PORTRAIT / Patricia Barré

Cela fait maintenant 14 ans que Patricia Barré, professeur de Lettres, enseigne le français à des élèves dont ce n’est pas la langue maternelle.

Cet enseignement pas comme les autres qui la passionne tant, elle le dispense dans l’UPE2A -Unité Pédagogique des Élèves Allophones Arrivants-, une classe dédiée à l’enseignement de la langue française à des élèves qui ne la parlent pas.

Chaque année, elle accueille environ une trentaine d’élèves qui viennent de partout dans le monde : le Cap vert, le Sénégal, la Russie, La Moldavie, le Canada, le Brésil, la Pologne, et bien d’autres !

Ces élèves, de tout âge, ont en commun d’être fraîchement arrivés en France, de ne pas en connaître la langue bien sûr, mais aussi la culture. Patricia Barré devient alors très vite leur point de repère, leur phare. Car elle les guide, pas à pas, dans la connaissance de leur nouveau pays. Lorsqu’elle évoque ses élèves, Patricia est émue, ses yeux se mouillent « année après année, tous sont très appliqués dans l’apprentissage du français et créent un lien très fort entre eux » dit-elle. Ce lien très fort, ils le créent surtout avec leur professeur, rares sont ceux qui ne gardent pas le contact avec elle, même de nombreuses années après leur passage au collège. Souvent ils poussent la porte de sa classe et viennent rencontrer les nouveaux arrivants, ils racontent leur parcours et prêtent main forte à leur ancienne enseignante. Car la classe de Patricia Barré est un havre de paix, une tour de Babel dans laquelle tous les élèves de l’UPE2A trouvent refuge. À l’heure des récréations ou quand ils n’ont pas cours, c’est dans sa classe qu’ils se retrouvent tous.

D’origine italienne, Patricia Barré parle donc italien, français, mais aussi russe et anglais. Quelques-uns de ses élèves l’ont initiée au portugais.

Son rôle dépasse de loin l’enseignement, plus qu’un professeur elle est pour eux une seconde maman, une oreille, une confidente. Les parents de ses élèves aussi viennent la voir et bénéficient de l’aide précieuse et indispensable qu’elle leur offre.

Si cette figure du collège Risso apporte tant à ses élèves, eux aussi lui donnent beaucoup, elle raconte que chaque année, elle est bouleversée au moment où tous ses élèves, entre eux, commencent comme par enchantement à communiquer en français, « à ce moment-là, ils en oublient presque leur langue natale, c’est une réussite totale ».

Par A.

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