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Synthèse : Le destin tragique d’un rêve olympique « Munich 1972 »

Le 5 septembre 1972 lors des jeux olympiques de Munich, un drame se prépare. Un groupe nommé Septembre noir s’incruste dans le village olympique.

Pour commémorer les 49 ans de cette tragédie et à l’approche des J-O de Tokyo 2021, Le Collège Ségurane vous propose un article pour se souvenir de cet attentat et espérer que les prochains Jeux finiront bien.

Après la guerre des Six Jours entre Israël et l’Egypte, la Jordanie et la Syrie, un groupe terroriste « Septembre noir » prépare un attentat au beau milieu des Jeux Olympiques de Munich 1972.

terroristes en action ©flickr

Charles Biétry, un journaliste de l’AFP qui était sur place au moment des faits explique au micro de France Inter : « Un tel évènement vous marque à vie même si vous n’êtes qu’un journaliste de l’AFP. »

Il est 4h30 du matin dans Munich quand huit membres de l’organisation terroriste palestinienne Septembre Noir, vêtus de survêtements afin de se faire passer pour des sportifs et transportant des sacs chargés de fusils d’assaut, de pistolets et de grenades, entrent dans le village olympique. Ils se dirigent vers le 31 Connollystrebe, l’immeuble abritant les 21 sportifs et encadrants de l’équipe israélienne. Entrés sans encombre dans la résidence, Yossef Gutfreund entend le commando vider leurs sacs dans le hall et leur fait barrage. Il hurle « attention terroriste » avant d’être criblé de trois balles dans le ventre. L’entraîneur d’haltérophilie, alerté par le cri, casse sa fenêtre et s’enfuit.

Après de longues minutes de tentative d’échappatoires, les terroristes arrivent à ligoter les 9 israéliens et s’en servent comme otages.

©wikipedia

« On ne s’imaginait pas un quart de seconde qu’un drame d’une telle ampleur pouvait arriver. » dit Charles Biétry.

A 4h47, une femme de ménage alertée par les coups de feu va prévenir le poste de sécurité qui envoie un garde non armé sur les lieux. Voyant un homme cagoulé, arme à la main, il décide de prévenir la police.

A 5h08, la police arrive et les terroristes leur font part de leurs revendications. Ils demandent la libération et le passage en Égypte de 236 militants palestiniens détenus en Israël ainsi que deux autres détenus en Allemagne. Si la consigne donnée par le groupe n’est pas respectée, ils tueront un otage, qu’ils jetteront dans la rue, toutes les heures à partir de 9h. La première ministre israélienne Golda Meir refuse immédiatement le marché. Septembre noir jette alors le corps de Moshe Weinberg.

« On est parqués à cinquante mètres, pas plus, du pavillon et toutes les dix minutes j’écris un petit texte » explique Charles Biétry.

Sous la demande de la police, les terroristes repoussent cinq fois leur ordre.

A 17h, Septembre noir exige un avion qui les mènera au Caire. La police met à disposition un bus qui les mènera à des hélicoptères censés les transporter à l’aéroport de la base militaire Fürstenfeldbruk Air Base.

« On part à l’aéroport sans plus attendre après l’annonce du déplacement des terroristes. » raconte Biétry.

Terroristes en action ©flickr

Le Boeing 727, équipé de policiers en tenue de membre de l’équipage, est prêt mais la police de Munich pensait se retrouver contre quatre ou cinq terroristes rencontrés lors d’une courte visite pour vérifier que les otages étaient bien vivants. Durant le transfert, ils se rendent compte qu’ils sont huit. L’équipage de police qui était à bord de l’avion abandonne sa mission.

A 22h30, les hélicoptères atterrissent, six terroristes sortent dont deux qui vont vérifier l’avion, le trouvant vide ils comprennent qu’ils sont tombés dans un piège. Ils courent vers les hélicoptères pour prévenir leurs coéquipiers vers 23h. La police donne l’ordre aux cinq tireurs d’élite, recrutés en catastrophe, d’ouvrir le feu.

Dans le chaos, trois des terroristes sont tués, les conducteurs des hélicoptères se sauvent mais les otages restent attachés.

La fusillade s’ensuit pendant plus d’une heure et quart. A l’arrivée des camions blindés, la situation échappe à tout contrôle. Un terroriste rentre dans un des hélicoptères et tue Springer, Halfin et Friedman, et blesse Berger. Il dégoupille une grenade qu’il lance dans la cabine qui explose emportant avec l’hélicoptère la vie de plusieurs otages. Biétry explique : « Je vois une gerbe bleue au-dessus des pistes. »

Un deuxième membre de Septembre noir entre dans le deuxième hélicoptère et tue les cinq derniers otages.

mémorial ©profundidad

La fusillade se termine et le bilan est de 17 morts dont onze israéliens, un policier allemand et cinq terroristes, les trois autres membres de Septembre noir sont arrêtés.

Le journaliste de l’AFP explique son désarroi au micro de France Inter :

« La police nous dit : c’est fini, rentrez au village olympique. C’est fini ? Je ne suis pas fou ! J’ai entendu tirer ! Alors je suis resté. « Tous les otages sont morts » m’a précisé un homme en costume qui était le maire de Munich.  J’ai été le premier à diffuser la vérité sur la mort des otages.  Est-ce que je souhaite que tous les otages soient morts et que mon information soie juste ou que tous les otages soient vivant mais que mon information soie fausse ? »

Voici le récit de l’attaque de « Munich 72 ».

D’après les sources de France Inter (Affaire Sensible) et le Figaro.

D.V. (4ème)