Nos océans à la dérive ?

Chaque seconde, 100 tonnes de déchets sur les 4 milliards produites annuellement finissent en mer, dont une grande partie est constituée de matières plastiques. Certains n’hésitent pas à parler de « septième continent ». Objets flottants ou microparticules, ces déchets plastiques se déposent sur les plages, se dispersent en mer, se retrouvent sur les fonds marins. Quels sont-ils réellement et comment lutter contre ?

Et s’il n’y avait pas qu’un seul continent de déchets ? Selon certaines études, le plastique serait entrainé par la force de Coriolis et les courants pour former 5 zones, aussi appelées soupes de plastiques ou encore « gyres océaniques » par les spécialistes. La plus grande d’entre elles, au nord du Pacifique, ferait trois fois la France, représentant ainsi 80 000 tonnes de déchets et plus 1,6 millions de km² !

Pourtant, le terme « continent » fait controverse. En effet, le plastique se photo-dégrade et se décompose, donnant une majorité de micro particules qui inonde l’océan. Les gros morceaux seraient donc uniquement la partie émergée de l’iceberg !  De plus, certaines microparticules, déjà difficiles à récupérer, se fragmentent avec le temps en des nanoparticules 30 000 fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu, rendant ces gyres encore plus inquiétants.

Ce qui est d’autant plus effrayant, c’est que ceux sont ces particules qu’ingèrent les poissons, les oiseaux et autres mammifères marins, contaminant ainsi la chaîne alimentaire, dont nous sommes au bout, c’est-à-dire… Nous contaminer nous mêmes

Ainsi, nous ne semblons pas avoir la technologie nécessaire pour vider les océans, ou du moins se pose un problème financier. Il faudrait donc faire plus de tris et de recyclage, bien que le mieux serait de limiter l’usage de plastiques et réduire considérablement notre production de déchets.

Par ailleurs, treize grandes entreprises ainsi que trois ONG ont signé un pacte national ayant pour objectif que le plastique ne devienne plus jamais un déchet. Pour cela, ils prévoient d’atteindre un taux de 60 % d’emballages plastiques recyclés pour 2022, de rendre les emballages réutilisables, recyclables ou compostables à 100 % pour 2025, ainsi que de mener des actions de sensibilisation auprès du grand public sur les enjeux de la pollution plastique.

En France, des lois sont d’ailleurs mises en place pour lutter contre cette consommation abusive, notamment en interdisant les produits plastiques à usage unique. Mais plus globalement, l’Union Européenne vise à prohiber, d’ici 2021, la vente de couvert, d’assiette et de paille, passant par les touillettes à café jusqu’aux produits plastiques oxo-degradables.

Pour conclure, adopter un meilleur comportement sur terre ne serait-il pas encore notre meilleure chance pour sauver nos océans ?