient évident : elles sont la condition essentielle de la participation politique et de la capacité pour les citoyens de défendre leurs droits et de protester contre ce qu’ils considèrent, à tort ou à raison, comme injuste.

David et Nathan T.11

Sources : connaissances personnelles + sites Internet :

Wikipédia : Liberté de la presse et Liberté d’expression

https://www.franceculture.fr/histoire/liberte-dexpression-histoire-et-concept

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/charlie-hebdo-vise-par-un-attentat_1638337.html

https://www.ledevoir.com/societe/507142/pourquoi-la-liberte-d-expression-compte-t-elle-tant-en-democratie