“Oriente-toi” : découverte de la spécialité LLCE Anglais

« Oriente-toi », la chronique qui t’aide pour tes futurs choix !

 

William Shakespeare… Un auteur que tous les élèves connaissent ! Mais qui a déjà étudié un de ses textes dans sa langue originale ? Eh bien, c’est sûrement ce que vous serez amenés à faire dans la spécialité d’aujourd’hui ! J’ai donc le plaisir de recevoir dans cette nouvelle chronique une élève qui va nous renseigner sur la spécialité LLCE, plus communément appelée entre élèves « Littérature Anglaise ».



-Bonjour et bienvenue à toi ! Traditionnelle introduction pour mieux connaitre notre intervenante, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Alice et je suis en Terminale Générale. Cette année mes spécialités sont Littérature Anglaise et Géopolitique, j’ai donc abandonné en première la spécialité SES. Aussi, j’aimerais intégrer l’année prochaine une Faculté d’Histoire-Géographie pour devenir professeure d’histoire.


-Tu viens dans le cadre de la présentation de la spécialité LLCE, peux-tu nous en dire plus sur cette spécialité et ses fondements ?

Tout d’abord, il est important de dire que l’acronyme LLCE signifie « Langues, Littérature et Cultures Etrangères ». Ici, le lycée Thierry Maulnier n’a ouvert que la spécialité en anglais mais il existe aussi bien sûr les spécialités LLCE espagnol, italien, allemand partout en France. Un autre point important à soulever est qu’il ne faut pas confondre la spécialité et le diplôme car il existe une licence de langues nommée aussi « LLCE » donc si vous faites des recherches sur Internet, il est important de ne pas se tromper et de ne pas aller sur des sites qui nous renseignent sur la faculté et non sur la spécialité : on aurait un avis erroné !


-Question plus précise, quels aspects de la langue anglaise travaillons-nous dans cette spécialité ?

Dans cette spécialité, on travaille vraiment toutes les compétences de la langue que ce soient la compréhension orale ou écrite et l’expression orale ou écrite. Comme l’a défini l’Education Nationale dans son bulletin officiel, on s’entraine à la réception de la langue c’est-à-dire lire les textes, les comprendre et retrouver le sens d’un document. Puis vient la production qui consiste en une écriture argumentative et à la critique de documents donc cela passe notamment par les dissertations, les analyses et les traductions. Et enfin l’interaction qui relève des travaux de groupe, exposés et de la participation orale. Donc vous pouvez voir qu’on travaille ici tous les aspects pour avoir une vision globale et complète de la langue et de sa culture.


-Passons au programme. Quelles sont les axes que tu as travaillés en première ?

En première et comme dans toutes les autres classes de LLCE, les thématiques qui ont été étudiées sont celles de la rencontre et de l’imaginaire. Le thème de la rencontre est à prendre au sens littéral : on étudiait la rencontre entre personnages, la rencontre entre thèmes, en somme la rencontre entre plusieurs domaines. Cela passe soit par une collaboration des sujets ou bien par une confrontation où l’on peut en tirer les différences et comment l’Homme réagit à ce qui lui est étranger.
Ensuite, le thème de l’imaginaire se rapporte à toutes les perspectives visionnaires comme les utopies et les dystopies mais on étudie aussi tout ce qui est du monde de l’horreur et du psychisme comme les fantômes, les maladies mentales et hallucinations qui peuvent tout aussi bien rentrer dans ce thème.


-Beaucoup d’élèves s’attendent à avoir des cours d’anglais de révision des notions de grammaire et de conjugaison comme le prétérit. Est-ce vraiment le cas ?

Dans cette spécialité, on ne revoit absolument pas tout ce qui est notion de grammaire ou de conjugaison. Pour moi, tu ne viens pas dans cette spécialité pour améliorer ton anglais, tu viens pour approfondir ta connaissance de la culture anglaise. Quand on voit l’intitulé « Littérature anglaise », c’est à prendre dans le strict sens des mots : on étudie réellement du Edgar Allan Poe qui écrit quand même en vieil anglais donc il faut avoir des bases très solides en anglais. Je pense que c’est très important d’insister là-dessus car je connais beaucoup de personnes qui avaient pris la spécialité LLCE l’année dernière car on leur avait vendu ça comme un cours de révisions et qui en arrivant en première ont déchanté et se sont retrouvés désavantagés car ils n’avaient pas un niveau assez soutenu pour suivre.


-Comme je l’avais dit dans la précédente interview, les techniques de travail diffèrent d’un professeur à l’autre mais toute réponse peut toujours servir comme possible perspective.
Ma question est donc la suivante : les cours sont donnés comme un cours magistral ou le professeur élabore un cours vivant avec une multitude de supports ?

Forcément, comme vous l’avez dit, cela dépend du professeur. Personnellement, ma professeure de première avait une approche structurée et classique qui ressemblait finalement pas mal à ce qu’on peut faire en cours de français en seconde et en première. On a étudié des textes littéraires principalement mais aussi des tableaux, des films, des photographies et des articles de presse donc on s’est vraiment basé sur différents médiums de la culture anglaise. Pour ma part, on a beaucoup fait d’études de textes et d’analyses ce qui m’a beaucoup intéressé.



-Parlons plus spécifiquement des textes littéraires. As-tu appréhendé le fait de lire une œuvre intégrale en anglais ? Est-ce un défi insurmontable ?

Pour ma part non, car depuis le collège j’essaye d’approfondir mon niveau en langues donc je regardais et lisais déjà beaucoup d’œuvres en anglais. Je pense avoir autant d’aisance en lisant en français qu’en anglais, sauf quand il s’agit de vieil anglais *rires* ! Mais après cela dépend bien évidemment du niveau d’anglais de l’élève. Pour ceux qui commencent à lire en anglais avec un niveau « basique », le cerveau a des capacités d’adaptation beaucoup plus performantes qu’on peut le penser. Cela peut paraitre insurmontable au début mais si tu persévères et que tu fais des efforts, tu finiras par t’en sortir. J’ai un exemple à vous donner : j’ai une amie qui faisait du livre de la traduction mot par mot du livre car elle ne comprenait pas, mais au fur et à mesure son cerveau s’est adapté et à la fin elle ne recherchait qu’un ou deux mots par page car des tournures, des structures se répétaient et donc son cerveau s’y est habitué.


-A ce propos, quelles œuvres as-tu été amenée à étudier et peux-tu nous en faire un cours résumé ?

J’ai d’abord étudié une œuvre d’Edgar Allan Poe qui était The Tell-Tale Heart. C’est une nouvelle d’horreur qui montre les hallucinations du personnage principal car celui-ci sombre petit à petit dans une véritable folie. En tant que lecteurs, nous nous trouvons dans la tête de cet homme et cela est vraiment très entrainant. Ensuite, nous avons étudié The Fall of The House of Usher toujours d’Edgar Allan Poe qui est là encore une nouvelle d’horreur. Le narrateur est ici l’un des deux personnages principaux, il va donc se rendre dans la maison de de Mr. Usher, le deuxième personnage principal, et va assister à différents faits surnaturels dus à la maladie et à la dépression du propriétaire. Enfin comme œuvre intégrale, je sais que beaucoup de classes ont étudié To Kill a Mockingbird mais personnellement nous avons lu The Curious Incident of the Dog in the Nighttime de Mark Haddon qui est un roman policier dont le protagoniste est un adolescent atteint du syndrome d’Asperger. Cela était très intéressant car cela montre tout le raisonnement et le point de vue qu’une personne « Asperger » peut avoir.



-Quant à la notation, quels sont les types de contrôles ? Est-ce des contrôles de lecture ou des tâches plus complexes ?

On faisait généralement des gros contrôles type bac, et par « type bac » j’entends comme l’épreuve que nous avons à la fin de l’année de première si nous voulons valider la spécialité. Cela consistait donc en des corpus de textes dont nous devions faire l’analyse et donc en faire plus ou moins une dissertation tout en faisant rentrer ça dans la thématique abordée et en respectant un plan traditionnel avec problématique : c’est pour cela que je disais toute à l’heure que cela ressemblait à ce nous faisons en français. Il faut donc un bon niveau d’anglais pour rédiger un texte avec aisance sinon les notes ne seront pas forcément bonnes.



-Avec du recul, qu’est-ce-que cette spécialité a développé et boosté en toi ?

Personnellement, cela a beaucoup boosté ma culture historique grâce au côté civilisation de la spécialité mais cela m’a aussi permis de travailler mon accent qui a évolué à la fin d’année de première vers un accent britannique. Aussi, cela a renforcé mes capacités rédactionnelles car il faut écrire de manière formelle et soutenue comme lors des dissertations.



-Penses-tu qu’il faut forcément vouloir faire des études de langues pour choisir cette spécialité ?

Je pense qu’il n’y a pas forcément besoin de vouloir faire des études de langues pour choisir cette spécialité, je veux dire que moi-même je ne veux pas en faire et pourtant j’ai choisi la spécialité LLCE. Ce n’est pas juste pour les personnes qui souhaiteraient se spécialiser dans les langues mais plus généralement pour n’importe qui qui en a envie, qui est intéressé ou juste curieux d’approfondir ses connaissances dans les cultures étrangères.



-Peut-on conseiller cette spécialité à quelqu’un qui a un niveau fragile en anglais mais qui souhaite s’améliorer ou faut-il déjà un bon niveau ?

Je la recommande plus à quelqu’un qui a déjà un bon niveau et qui veut le consolider pour la simple et bonne raison que ce ne sont pas des cours de soutien d’anglais. Si tu es fragile en anglais, je pense que tu vas sombrer à la fin du premier trimestre en toute honnêteté.

 

*Le lien vers le programme de LLCE Anglais en première*

puis en terminale

Voici la fin de cette deuxième interview d’ « Oriente-toi » ! J’espère que cette interview aura su répondre à toutes tes questions sur cette spécialité et que le slogan sera honoré. Lors de la prochaine interview, nous nous attarderons pour la première fois sur une spécialité scientifique : nous parlerons des SVT. A bientôt !