SYNTHÈSE : La tempête Alex, un événement exceptionnel

Le 1er octobre 2020 une tempête d’une intensité sans précédent frappait le département des Alpes Maritimes. Cette tempête a particulièrement affecté les vallées de l’arrière-pays niçois causant de nombreux dégâts matériels et le décès d’au moins 19 personnes. La tempête Alex, souvent présentée comme annonciatrice de futurs événements météorologiques violents demeure pourtant un cas isolé.


Un événement exceptionnel

Pierre Carrega, professeur émérite à l’université de Nice Cote d’Azur, spécialiste en climatologie, nous explique que la tempête Alex est « un cas exceptionnel, vraiment hors du commun » et que « rien ne permet d’affirmer que cet événement climatique en annonce d’autres de la même intensité. » « Ce genre de tempête, courant en Bretagne en raison de vents très forts est inhabituel dans notre région » poursuit-il. Concrètement, la tempête Alex venue de Bretagne s’est additionnée à un épisode méditerranéen : c’est-à-dire des orages violents et des précipitations fortes qui touchent la zone littorale sur une courte période. C’est donc surtout cela qu’il faut retenir, cette tempête est un événement exceptionnel pour les Alpes-Maritimes, « à Saint Martin Vésubie, plus de 500 mm d’eau sont tombées en moins de 24h, sachant qu’il tombe habituellement, lors de fortes pluies, entre 100 à 200 mm d’eau dans la journée ! On a même relevé jusqu’à 600 mm d’eau dans la vallée de la Roya ! » explique le professeur émérite. Monsieur Carrega ajoute « qu’il est impossible pour un homme de marcher dans 30 centimètres d’eau quand il y a du courant. »

Des conséquences malheureusement inévitables

Ces très fortes pluies tombées en un temps record ont provoqué un engorgement des sols et l’eau ne pouvant plus s’infiltrer a ruisselé « les rivières sont entrées en crue, on a relevé par exemple plus de 8 m d’eau au Cros d’Utelle », précise Pierre Carrega, « on pouvait s’attendre à ce que les maisons construites dans le lit mineur des rivières soient emportées », en revanche, « des constructions à l’extérieur du lit mineur des rivières ont également été détruites », en raison de la violence et de la soudaineté de cet épisode météo. « Devant l’ampleur de la tempête annoncée, Météo France avait prévenu les communes qui risquaient d’être frappées par cet événement », précise Martin Collard, responsable du foyer rural à la mairie de Saint Martin Vésubie « elles avaient organisé l’évacuation de toutes les habitations se trouvant au bord des cours d’eau ». Des conséquences inévitables donc, mais qui se sont révélées plus importantes que prévu.

Des leçons à en tirer

Que cet événement climatique demeure un cas exceptionnel et isolé ou pas, il faut en tirer des leçons, en « comprendre les mécanismes » nous dit le climatologue, « la combinaison de la force du courant et de la vitesse de l’eau qui monte ne permet pas aux maisons de résister, il faudra à l’avenir construire sur le haut des communes et avec des matériaux plus résistants comme le béton armé ».  Une donnée que confirme Martin Collard, « chaque maison endommagée fait l’objet d’une étude pour évaluer la structure, il s’agirait de ne pas reproduire les mêmes erreurs et donc de réfléchir sur la reconstruction. Certaines habitations ne seront pas reconstruites. Il en va de même pour les routes. Ce sont des chantiers très longs et coûteux qui nécessitent de la réflexion. »

Propos recueillis par Alexis