Portrait : JULIE RICOSSE, ARTISTE DE BD INSPIREE

RENCONTRE ENTRE UNE ARTISTE ET DES ELEVES : COMMENT LE TRAVAIL D’UNE AUTEURE/DESSINATRICE DE BANDES DESSINEES SE DEROULE T-IL ? D’OU VIENT L’INSPIRATION DERRIERE SES OEUVRES? L’ART EST-IL UN PARCOURS INCERTAIN ?

Julie Ricossé, née en France en 1981, est une auteure de bande dessinée à succès qui habite à Nice. Elle fait ce métier depuis 2005 et ne semble pas capable de s’en lasser un jour. Depuis son plus jeune âge, elle est passionnée par le dessin. Elle a donc suivi  deux ans d’études aux Beaux Arts de Marseille, un an en infographie avant de terminer major de sa promotion après quatre ans passés à L’école Emil Cohl de Lyon où elle se découvre une passion pour la bande dessinée. Depuis, elle a illustré des contes pour la jeunesse  et a collaboré avec Grégoire Kocjan pour la collection : « Les mystérieux mystères insolubles ». Elle sera l’invitée samedi 24 Mars du quatrième Festival du récit de Voyage organisé par la ville de Beaulieu-sur-mer dans les salons de la Rotonde Le-Nôtre. Pour inciter les jeunes à s’intéresser à la littérature, cette femme extrêmement créative est venue au Collège Jean Cocteau où nous l’avons rencontrée.

Julie Ricossé, en compagnie de M. Griffaud, professeur d’arts plastiques et de nos deux journalistes.© EA 4e2

L’inspiration de notre magnifique dessinatrice-auteure est assez variable. Julie Ricossé se nourrit de toutes les choses qui l’entourent: les rencontres, les gens, son vécu, son expérience et son parcours. Des situations qui lui déplaisent peuvent aussi être une inspiration d’un livre qui dénonce. Des événements géopolitiques qui dépassent et la réticence des gens à parler avec d’autres personnes de différentes cultures; elle ne peut s’empêcher de parler de sujets qui l’intéressent. Elle a grandi sur un bateau et n’est pas allée à l’école pendant une partie de son enfance, ce qui lui a laissé du temps pour développer son sens créatif qu’elle n’a jamais perdu! Pour la création de ses livres, soit elle écrit elle-même l’histoire puis la dessine, soit un auteur aime son travail et lui demande de l’interpréter en dessin. Pour réaliser une Bande Dessinée, cette artiste a déjà imaginé une idée de situation de départ et de situation de fin; elle sait déjà où elle veut mener son récit. Ensuite elle va se documenter pour pouvoir bien « nourrir » et développer son roman. « Je sais où je veux aller, et quel message je veux faire passer! Après cela, j’imagine les scènes et l’ambiance que je veux faire ressentir au lecteur. » livre-t-elle enthousiaste.  Suivant toujours ce même rythme, elle écrit les dialogues puis, pour finir, elle fait quelques brouillons,  en petit au crayon gris, puis  en grand avec le même matériel, et ensuite en grand à l’encre, pour ensuite dessiner ces scènes et ces dialogues au propre, en suivant toujours l’harmonie de l’atmosphère choisie. Sur une Bande Dessinée entière, seules quelques pages lui plaisent. Etant donné que les dessins représentent beaucoup de travail, elle n’a pas le temps de tout faire « parfaitement », sachant qu’elle est assez perfectionniste… Mais du moment qu’elle fait passer les émotions et les informations utiles, cela lui convient. Elle préfère aussi dessiner à la plume, de manière manuelle, plutôt que de manière informatique car elle trouve que la plume rajoute « un supplément d’âme et de réel assez expressif ». Elle met environ deux ans pour faire une bande dessinée. Si elle a choisi de  transformer sa passion pour le dessin en Bande Dessinée, c’est parce que l’écriture reste aussi une de ses passions principales avec la musique. Certains de ses livres parlent de sujets « matures » destinés à un public adulte, utiliser des albums illustrés n’est pas une bonne idée. La bande dessinée semblait être l’option qui arrange tous ces points, bien qu’elle fasse aussi des albums imagées. Elle travaille environ cinq à six heures par jour, mais lorsqu’elle est en retard sur une oeuvre, elle peut travailler jusqu’à douze heures, ce qui est énorme; son emploi du temps n’est pas vraiment stable.

« Je veux faire passer à travers cette oeuvre de la joie, de la bonne humeur et de l’humour ».

Julie Ricossé a une particularité, elle maîtrise beaucoup de style différents, ce qui fait qu’elle adapte celui-ci en fonction du public qu’elle veut toucher. Parmi toutes ses créations, deux sortent du lots comme ses « préférées »: « Morrocco Jazz », une oeuvre en bande dessinée qui plonge dans le contexte turbulent du Maroc, peu avant l’indépendance à travers une histoire d’amitié. Si elle aime tant ce livre, c’est parce qu’elle a  passé beaucoup de temps à le réaliser et l’a écrit elle-même, ce qui le rend plus « personnel » et intéressant que les autres.

Première de couverture de Morocco Jazz de Julie Ricossé ©EA 4e2

Un style plus enfantin pour sa deuxième oeuvre préférée écrite à l’ordinateur pour changer: « Le moulin à Paroles », un album imagé, « assez dynamique et coloré qui a été amusant à dessiner et ne comportant pas beaucoup de dialogues » (Julie Ricossé explique l’histoire de ce livre dans le fichier audio ci-joint). Elle veut faire passer à travers cette oeuvre « de la joie, de la bonne humeur et de l’humour ». En montrant ses dessins aux élèves de l’établissement, ils ont été très étonnés du niveau de l’artiste car elle dessine extrêmement bien, que ce soit à l’encre, à l’ordinateur ou au crayon. Elle leur a vraiment donné envie d’aller plus souvent en cours d’arts plastiques!

En grandissant, elle voulait faire dessinatrice, mais beaucoup de gens lui ont dit que le milieu artistique était trop compliqué, trop incertain… Ce qui est vrai, mais elle a fait beaucoup d’efforts pour parvenir à ses rêves et n’a pas écouté les mauvais conseilleurs et a réussi, une bonne leçon de vie! Elle a surmonté des obstacles mais est parvenue à ses fins. Et comme le dit Rodrigue dans « Le Cid » de Corneille: « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »…

E.A. A. B 4ème2

 

 

 

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